du 05 février 2020
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5G : « au vu des dangers encourus », un député demande de suspendre l’attribution des fréquences

Après des mois d’attente – et d’allers/retours entre gouvernement et Arcep – la procédure d’attribution des fréquences est enfin officiellement lancée. Les opérateurs ont jusqu’au 25 février pour déposer leurs dossiers.

Lors d’une session de questions à l’Assemblé, le député Loïc Prud’homme (La France insoumise) demande « quand le gouvernement compte-t-il suspendre l’attribution des fréquences 5G ? Quand choisira-t-il enfin de protéger la population plutôt que le bilan comptable des multinationales ? ».

Il rappelle que des tests sont déjà déployés dans certaines villes, affirmant que les citoyens sont alors des « cobayes ». Il reprend ensuite le rapport préliminaire de l’ANSES sur l’exposition aux ondes et les risques sanitaires liés à la 5G. L’Agence a été saisie de cette question par trois ministères en février 2019.

Elle y regrette que « peu de publications ont étudié les effets d’exposition à des fréquences comprises entre 3 et 6 GHz ». Sans se prononcer sur le fond pour le moment, l’ANSES indique que ses conclusions finales ne seront rendues qu’au premier trimestre 2021. 

Pour le député, cette situation n’est pas acceptable : « Actuellement, les opérateurs installent dans nos villes, sur nos trottoirs et nos abribus, des antennes dont on ne saura que dans un an si elles nous empoisonnent à grande échelle. Et ce alors que personne, je dis bien personne, n’a demandé la 5G ! ».

« Au vu des dangers encourus, quand le Gouvernement compte-t-il suspendre l’attribution des fréquences 5G ? Quand choisira-t-il enfin de protéger la population plutôt que le bilan comptable des multinationales ? », conclut alors Loïc Prud’homme.

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État lui a répondu que sa question : « traite d’un sujet dont nous nous sommes emparés non pas l’année dernière, mais il y a bien plus longtemps, puisque notre législation impose aujourd’hui aux opérateurs et aux équipementiers un seuil d’exposition des individus aux ondes électromagnétiques ». 

Elle continue : « ce seuil a été défini à partir d’une recommandation de l’Union européenne et des conseils d’un collège d’experts approuvé par l’Organisation mondiale de la santé. Il vaut pour la 2G, la 3G, la 4G et la 5G ». L’ANFR effectue d’ailleurs régulièrement des mesures, avec un bilan annuel (notre analyse de celui publié début 2018).

Jean-Paul Lecoq (parti communiste) a pour sa part demandé à la secrétaire d’État ce qu’elle fait « du principe de précaution ». Réponse de l’intéressé : « Je vous suggère de mieux vous renseigner. N’oubliez pas non plus que, derrière la 5G, se trouvent des emplois ! ». Après des échanges houleux, le président de séance est finalement intervenu : « cessez de pousser des cris, nous ne sommes pas dans une halte-garderie »...

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