Next INpact bénéficiaire en 2015, IPG en 2016 : La Presse Libre arrive, renforçons notre indépendance

La route est encore longue 163
En bref
image dediée
Crédits : Sergey Nivens/iStock/Thinkstock
Annonces
Par
le mercredi 27 juillet 2016 à 10:30
L’équipe de Next INpact

Comme chaque année, il est temps de faire le point sur nos finances. L'occasion de fêter une nouvelle année de bénéfices, malgré de nombreux investissements afin de préparer notre avenir et renforcer notre indépendance.

Cette année, Next INpact fêtait ses 13 ans. Plus exactement, nous fêtions les 13 ans de la SARL de presse créée le 5 mai 2003 afin d'assurer la suite de ce qui était alors un simple site géré par quelques amis passionnés d'informatique : INpact Hardware.

Malgré quelques périodes compliquées, des choix importants et parfois difficiles, nous sommes encore là. Indépendants (Christophe détenant 76 % des parts) et auto-financés. Une valeur qui nous tient à cœur à une époque de forte concentration dans la presse, aussi bien généraliste que spécialisée.

Information Politique et Générale (IPG)

Cela fait ainsi près de 15 ans que nous traitons au quotidien l'actualité du numérique. Dès l'arrivée de Marc en 2005, nous avions compris que ces questions passeraient par une analyse au niveau juridique et politique. Le temps nous aura donné raison et l'on voit combien il est important d'assurer aujourd'hui un suivi des projets de loi sur le numérique, le renseignement ou les questions de terrorisme en prenant le temps d'aller au fond des choses.

Xavier est venu renforcer l'équipe il y a quelques années, ainsi que Guénaël qui intervient sur des thématiques plus européennes et « telco ». Le tout en continuant à traiter nos sujets de prédilection, le matériel et le logiciel, en nous ouvrant de nouvelles portes telles que la montée en puissance de sujets comme les services en ligne, la distribution de l'information, la problématique publicitaire, les enjeux de la conquête de l'espace, le chiffrement ou la culture numérique au sens large.

Bien entendu, deux éléments importants ont toujours été pris en compte dans cette démarche : notre vocation à rester un site d'information composé d'une rédaction de journalistes et le bien-être de notre communauté. Quel que soit le « château » que l'on souhaite construire, on ne peut le faire sans de solides fondations.

Que ce soit dans notre modèle économique ou nos sujets, nous restons donc parfois éloignés de certaines « tendances » et autres phénomènes. Pour autant, nous savons que ces « sacrifices » de l'instant serons reconnus sur le long terme. Nous avons donc soigneusement évité outre les contenus sponsorisés, le native advertising, la vidéo à tout prix ou encore la folie Pokémon Go, nouvelle émanation de la folie Flappy Bird et autres 2048, pastèque qui explose, robe bleue ou encore Yo. Et nous avons survécu.

S'il nous arrive de traiter de ces sujets, hors de questions d'en faire des obsessions. Certaines nous semblent en effet plus intéressantes à creuser que d'autres et sont en pleine harmonie avec l'un de nos objectifs au long terme, l’obtention de la reconnaissance de titre IPG par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP).

IPG Next INpact

Cette cible a d’ailleurs été atteinte pas plus tard qu’en mai dernier, lors du renouvellement de notre dossier de service de presse en ligne. Nos articles ont été reconnus comme « consacrés pour une large part à l’information politique et générale » au titre de l'article 39 bis A du code Général des Impôts. Le statut IPG « classique » est, lui, réservé aux publications consacrant « la majorité de leur surface rédactionnelle à cet objet ».

Le refus des aides directes et des fonds de soutien de projets privés

Comme certains le savent, s’ouvrent à nous l’accès à des fonds d'aides de la part de l'État. Un rappel néanmoins : nous avons toujours été opposés aux aides directes, souvent considérées comme autant de prétextes pour une perfusion d’un secteur parfois en perdition, sous couvert de projets plus ou moins innovants (et même parfois des applications Tizen, c'est dire), bénéficiant en général à un éditeur en particulier.

Et ce, au même moment où le secteur voit sa distribution numérique filer chez les GAFA, faute de réel intermédiaire français ou européen, pensé au bénéfice des éditeurs et attendu depuis trop d’années.  Le panorama des aides du Syndicat de la Presse Indépendante d'Information en ligne (SPIIL), dont nous sommes membres, permet d'ailleurs de mieux saisir toute la problématique.

Aides 2015 Panorama SPIIL
Crédits : SPIIL

Dans ce cadre, il ne faut pas non plus oublier les fonds de soutien privés comme les FINP et DNI de Google, qui aident ponctuellement tel ou tel projet, sur dossier. D’un côté, ces flux apportent un joli coup de main aux jeunes sociétés, lorsque l’innovation prime. D’un autre, ils permettent aussi à des acteurs bien en place de bénéficier d'un avantage certain sur leurs confrères, sans réel engagement éditorial, technique ou d’un bénéfice généralisé pour le secteur. C'est pour cela que nous n'avons jamais déposé le moindre dossier.

Soutenez Next INpact aussi par des dons défiscalisés

Plus concrètement, nous sommes ouverts seulement à deux aides indirectes, qui bénéficient aux lecteurs qui choisissent de nous soutenir. Ils ont ainsi un droit automatique à une TVA réduite (2,1 %) sur nos abonnements depuis 2 ans maintenant, comme pour le reste de la presse.

