Restos du cœur : l'auteur de la photo de Coluche s'explique sur l'assignation

Coeur de pirate

Le photographe Gaston Bergeret a adressé à Libération un communiqué pour expliquer l’origine de son action en justice contre les Restos du Cœur. Entre dénaturation, défiguration et oubli de sa paternité, l’intéressé condamne à sa façon les dérives dans l’exploitation de son œuvre.

tshirt coluche

 

« Les Restaurants du cœur utilisent intensivement cette photographie depuis vingt-sept ans. Cependant, cette autorisation initiale a été très largement outrepassée, puisque ma photographie est totalement défigurée et de la manière la plus hideuse. Je n’ai jamais été consulté sur les modifications » rapporte ainsi Gaston Bergeret dans les colonnes de Next.Libération.

 

Hier, selon Numerama, « le photographe a demandé de cesser toute exploitation du cliché ». L’affaire a été portée devant les tribunaux, comme l’ont confirmé les Restos qui se sont toutefois refusés à tout commentaire. Le site Internet de l’association a cependant fait le ménage ainsi que la centaine d’antennes locales de l’association. Dans les colonnes de Libé, l’intéressé rectifie quelque peu ces affirmations : il continue aujourd’hui comme hier d’autoriser gratuitement l’utilisation de sa photo sur les lieux de repas. « C’était mon engagement initial et je m’y tiens. Je demande aux Restos du cœur et aux exploitants que j’ai assignés de le respecter. »

 

Alors ? Le photographe, rapidement critiqué sur la Toile, explique qu’il entend dénoncer ici le marchandising à l’excès de son œuvre. Ainsi, sa photo a été affublée d’une moustache pour servir à une collection de tee-shirts, sans son autorisation, chez ElevenParis (un spécialiste de la moustache). « Mon travail est utilisé sur des supports pour lesquels je n’ai jamais été consulté (tee-shirts, tickets-restaurant, DVD, etc.) et par des tiers exploitants dont le choix a été fait sans que l’on me demande quoi que ce soit (commerce de tee-shirts Eleven, TF1, Universal Music France, Sony Music Entertainment France, RTL, etc.). Cette exploitation intensive se fait avec l’autorisation expresse des Restos du cœur, qui aurait garantie avoir les droits. »

 

L’intéressé fustige aussi la violation de son droit moral puisque cette surexploitation s’est faite sans même que soit mentionné son nom. C’est cette escalade qui a poussé l’intéressé à faire trancher le litige devant les juridictions civiles avec juste une indemnisation à la clef. « Je ne porte pas plainte, mon action n’est pas pénale, mais uniquement civile » redresse-t-il encore. Cette action « est aussi dirigée contre les exploitants qui tirent évidemment un large profit du geste désintéressé que j’ai eu il y a vingt-sept ans (dont les Restos du cœur ont déjà très largement bénéficié) : Eleven, Télévision française 1, Universal Music France, Sony Music Entertainment France, et RTL ».

 

Aux indignés, il répond tout simplement qu’il souhaite voir ses droits respectés et pointe surtout que la fameuse photo participe aussi une belle machine à cash, notamment sur TF1 où les trente secondes d’audience coûtent 130 000 euros lors des soirées des Enfoirés. «Or, personne ne semble s’en indigner. Mon but est avant tout de faire cesser les exploitations que je n’ai pas acceptées et qui comportent des dérives évidentes (dénaturation et absence de crédit de mon œuvre essentiellement, système de plus en plus marchand). »

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