Prism : une coalition d'entreprises réclame la transparence à Obama

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Alors que Microsoft dément avec véhémence les accusations d’accès direct à ses données dans le cadre du programme Prism, une coalition d’entreprises et d’associations demande désormais à la NSA une dose supplémentaire de transparence. L'agence interdit en effet aux entreprises de communiquer en détails sur les requêtes qui leurs sont faites. Une situation qui, selon les concernées, doit changer.

prism

Crédits : Thibault Milan, licence Creative Commons.

Des entreprises faces à une crise potentielle de confiance 

Ce matin, on a pu voir que Microsoft se défendait ardemment des accusations qui portaient sur la communication directe de certains produits avec la NSA et la CIA. La firme gardait la même défense que toutes les entreprises concernées par Prism : les informations n’étaient transmises qu’à la condition expresse d’un ordre signé dont la licéité était contrôlée par une armada d’avocats. En outre, Microsoft demandait au procureur général des États-Unis, Eric Holder, d’alléger la chape de plomb qui pèse sur tout ce qui touche à la surveillance, notamment pour communiquer plus largement sur les fameuses requêtes.

 

Désormais, c’est toute une coalition d’associations et d’entreprises qui s’unissent pour que cette communication soit plus transparente. Cela ne touche d’ailleurs pas que les sociétés explicitement mentionnées par les documents de Prism dévoilés par Edward Snowden, à savoir Microsoft, Apple, Google, Yahoo, Facebook ou encore AOL. Dans une lettre qui sera publiée dans la journée, elles demandent conjointement à des groupes de défense des libertés civiles que les informations pouvant être dévoilées soient plus nombreuses.

En finir avec le flou des rapports de transparence 

En effet, et comme on peut le voir dans les rapports de transparence émis par exemple par Google depuis plusieurs années, seules des fourchettes peuvent être données. Par exemple, « de 0 à 9 999 requêtes » pour l’année 2012 ce qui est évidemment très flou. Et ce ne sont pas moins de 63 signataires, parmi lesquels des investisseurs et des organisations commerciales, qui demandent à Barack Obama une permission de communiquer sur trois points, jugés essentiels :

  • Le nombre de requêtes émanant du gouvernement pour des informations sur des clients
  • Le nombre exact d’individus, comptes et appareils pour lesquels des informations ont été demandées
  • Le nombre de requêtes concernant des contenus de communications, des informations basiques sur des comptes et d’autres informations

All Things Digital, qui a obtenu une copie de la lettre, en a d’ailleurs publié un extrait. Les signataires s’attachent à indiquer que des informations basiques ont été révélées depuis des années sans jamais gêner les enquêtes criminelles en cours : « Nous demandons la permission de révéler les mêmes informations en accord avec les autorités de la sécurité nationale du gouvernement. Cette information sur comment et combien de fois le gouvernement utilise ces autorités juridiques est importante pour le peuple américain, qui a le droit d’avoir un débat public au sujet de la pertinence de ces autorités et de leur utilisation ».

Une étape marquante 

Le message est fort car la lettre pointe la pertinence du débat qui peut exister sur les agences de renseignement, ainsi que sur l’utilisation qui en est faite. En clair, les Américains ont le droit de critiquer leurs agences nationales, et pour que le débat soit éclairé, il faut leur donner la matière première. Cette dernière serait alors constituée d’informations plus précises que ce qui est actuellement autorisé, une demande pressante empreinte d’une recommandation forte : « Puisque les États-Unis ont longtemps été des innovateurs dans le domaine d’Internet et des produits qui se basent sur Internet, ils devraient être également des innovateurs dans la création de mécanismes pour s’assurer que le gouvernement est transparent, responsable et respectueux des libertés civiles ainsi que des droits de l’homme ».

 

Parmi les signataires, on retrouvera : AOL, Apple, Digg, Dropbox, Evoca, Facebook, Google, Heyzap, LinkedIn, Meetup, Microsoft, Mozilla, Reddit, salesforce.com, Tumblr, Twitter, Yahoo, YouNow, Union Square Ventures, Y Combinator, New Atlantic Ventures, l’Electronic Frontier Foundation, Human Rights Watch, l’American Civil Liberties Union, le Center for Democracy & Technology, Reporters Committee for Freedom of The Press, Public Knowledge, la Computer & Communications Industry Association, Reporters Sans Frontières, et la fondation Wikimedia.

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