du 15 mai 2020
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Altice se sépare de Libération, placé dans un fonds de dotation

« Une évolution en apparence très positive de la structure de Libération mais un futur tout à fait incertain » commente sur Twitter Gerald Holubowicz, Digital Product Manager du journal.

Mais pour qui suit les aventures d'Alain Weill et Patrick Drahi dans la presse depuis quelques années, cela n'a rien de bien étonnant. Après avoir misé gros sur ce secteur aux débuts du groupe Altice, notamment pour des raisons de TVA, ce dernier s'en est désengagé peu à peu ces dernières années.

Weill a ainsi récupéré L'Express pour le relancer, en espérant que cela ne se finira pas comme pour sa précédente aventure avec La Tribune précisent certains en coulisse. Libération était donc le prochain sur la liste. La société éditrice, la régie publicitaire et celle en charge du développement technique vont être transféré à un fonds de dotation, à la manière de ce qui a été mis en place par Mediapart.

Le groupe épongera les dettes actuelles et celles à venir, promet-il. Une solution présentée comme une manière de redonner son indépendance au journal, qui pourra être soutenu par des mécènes via la nouvelle structure à but non lucratif. Les journalistes, informés hier comme les autres salariés, saluent cette décision dans un communiqué. Ils regrettent néanmoins qu'elle ait été annoncée « de manière inattendue et non concertée » en pleine crise sanitaire.

Ils demandent également des garanties supplémentaires « juridiques, financières et sociales » permettant d'assurer la pérennité du journal, mais aussi dans la gouvernance et l'association des salariés à la mise en place du dispositif. Reste une autre question : que va devenir le service SFR Presse, pour lequel Altice avait racheté Milibris ?

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