du 11 décembre 2019
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Chiffrement : Apple et Facebook sous le feu du Sénat américain

Il est rare qu’Apple et Facebook soient mis dans le même panier dans le domaine de la sécurité, mais le Sénat ne fait pas de différence quand il s’agit de chiffrement de bout en bout.

Chez Apple, il est appliqué à la plupart des services, notamment Messages. Chez Facebook, on ne le trouve que dans WhatsApp, qui utilise pour rappel le protocole Signal. Mais le réseau social compte rapprocher ses messageries et activer le chiffrement de bout en bout sur l’ensemble.

Depuis cette année, plusieurs gouvernements se sont érigés contre ce qu’ils considèrent comme de sérieux bâtons dans les roues des enquêteurs. Facebook a répondu à plusieurs reprises que la connaissance des données n’était pas nécessaire pour identifier les habitudes criminelles, particulièrement dans les cas de la pédopornographie et du terrorisme.

En outre, Facebook avait insisté : « La porte dérobée que vous demandez pour les forces de l’ordre est un cadeau aux criminels, pirates et régimes répressifs. Ce n’est pas quelque chose que nous sommes prêts à faire ».

La pression s’accentue cependant depuis le Sénat américain met le nez dans le sujet, affichant d’ailleurs un front unis entre démocrates et républicains (le Sénat est actuellement sous majorité républicaine).

Selon Reuters, le sénateur Lindsey Graham s’est montré particulièrement virulent : « Vous allez trouver un moyen de le faire ou nous allons le faire pour vous. Nous ne vivrons pas dans un monde où quelques agresseurs d’enfants peuvent trouver refuge pour leurs pratiques. Point. Fin de la discussion ».

La situation et la teneur des propos rappellent largement l’affrontement entre Apple et le FBI en 2016 après la tuerie de San Bernardino. Un iPhone 5C avait été trouvé sur les lieux du massacre, pour lequel Apple avait aidé le FBI. Mais cette aide s’était heurtée au chiffrement, que la firme ne voulait pas percer.

La sécurité est devenue un argument de vente et l’affrontement avait vu émerger un combat se résumant trompeusement à la bonne marche des enquêtes contre les intérêts commerciaux des entreprises.

Il est clair aujourd’hui que si Apple (ou n’importe quelle entreprise) était forcée d’introduire une backdoor dans ses plateformes, l’impact auprès du public serait très mauvais. C’était d’ailleurs sa ligne de défense principale : les forces de l’ordre n’ont pas le droit d’exiger des entreprises des actions qui entraineraient une chute du chiffre d’affaires.

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