du 09 mai 2018
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 NSA : triplement des surveillances téléphoniques en 2017

L’agence américaine a son propre rapport de transparence, publié directement par le Bureau du directeur national du Renseignement. On y apprend notamment que la NSA a mis la main sur 534 millions d’appels ou SMS en 2017.

Bien qu’il s’agisse d’un triplement du chiffre de 2016, il réclame une certaine perspective. La loi Freedom Act a en effet été activée en 2015. Elle interdisait à la NSA de procéder à des écoutes sauvages à tout va.

L’agence a dû alors demander officiellement aux opérateurs quels appels l’intéressaient, plutôt qu’un ample filet basé sur quelques critères très généraux. Cependant, cet important changement s’est fait progressivement. Les chiffres ne correspondant qu’au décompte fait auprès des opérateurs, ceux de 2016 ne pouvaient témoigner que d’un début de bascule.

Les 534 millions de communications correspondent davantage à une NSA fonctionnant à plein régime, dont le processus de demande est désormais bien rodé.

Signalons également que ces 534 millions peuvent contenir de très nombreux doublons. Ils sont liés à une liste de 40 suspects, les communications s’étendant alors à toute personne avec qui ils ont été en contact (niveau 1). Or, si le suspect est par exemple chez AT&T et le contact chez Verizon, les traces sont en double.

D’autres chiffres ont été publiés. Le nombre de personnes surveillées activement (avec mandat d’un juge) a ainsi baissé, passant de 1 687 à 1 337. En revanche, le nombre d’étrangers (hors des frontières et non citoyens américains) surveillés sans mandat a augmenté, de 106 469 à 129 080. Ce sont d’ailleurs pour ces personnes que le programme Prism avait été mis en place, la NSA puissant ses informations chez les GAFAM.

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