Arnaud Montebourg et Xavier Niel livrent bataille, sur Twitter

Sur un terrain américain, donc

Lors de l'annonce de la modification de son forfait à 2 €, Xavier Niel en avait profité pour titiller le ministre Arnaud Montebourg qui défendait le gain de pouvoir d'achat lorsqu'il était député de l'opposition en janvier 2012 mais était bien plus hostile à son nouveau poste. Ce dernier a décidé de lui répondre, ce qui donne lieu à une passe d'armes sur Twitter aux multiples intervenants.

 

« Les amis d'aujourd'hui sont les ennemis de demain ». Cette citation du Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas serait sans doute parfaitement adaptée aux relations entre Arnaud Montebourg et Xavier Niel sur la question de l'arrivée de Free Mobile sur le marché français. En effet, alors député de l'opposition impliqué dans la campagne de François Hollande, Arnaud Montebourg n'hésitait pas à vanter le gain de pouvoir d'achat qu'a pu occasionner l'arrivée du nouvel opérateur. Un point confirmé par l'Insee comme l'évoquait La Tribune en décembre 2012.

Un débat à 2 balles

Mais celui qui est désormais ministre du redressement productif, qui chapeaute le ministère de Fleur Pellerin en charge des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique, semble avoir changé d'avis. Ainsi, ils multiplient tous deux les attaques directes envers Iliad depuis quelques mois, et sont repartis à la charge suite à l'annonce de son offre 4G, que ce soit sur la destruction d'emplois dans le secteur causé par la baisse des prix, la qualité de la couverture, la communication autour de celle-ci, etc.

 

Taquin, Xavier Niel s'est donc fendu d'un tweet dans la matinée lors de l'annonce de l'intégration de la 4G à son offre à 2 €, qui venait d'être modifiée :

 

 

Le ministre, qui a pour rôle de défendre l'industrie française, ne s'est de son côté pas démonté et a décidé de lui répondre en début d'après-midi. Un message publié deux fois, mais qu'il a bien envoyé comme nous l'a confirmé son entourage. Oubliée, la bataille pour le pouvoir d'achat, c'est l'emploi qui compte aujourd'hui.

 

Ce à quoi Xavier Niel a répondu que le monde des télécoms comptabilisait 124 000 emplois directs en 2009, 129 000 en 2012 (principalement chez Orange d'ailleurs), des chiffres qui sont issus d'un rapport de l'ARCEP que nous avions évoqué en mai dernier. Il s'attribue ainsi les 5 000 emplois créés sur la période, demandant à Montebourg de justifier de ses propres résultats, mais personne n'évoque par exemple la question des emplois indirects et notamment ceux de certains centres d'appels et les prestataires qui ne sont pas comptabilisés par l'ARCEP.

Iliad créé des emplois, mais l'impact réel de Free Mobile est complexe à chiffrer

Un point qui était assez justement soulevé par un rapport des députées Corinne Erhel et Laure de La Raudière qui précisait aussi que malgré les annonces de suppressions de postes chez les trois grands opérateurs, « il est difficile de lier explicitement ces réductions de l’emploi à l’arrivée du quatrième opérateur ». Elles rappellaient néanmoins les études contradictoires en la matière et indiquaient que « de son côté, Free a annoncé avoir procédé à 2 500 embauches pour le développement de ses activités mobiles. Mais si les trois opérateurs traditionnels ont pu, lors du lancement spectaculaire de Free, justifier des actions de réduction d’emploi peut-être envisagées antérieurement, il n’en demeure pas moins que leur mise en œuvre a été accélérée du fait de la recomposition rapide du marché des télécommunications. Les effets de long terme de l’entrée du quatrième opérateur sur le marché mobile ne peuvent en aucun cas être identifiés dès à présent. », laissant le dernier mot là encore au président de l'ARCEP : « selon les analystes financiers et économiques, les suppressions d'emplois qui pourraient résulter de l'arrivée de Free peuvent être évaluées entre cinq et dix mille en chiffres bruts, sachant que Free va créer des emplois, d’où des chiffres nets plus faibles. »

 

Pour rappel, comme nous l'indiquions en mars dernier, l'ensemble du groupe Iliad comprenait en 2012 pas moins de 6 506 employés et comptait faire grimper cet effectif en 2013 à 7 000 / 7 200 d'ici la fin 2013 :

 

Effectif Iliad Free Mobile

 

Interrogé chez BFM Business à l'époque, Thomas Reynaud, directeur financier du groupe, avait d'ailleurs nié le titre de « passager clandestin », utilisé par Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin la semaine précédente : « Est-ce que vous connaissez beaucoup de passagers clandestins qui ont créé 2500 emplois nets, en France, au cours des deux dernières années ? Un passage clandestin qui va créer cette année, en 2013, entre  500 et 700 nouveaux emplois, exclusivement sous forme de CDI, et à destination d'une population jeune qui est durement touchée par le chômage. »

 

Ce n'est donc ici qu'une énième bataille de la guerre médiatique entre l'opérateur et les ministres qui devrait sans doute connaître encore de nombreux rebondissements. Si certains n'y voient d'ailleurs qu'une manière de détourner l'attention portée sur l'article 13 de la Loi de programmation Militaire, d'autres semblent indiquer au ministre qu'il a sans doute bien d'autres chats à fouetter. Mais finalement, c'est un membre de l'équipe de Red de SFR qui aura sans doute le meilleur mot de la fin concernant le côté « Low Cost » de l'annonce de ce matin : 

 

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