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[MàJ] Dépenses de l’État en logiciels propriétaires : l’AFUL sceptique

Près de 54 millions d'euros pour Microsoft en 2011
Mise à jour : Laurent Séguin, président de l’Association francophone des utilisateurs de logiciels libres (AFUL), est revenu auprès de PC INpact afin de faire part de son scepticisme quant aux montants évoqués ce matin par Bercy s’agissant des dépenses de l’État en matière de logiciels propriétaires. Évoquant une « fumisterie », l’intéressé pense que les sommes déboursées sont en réalité bien plus importantes, même s’il est très difficile d’obtenir des chiffres précis en la matière.

« J’aimerais qu’un rapport de la Cour de comptes permette de vérifier si l’on est plus près de trois ou de huit fois les sommes évoquées par le ministère du Budget. Rien que les quelques gros programmes tels que Chorus (comptabilité de l'État), NS2I (Nouveau système d'information dédié à l'investigation), Louvois (paye des militaires), les logiciels de gestion des passeports biométriques, la nouvelle plateforme d'interception des services de renseignement, etc. - tous propulsés avec du logiciel non libre - doivent prendre une grosse part des 260M€ d'acquisition et maintenance de logiciels non libres en ne laissant plus grand chose au fonctionnement de l'informatique de l'État » nous a-t-il déclaré.

300 millions d’euros par an. C’est à peu près ce qu’a dépensé en moyenne la France au cours des cinq dernières années pour l’acquisition et la maintenance de logiciels propriétaires selon le ministère du Budget. Sur l’ensemble de cette enveloppe annuelle, 53,9 millions d’euros sont d'ailleurs allés à Microsoft en 2011. 

 

Sommé par plusieurs parlementaires de lever le voile sur les dépenses de l’État en matière de logiciels, le gouvernement vient d’apporter une réponse aux élus du Palais Bourbon, et ce après plusieurs mois d’attente. Le ministère du Budget indique ainsi aux députés Sauvan, Ferrand et Bui, qu’au cours des cinq dernières années, la dépense publique en logiciels propriétaires a été « supérieure à 300 millions d’euros annuels, soit 1,5 milliard d’euros sur cinq ans ». Voici le détail fourni par Bercy :

  • De 231 à 260 millions d’euros par an, en moyenne sur la période 2007-2011, pour l’acquisition et la maintenance de logiciels « non libres ».
  • 63 millions d’euros sur l’année 2011 pour les seules commandes effectuées par l'intermédiaire de l’Union des groupements d'achat public (UGAP) au titre des autres administrations publiques.

Près de 54 millions d’euros pour Microsoft en 2011

Répondant à une autre question écrite, signée cette fois par la députée écologiste Isabelle Attard, le ministère du Budget a également détaillé les montants versés tout particulièrement à Microsoft, l’entreprise américaine qui commercialise notamment Windows et la suite bureautique Office. On apprend ainsi qu’en 2011, et juste pour ce qui concerne l’État, 53,9 millions d’euros ont été dépensés au titre de l’acquisition et de la maintenance de logiciels Microsoft. Voici le détail de ce montant :

  • 23,9 millions d’euros de location de licences et de services.
  • 19,8 millions d’euros d'achats de licences.
  • 10,2 millions d’euros relevant de logiciels pré-installés sur les postes de travail.

Ces questions parlementaires n’étaient pas anodines : au travers d’une circulaire en date du 19 septembre 2012, le chef du gouvernement « recommandait l’usage du logiciel libre dans l’administration, notamment pour des raisons de coût ». Le Premier ministre présentait ainsi le libre comme un « choix raisonné » pour les administrations : « certains produits d’éditeurs ont de moins en moins d’alternatives commerciales crédibles, le leader du marché ayant éliminé la concurrence. Le logiciel libre apporte alors des possibilités alternatives » affirmait la circulaire.

 

Mais si la porte ouverte par Jean-Marc Ayrault avait pu susciter la satisfaction d’organisations telles que l’April, il n’en demeure pas moins que cette dernière a depuis continué de s’inquiéter des relations contractuelles liant parfois l’État et Microsoft, et notamment s’agissant de l’offre « Open Bar » signée par le ministère de la Défense avec la firme de Redmond (pour en savoir plus, voir notre article).

