du 13 mai 2020
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Accusée par d’ex-collaborateurs d’humiliations, de racisme, d’homophobie, Laetitia Avia veut porter plainte

La proposition de loi Avia sera en lecture définitive à l’Assemblée nationale à partir de 15 heures aujourd’hui. Hier, Médiapart a publié un article non sur cette future loi contre « la haine en ligne », mais sur la députée LREM qui va lui donner son nom. Une députée qui « horrifie ses assistants ». Rien de moins. 

Elle est épinglée pour des clichés aux mauvais relents, selon ses anciens assistants qui ont témoigné dans ces colonnes. « Tu es un faux Chinois, tu ne maîtrises pas Mac », « On a voté l’amendement des PD », etc. « Régulièrement, elle se permet des sorties très déplacées sur l’orientation sexuelle d’un collègue homosexuel » assure l’un des témoins. 

« Le 6 juin 2018, devant son équipe, écrit Médiapart, elle liste un à un, en commentant, les membres du gouvernement de l’époque. Et critique la communication d’une ex-ministre d’Édouard Philippe, d’après des documents que nous avons pu consulter ». 

Le site diffuse un extrait de ces documents : « C’est ma copine [mais] elle communique très mal sur ce qu’elle fait. C’est ce qu’il se passe quand tu mets un gay à la com’. » La députée réfute : « Je n’ai jamais été raciste ou homophobe ». Elle dénonce « des bouts de messages privés ont été tronqués, détournés et décontextualisés ». 

S’agissant de « l’amendement des pd », elle répond que « c’est l'expression qu'utilisait mon ex-collab, lui-même homosexuel, pour désigner cet amendement que j'ai soutenu. J’ai repris ses mots dans un message sans imaginer qu’il puisse être détourné. Ce détournement heurte, j'en suis consciente et désolée ». 

Elle annonce dans la foulée qu’elle veut déposer plainte pour diffamation. Celle qui répète être avocate sait cependant que la personne poursuivie pourra lui opposer l’exception de vérité. « Si elle porte plainte pour diffamation, on a un dossier très lourd » assure David Perrotin, auteur de l’article. 

Dans l’article de Médiapart, on apprend au passage que la députée LREM a souhaité aussi « prendre le contrôle » de sa page Wikipédia, en particulier le fameux passage issu du Canard enchaîné qui avait révélé qu’elle avait mordu un chauffeur de taxi. Sur Twitter hier, @TrizekWP, l’un des contributeurs actifs sur l’encyclopédie, a isolé plusieurs tentatives de réécritures de l’entrée, à coups de ciseaux, depuis parfois une IP de l’Assemblée nationale. 

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