Linux Mint 21 : prise en main de la bêta et tour des nouveautés

Le système tranquille
Logiciel 8 min
Linux Mint 21 : prise en main de la bêta et tour des nouveautés

La bêta de Linux Mint 21, alias Vanessa, est disponible depuis peu. Comme dans bon nombre de distributions, toutes les nouveautés sont présentes, la phase de test étant consacrée à la recherche de bugs. Tour d’horizon d’une évolution discrète, du moins en apparence.

Changement de base

L’évolution la plus importante de Linux Mint 21 est bien sûr l’évolution de sa base. La distribution ne se basant que sur les moutures LTS d’Ubuntu, elle fait un bond technique important tous les deux ans, rythme d’arrivée de ces versions spécifiques chez Canonical.

Linux Mint 21 est ainsi bâtie sur Ubuntu 22.04, alias Jammy Jellyfish. Avec ce changement vient une modernisation générale. Dans les grandes lignes, toutes les nouveautés présentes dans Jammy Jellyfish se retrouvent dans Mint 21, à quelques exceptions près, du fait de choix spécifiques des développeurs de Mint, en désaccord avec Canonical sur certains points (nous y reviendrons).

Nous n’allons pas replonger dans les détails de ce qu’apporte Ubuntu 22.04, auquel nous avons déjà consacré un article. On retiendra quand même que Linux Mint 21 y gagne au passage le noyau Linux 5.15 LTS, qui apportait la traditionnelle amélioration du support matériel, ainsi que d’importantes mises à jour de la chaine d’outils pour le développement et le réseau. Rien n’empêche les utilisateurs de changer par la suite de noyau pour un plus récent.

Cinnamon 5.4

Traditionnellement, Linux Mint est fourni avec l’environnement Cinnamon, conçu par la même équipe (avec Clément Lefebvre en tant que développeur principal). D’autres sont proposés – MATE et Xfce – et font l’objet de variantes dédiées, mais nous allons nous concentrer sur l’édition classique, qui embarque cette fois Cinnamon 5.4.

Linux Mint 21

Cette version est sortie le mois dernier et Linux Mint 21 est la première distribution à l’utiliser officiellement. Plusieurs améliorations importantes sont de la partie, dont certaines sous le capot. Par exemple, le gestionnaire de fenêtres Muffin reçoit une sérieuse mise à jour, en le rebasant sur une version plus récente de Mutter, dont il est un fork.

Du côté des utilisateurs, on peut citer la possibilité de redimensionner les fenêtres popup du terminal, de copier des informations système dans le presse-papier, une configuration plus simple des coins actifs, un applet Afficher Le Bureau amélioré, un portage de xrandr vers Muffin, ou encore le support des actions d’utilisation avec icônes dans l’applet Menu, une navigation au clavier plus simple dans ce dernier, le support dans le desklet photoframe des fichiers et dossiers masqués pour ne plus les y afficher, un affichage de texte et de la valeur quand on utilise la glissière pour la luminosité dans l’applet Power, ou encore un applet Sound qui n’affiche plus l’icône pour couper le micro quand celui-ci n’est pas utilisé.

Des améliorations douces, mais nombreuses

Globalement, Linux Mint 21 ne propose pas de nouveautés fracassantes. Ce qui ne signifie pas que la nouvelle version n’a rien à offrir, bien au contraire.

On commence par le support de l’impression, nettement amélioré. Mint 21 incorpore IPP, pour Internet Printing Protocol, qui doit permettre d’imprimer et de scanner avec la plupart des périphériques sans avoir besoin de pilotes. En complément, le pilote HPLIP pour les équipements HP est fourni dans sa dernière version (3.21.12).

L’équipe a fait du ménage dans les animations de fenêtres et les effets du bureau, désormais rassemblés dans le même panneau de réglages. Ce dernier intègre plusieurs nouveautés, dont un paramètre global pour la vitesse d’animation à l’échelle du système, ainsi qu’un bouton activer ou désactiver toutes les animations d’une traite.

Linux Mint 21Linux Mint 21

Linux Mint 21 prend également en charge le WebP sans requérir d’installations supplémentaires. Ce qui signifie notamment que le gestionnaire de fichiers, Nemo, peut en afficher les miniatures dans les dossiers. D’ailleurs, plusieurs autres formats rejoignent ces miniatures : ePub, les MP3 contenant des pochettes d’albums, RAW et AppImage.

La distribution se dote également d’un petit ajout sympathique sous forme d’une icône apparaissant en bas à droite de l’écran (zone du tray) lors de certaines opérations, comme la mise à jour automatique du système ou la création d’un point de sauvegarde dans Timeshift. Ces opérations pouvant consommer des ressources, Linux Mint permet de cliquer sur cette icône pour afficher un gestionnaire de processus, qui indiquera alors pourquoi le système fonctionne plus lentement.

