Prism : plus de cinquante complots court-circuités selon la NSA et Obama

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Depuis bientôt deux semaines, les échos de l’affaire Prism engendrent une actualité mouvementée dans le domaine de la surveillance électronique. Ce programme secret, qui fait désormais l’objet de toutes les attentions, doit maintenant être justifié par ses créateurs.

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Crédits : William Cromar, licence Creative Commons

Les résultats sont-ils à la hauteur de l'investissement ?

Le programme de surveillance Prism défraye la chronique depuis presque deux semaines. Les révélations sur la portée de ce filet américain géant viennent d’un ancien agent de la CIA, Edward Snowden, depuis réfugié dans un hôtel de Hong-Kong. Tous les regards sont désormais tournés vers la NSA, qui conduit le programme, et plus généralement vers le renseignement américain, véritable institution depuis le traumatisme du 11 septembre et des lois qu’il a permis d’engendrer.

 

Depuis la semaine dernière, la NSA a fort à faire sur le plan de la communication, de même que les entreprises censées faire partie du programme. Microsoft, Facebook ou encore Apple ont tenté de communiquer plus précisément sur ce qui leur était demandé, et Google tente sa chance devant la Foreign Intelligence Surveillance Court pour augmenter encore cette précision. Pendant ce temps, les agences de renseignement ainsi que le FBI ont fort à faire pour prouver que leur existence est justifiée.

 

Car la question est légitime : puisque ces agences et ces programmes drainent de vastes budgets (10 milliards de dollars par an pour la seule NSA), les résultats sont-ils à la hauteur des sommes dépensées ? Plusieurs responsables de ces agences sont ainsi invités à présenter des signes évidents d’efficacité devant le Congrès, ce qui engendre des problèmes de confidentialité. Les documents nécessaires sont classés top secret pour la plupart et la NSA notamment est sur une corde raide : en dire assez sans en dire trop.

Plus de cinquante complots court-circuités selon le FBI

C’est ainsi que plus d’une cinquantaine de complots auraient été enrayés grâce aux performances de ces outils de surveillance. Le directeur du FBI, Sean Joyce, indique que c’est le cas notamment pour un attentat à la bombe dirigé contre la bourse de New York (New York Stock Exchange). Ce complot terroriste a pu être stoppé grâce au croisement des informations électroniques et des informations téléphoniques, faisant ainsi référence aux deux principaux programmes de surveillance désormais connus.

 

Il ne suffit cependant pas aux responsables de présenter les affaires, car le comité de surveillance du Congrès souhaite aller un peu plus loin, même si les réponses reçues sont parfois quelque peu elliptiques. Par exemple, interrogé sur le degré de gravité de la menace, Sean Joyce a simplement répondu que ce devait être assez sérieux puisqu’un jury avait condamné l’ensemble des personnes impliquées. Mais la ligne de défense reste souvent la même : « Les programmes dont on parle ici aujourd’hui sont des outils importants pour rassembler la mosaïque et comprendre comment ces individus comptent attaquer les États-Unis ».

 

Le directeur du FBI a également donné d’autres informations concernant un attentat stoppé en 2009 et qui visait le métro new-yorkais. L’opération a débuté avec l’interception d’un email émis par un terroriste présumé au Pakistan, dont les informations ont ensuite été recoupées avec des historiques d’appels qui ont permis d’identifier Adis Medunjanin, l’un des conspirateurs. Un exemple pour Joyce de la fameuse mosaïque abordée plus tôt.

 

Autre attentat court-circuité : une bombe dans les bureaux d’un journal danois qui avait publié des dessins du prophète Mahomet. L’enquête avait mis en évidence la participation de David Headley, arrêté en 2009 pour sa coordination dans les actes terroristes qui ont mené à la mort de 166 personnes à Bombay en 2008.

Barack Obama réagit face à Angela Merkel

Le président américain, actuellement en Europe, était notamment de passage à Berlin. La question du programme de surveillance Prism a bien été abordée. Une explication qui n’était pas surprenante puisque la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, avait adressé la semaine dernière une lettre contenant sept questions précises au ministre américain de la Justice, Eric Holder.

 

Pour Obama, il n’y a cependant aucun problème : le président s’est dit « convaincu » que les États-Unis avaient « trouvé le bon équilibre » entre lutte contre le terrorisme et respect de la vie privée. Il a assuré par ailleurs que les agences américaines ne « fouinaient » pas dans les emails des européens ou des américains, décrivant Prism comme un programme « circonscrit et limité ». Pourtant, on retrouvait dans le discours le même flou émanant de la NSA et du FBI puisque Obama a parlé lui aussi de la cinquantaine d’attentats qui avaient pu être bloqués à temps, « y compris en Allemagne ».

 

La Chancelière allemande, quant à elle, prévient que les discussions sur « la question de l'équilibre et de la proportionnalité » continueront dans l’avenir. Elle a cependant précisé qu’un « échange d'informations plus poussé entre le ministère de l'intérieur allemand et les autorités concernées aux États-Unis » allait être mis en place.

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