du 25 mars 2020
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Altice : recrutements et revenus en hausse, SFR vertement critiquée pour son recours au chômage partiel

Altice Europe vient de mettre en ligne son bilan financier pour le quatrième trimestre 2019, et tous les voyants sont au vert avec des résultats supérieurs aux attentes.

Les revenus sont de 3,636 milliards d’euros sur le dernier trimestre, en hausse de 11 %, dont 2,637 milliards en France (+13,3 %). Sur l’année, le groupe de Patrick Drahi revendique 14,036 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 5 % de plus qu’en 2018.

La base des clients en France est en hausse avec 44 000 abonnés sur le fixe (pour un total de 6,356 millions) et de 184 000 sur le mobile (196 000 forfaits de plus, mais 13 000 prépayés de moins… aux arrondis près).

La dette n’a quasiment pas bougé en trois mois, juste au-dessus des 30 milliards d’euros. En bourse, Altice Europe est en forte hausse avec + 24 % ce matin, pour une action à 3,68 euros… alors qu’elle était à plus de 6 euros fin février.

Dans le même temps, les syndicats s’insurgent contre la volonté de SFR de placer en chômage partiel entre 40/50 % (selon une source proche de la direction) et 60 % des employés (selon les syndicats).

« Il y a manifestement un effet d’aubaine, un opportunisme […] Notre métier par essence est moins impacté que d’autres », affirme Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT, comme le rapporte Reuters.

Même son de cloche chez Abdelkader Choukrane, représentant de l’Unsa (premier syndicat chez SFR) : « L’ensemble des salariés sont médusés par rapport à ce comportement : on attend des explications sur le fond comme sur la forme ».

De son côté, Patrick Drahi profitait d’une conférence téléphonique pour défendre ce qu’il présente comme « une très bonne décision » portée par la fermeture des près de 600 boutiques : « nous ne virons personne. Les employés reviendront au travail après la crise », explique Libération.

Dans un tract, la CFDT dénonce un « projet funeste et cynique qui vise à tirer profit de la détresse collective pour préserver des résultats économiques ». Le syndicat ajoute : « S’il est certain que nos entreprises seront, comme toutes les autres, affectées d’une manière ou d’une autre […] il est tout aussi évident que par sa taille et sa nature, notre entreprise est l’une des plus mal placées pour faire appel au chômage partiel ».

Patrick Drahi ne semble pas spécialement inquiet de la crise sanitaire pour les résultats de son entreprise : « En dehors de la partie médias, notre activité est très résiliente […] le groupe s’attend à ce que ses flux de trésorerie résistent tout au long de la crise ».

La CFDT ne décolère pas : « les clients en parc ne résilient pas soudainement leurs abonnements […] au contraire, la période montre que les connexions explosent ... et les forfaits avec ». Le syndicat fustige « la justification économique » avancée par la direction.

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