Du printemps arabe au blackout russe

Dictators' cut
Droit 3 min
Du printemps arabe au blackout russe
Crédits : Rest of Word / Access Now

Rest of World, une organisation internationale de journalisme à but non lucratif qui veut documenter l'impact des technologies dans le « reste du monde, au-delà de la bulle occidentale », revient dans un long format passionnant sur une décennie de coupures d'Internet et de répression des internautes, du printemps arabe au « blackout » russe.

« Il y a quelques années à peine, le blocage massif des médias sociaux et des plateformes de messagerie aurait été presque impossible en Russie, où l'infrastructure Internet est tentaculaire et complexe, avec des centaines de fournisseurs de services Internet et de nombreux points de contact avec les réseaux mondiaux », écrit Rest of World : 

« Mais au cours des cinq dernières années, le gouvernement de Vladimir Poutine a créé une infrastructure sophistiquée de contrôle d'Internet, construite en partie avec des outils disponibles dans le commerce, qui a permis à l'État de bloquer les médias sociaux, y compris Twitter, Instagram et Facebook, à l'intérieur de la Russie et de perturber des outils de contournement comme les VPN, Tor et le logiciel de proxy Web Psiphon. »

Si l'UE a certes elle aussi bloqué les sites web de Russia Today et de Sputnik, ainsi que leurs comptes Twitter, Facebook, YouTube et TikTok, à titre de comparaison, le « splinternet » russe a entraîné le blocage, depuis le début de la guerre en Ukraine, de l'intégralité de Twitter, Facebook, Instagram, TikTok, LinkedIn, Netflix, YouTube, DailyMotion, Disney, HBO, PayPal, Visa, MasterCard, Google News, ainsi que des centaines de médias étrangers, les médias russes indépendants, et même Chess.com.

Incapable de bloquer l'accès à deux articles (« Sur l'invasion de l'Ukraine », qui décrit ses actions concernant la guerre contre l'Ukraine et « Les joueurs d'échecs ukrainiens en temps de guerre »), Roskomnadzor, le censeur russe, a en effet bloqué l'intégralité du site web d'échecs.

Si la Russie fut un pionnier dans l'utilisation de ce type blocages, elle est loin d'être une exception. Rest of World s'est ainsi entretenu avec « plus de 70 technologues, experts en télécommunications, militants et journalistes du monde entier » pour tenter de comprendre comment les régimes autoritaires censuraient le web, et découvert que 60 pays avaient entraîné « 935 coupures d'Internet » depuis 2016 : 

« Leur témoignage montre que l'Internet libre et ouvert est gravement menacé. Les pannes de télécommunications et la censure de masse risquent de fragmenter Internet et même de porter atteinte à son intégrité physique. Ces menaces se présentent sous de nombreuses formes, mais la plupart des experts à qui nous avons parlé remontent à un moment décisif, il y a 11 ans au Caire, lorsque, face à un mouvement de protestation de masse qui évoluait et se développait en ligne, le gouvernement égyptien a désactivé Internet. »

blackout

L'hôtel de luxe de la place Tahrir

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !