La guerre en Ukraine mobilise aussi des « makers »

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La guerre en Ukraine mobilise aussi des « makers »
Crédits : CC BY-SA 3.0 DorianGrey Thingiverse

Enrichis de ce qu'ils avaient appris de leurs efforts visant à enrayer l'épidémie de Covid-19, des « makers » du monde entier, adeptes d'imprimantes 3D, ont prototypé et fabriqué en masse des dizaines de milliers de garrots, minidrones, périscopes, fenêtres barricadées et boucliers de tirs, notamment.

À ses débuts, l'épidémie de Covid-19 avait vu se lever des milliers de « makers » s'organiser pour prototyper puis fabriquer masques, visières, respirateurs, pousse-seringue... qui faisaient alors cruellement défaut. Plusieurs initiatives montrent que des milliers d'autres ont rempilé dès l'annonce de l'invasion militaire russe pour aider, grâce à leurs imprimantes 3D, les victimes de la guerre en Ukraine.

Après avoir dénoncé l'invasion russe et annoncé qu'elles cessaient toute forme de commerce avec la Russie et ses entreprises privées, de nombreuses sociétés d'impression 3D parmi les plus importantes au monde ont lancé une vente aux enchères d'objets 3D, qui a recueilli près de 300 000 dollars en deux jours seulement.

Mais c'est du côté des initiatives individuelles et collectives, plus qu'industrielles, que la créativité semble avoir le plus jouer, pour l'instant tout du moins. IEEE Spectrum, le magazine de l'Institut des ingénieurs en électricité et électronique, la plus grande organisation professionnelle dédiée à l'ingénierie et aux sciences appliquées du monde, raconte ainsi qu'un groupe de plus de 100 fabricants ukrainiens a, dans les 16 premiers jours de la guerre, imprimé plus de 3 000 pièces utilisées pour assembler plus de 900 produits finis à destination des forces armées du pays. 

Et ce, alors même que le nombre d'imprimantes 3D était très limité en Ukraine, et qu'il ne permettait pas de produire certains composants de manière homogène, explique Roman Mykhailyshyn, un chercheur ukrainien invité au département d'ingénierie robotique du Worcester Polytechnic Institute, dans le Massachusetts :

« Pour les volontaires vivant en Ukraine et pour ceux comme moi qui sont en dehors de notre pays d'origine, il y avait beaucoup de problèmes et de questions : quoi exactement imprimer, en quelle quantité, comment assurer la logistique là où les produits sont nécessaires, et comment faire pour obtenir les permis nécessaires à la modernisation des équipements militaires. »

Le tour de force serait en partie dû aux enseignements tirés du coronavirus, poursuit le chercheur ukrainien :

« Il s'avère que l'épidémie de COVID-19 a joué un rôle important dans la résolution de nombreux problèmes associés à l'impression 3D avant la guerre. Pendant la COVID-19, des entreprises, des bénévoles, des universités et des citoyens concernés (dont moi) ont commencé à créer un système de réseautage. »

De même que de nombreux volontaires du monde entier vinrent en aide aux Ukrainiens, de nombreuses façons, dès l'annonce de l'invasion, ceux qui avaient déjà appris à se coordonner pendant la pandémie envoyèrent ainsi « un grand nombre d'imprimantes 3D dans toute l'Ukraine en peu de temps » : 

« De plus, les citoyens qui avaient des imprimantes 3D à la maison ont commencé à donner leurs imprimantes aux centres d'impression 3D établis pour fournir des composants aux premières lignes. Les entreprises ukrainiennes de filaments ont également commencé à rendre les fournitures directement disponibles, résolvant efficacement toutes les questions en suspens concernant les matériaux et les imprimantes. »

Le principal problème restait alors de savoir « qu'est-ce qui pourrait être imprimé en 3D qui aiderait le plus l'armée ? » Une société ukrainienne, 3D Tech ADDtive, a commencé à tenter de fédérer les initiatives, et rapidement découvert que le pays souffrait d'un « grande pénurie » de garrots tourniquet d'application de combat (CAT), utilisables par les soldats et services d'urgence pour arrêter les hémorragies.

3D Ukraine3D Ukraine

Le 26 février, soit deux jours seulement après le début de l'invasion militaire russe, il partageait sur Facebook les photos des pièces d'un premier prototype de garrot, ainsi que les instructions permettant d'imprimer un périscope

« Ils peuvent être fabriqués par n'importe quelle personne avec une imprimante 3D n'importe où en Ukraine, particulièrement pertinent là où il fait chaud
Sera utile lors de la confrontation
dans les tranchées - sauvera des snipers
Cet appareil sauvera la vie de nos garçons
»

Rien qu'en Ukraine, le besoin pourrait atteindre 1M de garrots

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