Vega-C : du retard à l’allumage, mais un succès pour le vol inaugural du nouveau lanceur européen

Pas de triskaïdékaphobie à l’ESA
Tech 6 min
Vega-C : du retard à l’allumage, mais un succès pour le vol inaugural du nouveau lanceur européen
Mise à jour :

C’est finalement à 15h13, avec du retard sur le planning, que la fusée Vega-C a décollé pour son vol inaugural. C’est un succès sur toute la ligne : « La mission a duré environ 2 heures et 15 minutes depuis le décollage jusqu’à la libération de la charge utile finale et l’allumage final du moteur AVUM+ à l’étage supérieur », explique l’ESA. Le replay du lancement est disponible par ici.

C’est aujourd’hui, mercredi 13 juillet à 13h13, que Vega-C devrait décoller depuis Kourou, le port spatial de l'Europe, pour son vol inaugural. La fusée embarque plusieurs charges utiles à son bord. Il s’agit d’une étape importante pour la souveraineté européenne de l’accès à l’espace, et aussi d’une répétition générale pour Ariane 6.

L’Agence spatiale européenne aime visiblement bien le chiffre 13 puisque l’actuel lanceur Vega a réalisé son premier vol le 13 février 2012. Comme on peut s’en douter, Vega-C est une version améliorée de Vega, avec un premier étage propulsé par un moteur P120C, que l’on retrouvera aussi sur Ariane 6 : sur les deux ou quatre propulseurs d’appoint d’Ariane 62 et 64 respectivement.

Les chiffres de Vega-C, les améliorations par rapport à Vega

Vega-C est capable d’emporter jusqu’à 3,3 tonnes sur une orbite basse (LEO), 2,3 tonnes sur une orbite héliosynchrone (SSO) et 2,25 tonnes sur une orbite polaire. C’est plus que Vega qui se contente de 2,3 tonnes en orbite basse et 1,5 tonne sur une héliosynchrone. Nous avons pour rappel expliqué les différentes orbites dans cet article de notre deuxième magazine.

« Pour atteindre ces performances, plusieurs modifications ont été réalisées. Les deux premiers étages ont augmenté en volume et en diamètre, pour des moteurs plus puissants », précise le CNES. Ce nouveau lanceur dispose toujours de quatre étages.

Vega-CVega-C

Le premier avec un moteur P120C, le second Zefiro 40 (Z40), le troisième Zefiro 9 (Z9) et enfin le quatrième AVUM+, une version améliorée de l’AVUM que l’on retrouve sur l’actuel Vega. La fusée mesure 35 mètres de haut pour 3,3 mètres de diamètre, avec une masse de 210 tonnes. À titre de comparaison, les mensurations de Vega sont respectivement : 30 et 3 mètres, pour 137 tonnes.

Le décollage est prévu à 13h13 et un direct sera proposé en anglais sur la chaine ESA Web TV One et en italien sur la Two, à partir de 12h45 dans les deux cas et pour une durée de 4h45.

Le déroulement de la mission (minute par minute) est expliqué dans le graphique ci-dessous :

Vega-C

Cette mission inaugurale du nouveau lanceur Vega-C « permettra de démontrer l'adaptabilité du lanceur en plaçant une charge utile scientifique principale (LARES-2) et un groupe de CubeSats secondaires sur différentes orbites lors d’un seul lancement », explique le CNES. Nous reviendrons sur les enjeux de chacun.

Limiter les coûts et favoriser les sources européennes

L’Agence spatiale européenne précise que Vega-C n’est pas qu’une question de performances : « Le développement du nouveau lanceur a également pour but de diminuer son coût récurrent grâce à une optimisation industrielle et de limiter l’exposition de la production aux sources non européennes ». 

Ce n’est pas le seul avantage : il peut également « accueillir des chargements de formes et de tailles différentes, allant de plusieurs petits satellites d’un kilogramme à une seule grande charge utile ». De plus, les développements en cours « augmenteront à l’avenir les capacités de Vega-C pour inclure des opérations en orbite et des missions de retour utilisant le module de rentrée atmosphérique Space Rider », nous y reviendrons dans un prochain article.

Le satellite LARES-2 va mesurer le Lense-Thirring

Pour cette mission Vega-C (nom de code VV21), la charge utile principale sera LARES-2 (Laser RElativity Satellite #2), une mission de l’Agence spatiale italienne (ASI). Le CNES rappelle que ce lancement « résonne avec le premier vol de Vega, en 2012, qui avait déjà placé en orbite un premier satellite LARES » ; le 13 du mois dans les deux cas.

Le but de ces satellites est d’étudier le champ gravitationnel de notre Terre. Plus précisément, il s’agit de « mesurer ce qu'on appelle le Lense-Thirring ou effet de traînée de trame. Il s'agit d'une distorsion de l'espace-temps causée par la rotation d'un corps massif tel que la Terre, comme prédit par la théorie de relativité générale d'Albert Einstein ».

6 CubeSats, trois sur les composants électroniques

Toujours dans Vega-C, on retrouve « quatre deployers emportant six microsatellites (Greencube, MT-cube 2, Celeste, Alpha, Astro bio et TRISAT-R) ». Ces charges secondaires sont construites par des universités et des organismes de recherches européens.

Le CNES donne des détails sur chaque microsatellite et sa mission. AstroBio « testera une solution de détection de biomolécules qui pourrait aider à surveiller la santé des astronautes et à rechercher des signes de vie lors de missions d’exploration planétaire ». Greencube essayera de faire pousser des plantes en microgravité, avec des capteurs et une caméra pour suivre cela de près. 

L’électronique au sens large du terme est aussi à l’honneur avec Vega-C. Trisat-R veut améliorer « la modélisation du rayonnement spatial et à démontrer les techniques de protection des composants électroniques à hautes performances ». MTCube-2 « exposera différents types de mémoire flash à l’environnement de rayonnement spatial tout en surveillant les erreurs et en diffusant des messages à la communauté des radioamateurs ».

On continue avec Celesta qui « étudiera les courts-circuits du système électronique provoqués par des particules énergétiques et comparera l’environnement radiatif en orbite avec celui produit dans la chambre de radiation CHARM du CERN ». Enfin, les expériences d’ALPHA « exploreront les phénomènes liés à la magnétosphère terrestre, tels que les aurores boréales et australes, et feront la démonstration de technologies conçues pour atténuer les effets du rayonnement ».

Vega-C

Ce lancement est important à plus d’un titre. En plus de réduire les coûts et apporter plus de flexibilité du lanceur léger européen, il s’agit du baptême du feu pour le moteur P120C, qui sera en couple ou en quatuor sur Ariane 6. Déjà que le lanceur lourd n’en finit pas d’accumuler les retards – il est désormais question de 2023 pour le vol inaugural –, un problème sur Vega-C pourrait encore repousser le calendrier… 

Vega-C n’a donc pas le droit à l’erreur, d’autant plus avec l’arrêt de l’utilisation de Soyouz suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette situation profite à SpaceX qui récupère des contrats au passage, comme avec OneWeb. 

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