Suite à notre reconnaissance comme titre IPG 39 bis A, ils peuvent aussi faire défiscaliser une partie des dons effectués à Next INpact à travers la plateforme J'aime l'info. En pratique, 66 % du montant du don pour l’impôt sur le revenu, dans la limite de 20 % du revenu imposable (Art 200 du CGI). Ainsi, si vous êtes un particulier redevable de l'impôt sur le revenu, un don de 100 euros ne vous en coûtera finalement que 33 euros. Ce don peut être ponctuel, ou mensuel.

Pour les entreprises, la réduction d'impôt est égale à 60% du montant du don (IR ou IS) dans la limite de 5 pour mille du chiffre d'affaires (Art 238 bis du CGI).

INdépendants, ensembles : La Presse Libre est là !

Comme nous l'expliquons depuis quelques années maintenant, nous avions anticipé certaines des problématiques qui sont celles du secteur aujourd'hui. C'est pour cela que nous avons initié dès 2012 une réflexion sur la question de plateformes et d'outils communs, en marge de notre participation au SPIIL.

Cela a donné naissance à plusieurs initiatives, mais surtout à un projet à qui nous avons donné un nom de code en 2013 (devenu depuis son nom définitif) : La Presse Libre. Son objectif ? Permettre aux éditeurs de disposer d'un modèle économique sain, ne reposant pas exclusivement sur la publicité, mais de manière unifiée et au bénéfice du lecteur.

L'idée est ainsi d'accorder une réduction en cas d'abonnement à plusieurs titres, tout en proposant une interface simple et une redistribution correcte aux partenaires, en évitant des modèles misant sur la gratuité, la multitude et la diffusion de publicité comme peut le faire aujourd'hui SFR Presse par exemple.

La Presse Libre

Nous avons passé trois années à convaincre des éditeurs de nous suivre, à mettre en place une infrastructure technique, des SDK open source, une documentation, un site et des interfaces de gestion. Et tout est désormais prêt. Depuis quelques semaines, quelques abonnés fidèles profitent déjà de la bêta privée. Dans les jours à venir, tous les abonnés de Next INpact et Arrêt sur images/Hors-série disposeront d'un accès à un tarif privilégié. Le mois prochain consacrera l'ouverture à tous.

Nous ne pouvons ainsi que remercier ceux qui nous ont soutenu dans cette aventure, comme Arrêt sur images, puis Alternatives économiques, le SPIIL, ceux qui nous ont conseillé lors des différentes étapes, mais aussi ceux qui ont décidé de rejoindre la plateforme. La liste sera progressivement dévoilée dans les jours à venir. Ce n'est d'ailleurs qu'un début, puisque des discussions sont en cours avec de nombreux autres éditeurs pour une arrivée un peu plus tard dans l'année, après la phase de lancement.

Comme annoncé dès le départ, ce projet a entièrement été financé par notre équipe. Pour convaincre, il nous fallait évidemment une proposition clef en main avec un coût presque nul pour les futurs partenaires. Voilà pourquoi nous avons donc décidé d'investir une partie de nos bénéfices dans la mise en place de ce service.

Pour autant, nous voulons qu'il reste ouvert. Ainsi, « Libre » ne signifie pas que le site se limitera aux seuls éditeurs indépendants tels que les membres du SPIIL. La porte est ouverte à tous les médias qui veulent défendre un modèle économique proche de nos valeurs, sans avoir à dépendre d'une infrastructure contrôlée par les GAFA. En conséquence, la structure sera gérée d'ici quelques mois par un Groupement d'Intérêt Economique (GIE) que nous allons mettre en place afin de ne pas être les seuls à décider de l'avenir de La Presse Libre.

En attendant, vous pouvez toujours profiter de notre offre conjointe avec Society, qui nous permet de proposer une première solution pour l'intégration de la presse papier :

Next INpact rentable en 2015, nos capitaux propres sont à nouveau positifs

Cela ne nous a pas empêché de revoir notre chiffre d'affaires à la hausse en 2015. Ainsi, il s'est établi à 679 867 euros, pour un bénéfice en baisse, qui reste de 58 216 euros. Cela s'explique en partie par le renforcement de l'équipe technique, mais aussi notre investissement tout au long de l'année pour faire de La Presse Libre une réalité.

Nous avons aussi continué à renforcer notre base d'abonnés, qui représentait près de 20 % de nos revenus en 2015 et près de 25 % en 2016, puisque la tendance est à la hausse. Le reste est toujours partagé entre nos espaces publicitaires, nos différents comparateurs (LOI, PDN et TLF) et services d'affiliation, notamment proposés sur le site à travers notre section Bons plans qui reste séparée du rédactionnel et désactivable (cela sera d'ailleurs encore plus le cas avec la v6.1).

Résultats Next INpact 2015

Cette ligne et ces résultats nous permettent de tenir nos engagements du côté de la publicité : refuser toute campagne qui nécessite une implication du rédactionnel (sponsorisé, brand content, etc.) ainsi que le programmatique et ses dizaines de trackers. Nous nous limitons ainsi à du display via des éléments visuels sans animation, sans tracking complémentaire et bientôt distribué uniquement par un outil maison : Unit sense.

Autre bonne nouvelle : outre le fait que nous continuons de renforcer notre trésorerie pour parer à toute situation, et de rembourser la dette qu'il nous reste de la période difficile de 2008, nos capitaux propres sont à nouveau positifs : 2 977 euros. Comme chaque année, nos comptes sont publics et publiés, vous pouvez directement consulter le bilan via le lien ci-dessous :


chargement
Chargement des commentaires...