L’Élysée réclame des États-Unis toutes les informations sur Prism

Les vœux 2014 de François Hollande

Dans son édition d’hier, le Monde affirmait sur la foi de documents en sa possession que la NSA a procédé à des interceptions « massives » des communications téléphoniques françaises. L’Élysée est sorti du bois pour juger inacceptables ces pratiques tout en exigeant des États-Unis la communication de l’ensemble des informations dont pourrait disposer Edwnard Snowden, celui à l’origine des révélations du programme Prism.

#streetart #street #art #sp #obama #spying par alessendro.fernandes licence CC

 

Des interceptions massives menées par la NSA en France ? Selon notre confrère, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, les grandes oreilles américaines ont glané plus de 70 millions d'enregistrements de données téléphoniques. « Quand certains numéros de téléphone sont utilisés dans l'Hexagone, ils activent un signal qui déclenche automatiquement l'enregistrement de certaines conversations. Cette surveillance récupère également les SMS et leur contenu en fonction de mots-clés. »

 

En plus des interceptions téléphoniques, la NSA se serait également intéressée de près aux données internet de deux acteurs. Selon Le Monde, encore, l’agence de sécurité américaine s’est intéressée à toutes les communications @Wanadoo et @Alcatel-Lucent.com durant tout le mois de janvier 2013.

La « profonde réprobation » de François Hollande

Depuis, les communiqués se multiplient des deux côtés de l’Atlantique. François Hollande a ainsi échangé avec Barack Obama suite à ces révélations. « Le Chef de l’Etat a fait part de sa profonde réprobation à l’égard de ces pratiques, inacceptables entre alliés et amis, car portant atteinte à la vie privée des citoyens français. Il a demandé que toutes les explications soient fournies, ainsi que l’ensemble des informations dont pourrait disposer l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden » annonce l'ambitieux communiqué de l’Élysée. L’un et l’autre ont convenu « de travailler ensemble pour établir les faits et la portée exacte des activités de surveillance révélées par Le Monde. Ils ont souligné que les opérations de collecte de renseignement devaient être encadrées, notamment dans un cadre bilatéral, pour servir efficacement la seule lutte qui vaille, c’est-à-dire la lutte contre le terrorisme. »

 

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’est de son côté entretenu avec John Kerry, son homologue américain, pour réitérer des demandes d’explication « sur les pratiques d’espionnage inacceptables entre partenaires et qui doivent cesser » (le communiqué du ministère).

 

De l’autre côte de l’Atlantique, la Maison Blanche a simplement indiqué que les deux présidents « ont parlé des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d’autres soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la façon dont ces capacités (de surveillance) sont employées ». La présidence américaine ajoutant sans détail que « les États-Unis ont commencé à revoir la manière de recueillir des renseignements, de manière à équilibrer convenablement les préoccupations légitimes de sécurité de nos citoyens et alliés avec les problèmes de confidentialité que tous les gens partagent. »

Les ambassades françaises à l'écoute

Aujourd’hui encore, le Monde ajoute de nouvelles pièces issues des révélations d’Edward Snowden selon lesquels la NSA a également espionné l’ambassade de France à Washington. Dans un document, classé top secret, le Monde a découvert « la preuve de l'existence du programme Genie, l'un des plus en vogue au sein de la NSA : la pose d'implants-espions, à distance, dans des ordinateurs. Sur le territoire américain, ce mode d'interception est dénommé "US-3136" ; pour les cibles à l'extérieur du pays, "US-3137". La note mentionne la surveillance de l'ambassade de France à Washington, qui apparaît sous le nom de code "Wabash", et celle visant la représentation française à l'ONU, sous celui de "Blackfoot" ». Dans la trousse à outils, mouchards et capture d’écran à distance. Ces mouchards sont une pièce d’un programme de la NSA qui a englouti à lui seul 477 millions d'euros en 2011.

 

Dans le torrent des révélations d’Edward Snowden qui éclabousse chaque jour, le Washington Post avance que le programme Genie pourrait contrôler d’ici la fin 2013 85.000 mouchards dans des PC éparpillés à travers le monde. « Genie » aurait déjà permis aux États-Unis de gagner plusieurs trains d’avance sur des négociations menées dans le cadre des Nations Unies.

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