Pas de systemd-oom ni de Firefox en snap

Sur la question des ressources du système justement, il est important de signaler que Linux Mint 21, contrairement à Ubuntu 22.04, n’intègre pas systemd-oomd (out-of-memory daemon). Ce mécanisme, pensé pour clore automatiquement les applications quand le système se retrouve sans mémoire, a été jugé par une partie des utilisateurs comme trop agressif, certains décrivant des situations où toutes les applications se fermaient d’un coup, sans avertissement et sans rien pouvoir y faire. S’agissant a priori plus d’un souci d’implémentation que de technologie elle-même, l’équipe de Mint a décidé de ne pas l’activer pour l’instant.

Puisque l’on parle des écarts entre Mint et Ubuntu, ajoutons que la version de Firefox fournie n’est pas un snap, mais bien le deb classique. Les snap ont beau présenter certains avantages en maintenance et en sécurité, ils agacent souvent par leur temps de lancement assez long, voire beaucoup plus long. Dans le cas de Firefox, pour un lancement à froid (exemple typique : après le démarrage du système), il faut parfois compter entre 10 et 20 secondes selon les performances de la machine. Linux Mint reste donc sur la version deb et ne prévoit pas de modifier cette ligne de conduite.

Linux Mint 21Linux Mint 21

Cette version 21 intègre également une liste de petites améliorations diverses. Citons par exemple l’ajout des annotations dans Xreader, la possibilité d’ajouter des paramètres pour le navigateur dans le gestionnaire Web App, l’affichage d’autres sources (Windows, Android et iOS) dans l’outil de transfert de fichiers Warpinator, des améliorations d’interface dans Thingy (renommage de masse des fichiers), une meilleure reconnaissance des autres systèmes dans GRUB2 grâce à os-prober, le remplacement de Blueberry par Blueman pour la gestion des périphériques Bluetooth, ou encore la traditionnelle fournée de nouveaux fonds d’écran.

Timeshift rejoint les Xapps

C’est une nouveauté majeure de Linux Mint 21, mais qui sera totalement invisible pour l’immense majorité des utilisateurs. Et pour cause : rien ne permet a priori de voir que Timeshift a changé de crèmerie.

En effet, son créateur n’avait plus le temps de s’en occuper. L’équipe de Mint était en contact et lui a proposé de reprendre le projet à son compte. C’est donc de manière naturelle que Timeshift a rejoint les XApps, c’est-à-dire la suite d’applications éditées par l’équipe de Mint.

En pratique, cela ne change rien à l’utilisation. L’interface reste la même, du moins pour l’instant. Les personnes appréciant cet outil seront donc rassurées de savoir que son avenir est désormais pérenne ou, tout du moins, lié à celui de la distribution.

Mais… c’est tout ?

Oui et non. Quand on se penche sérieusement sur la liste des changements, on remarque qu’ils sont bel et bien nombreux. Mais Linux Mint reste une « petite » distribution, en dépit de sa popularité. Elle n’ambitionne pas de révolutionner la vie des utilisateurs à chaque version.

Il s’agit d’une philosophie propre à la distribution, que l’on sent dès l’installation neuve de Linux Mint 21. Quand on regarde le bureau, que l’on ouvre Nemo, que l’on lance Firefox ou que l’on consulte les paramètres, on est surtout frappé par une immense ressemblance avec ce que l’on connaissait déjà. Un constat voulu et qui est transcrit, notamment, par l’interface : le nouveau fond d’écran par défaut est très semblable au précédent, les icônes n’ont pas changé, pas plus que les couleurs, l’apparence des fenêtres et le reste.

Les améliorations sont en grande majorité basées sur l’existant, qui fait simplement mieux ou plus facilement ce qui se faisait déjà. Il y a bien sûr de nouvelles fonctions un peu partout, mais elles se greffent naturellement, avec une volonté évidente de ne pas déranger l’utilisateur ou l’utilisatrice. L'exemple le plus frappant est sans doute la petite icône qui avertit discrètement qu’un processus ralentit peut-être la machine... et que beaucoup risquent de ne pas voir.

Ce fil conducteur participe au succès de la distribution et ses utilisateurs y sont habitués. Linux Mint 21 sera simplement une nouvelle itération de ce système « tranquille ».

Un mot sur la bêta elle-même. Elle a été jugée suffisamment stable pour être proposée aux personnes intéressées. Nous n’avons pas rencontré de bugs importants, mais l’équipe est particulièrement à la recherche de régressions, surtout liées aux gros changements intervenus dans Muffin.

Enfin, la version finale sera disponible d’ici quelques semaines. La mise à jour devrait être cette fois beaucoup plus simple, grâce au fameux outil de mise à jour, que nous avions pris en main. Il permet pour rappel de rassembler toutes les étapes en une seule interface. Un outil qui s’est révélé efficace et qui ne veut d’ailleurs pas poursuivre tant qu’un point de restauration n’a pas été créé dans Timeshift.

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