268 commentaires
Avatar de bingo.crepuscule INpactien
Avatar de bingo.crepusculebingo.crepuscule- 15/05/13 à 07:32:34

Et si l'état participait au dévellopement et à la maintenance de ses propres logiciels (libre ou non, ou en se basant dessus si besoin), ça ne permettrait pas de faires de grosses économies, de faire vivre du local, et d'avoir des outils totalement adaptés aux besoins de l'activité, le tout de avec des fonctions nécessaires arrivant plus rapidement ?... :roll:

Avatar de Gozmoth INpactien
Avatar de GozmothGozmoth- 15/05/13 à 07:32:50

Est-ce choquant ? L'objectif d'un bon choix de logiciels est qu'ils soient adaptés aux besoins, qu'ils soient sous licence ou non est une autre question et est plus accessoire.
L'important est de veiller à éviter les effets de lobbying des grandes compagnies et de garder la tête froide. Si un produit opensource convient le mieux il faut le prendre, si un produit non libre convient le mieux ce sera lui qu'il faut prendre. Libre après aux produits opensource d'évoluer pour s'adapter, c'est toute leur force. :

Avatar de Jean_Peuplus INpactien
Avatar de Jean_PeuplusJean_Peuplus- 15/05/13 à 07:33:35

Et après on veut nous faire croire qu'il y a plus d'économies à faire dans le service public et que la seule solution est d'augmenter les recettes déjà énormes.

Avatar de DarKCallistO INpactien
Avatar de DarKCallistODarKCallistO- 15/05/13 à 07:35:00

Je remarque surtout que les soft Microsoft ne représente pas l'essentielle des dépenses,notamment sur un budget de 260 millions d'euro :o

Avatar de RaYz Abonné
Avatar de RaYzRaYz- 15/05/13 à 07:35:28

bingo.crepuscule a écrit :

Et si l'état participait au dévellopement et à la maintenance de ses propres logiciels (libre ou non, ou en se basant dessus si besoin), ça ne permettrait pas de faires de grosses économies, de faire vivre du local, et d'avoir des outils totalement adaptés aux besoins de l'activité, le tout de avec des fonctions nécessaires arrivant plus rapidement ?... :roll:

Ouaip bien sur, d'ailleurs toutes les entreprises font ça pour économiser de l'argent :D

Avatar de RaYz Abonné
Avatar de RaYzRaYz- 15/05/13 à 07:36:05

DarKCallistO a écrit :

Je remarque surtout que les soft Microsoft ne représente pas l'essentielle des dépenses,notamment sur un budget de 260 millions d'euro :o

+1 j'aurais pensé à une proportion beaucoup plus importante.

Avatar de ludo0851 INpactien
Avatar de ludo0851ludo0851- 15/05/13 à 07:36:08

En tout cas à l'Ecologie, c'est Windows + Firefox + Thunderbird + OpenOffice + VLC + logiciels maisons et quelques logiciels pro qui ne peuvent pas être développés en interne et ne tournent que sur Windows

Avatar de timhor INpactien
Avatar de timhortimhor- 15/05/13 à 07:36:16

bingo.crepuscule a écrit :

Et si l'état participait au dévellopement et à la maintenance de ses propres logiciels (libre ou non, ou en se basant dessus si besoin), ça ne permettrait pas de faires de grosses économies, de faire vivre du local, et d'avoir des outils totalement adaptés aux besoins de l'activité, le tout de avec des fonctions nécessaires arrivant plus rapidement ?... :roll:

dévelloper et fournir du support sur un logiciel te coutera plus cher que d'acheter le logiciel et le support qui va avec :) et donc au final t'es francais certe mais a la bourre niveau techno, pas efficace, pas forme, cromagnonesque... Pourquoi vouloir absolument réinventer la roue ?:craint:

Avatar de gaten INpactien
Avatar de gatengaten- 15/05/13 à 07:36:56

Avec ce budget, l'état aurait-il la capacité de créer un service indépendant responsable du développement de tous les logiciels nécessaires au fonctionnement de l'état (hors armé) ?

J'y vois là une formidable opportunité d'augmenter la productivité de notre administration grâce au développement d'outils vraiment adapté.

Édité par gaten le 15/05/2013 à 07:37
Avatar de Tiebor INpactien
Avatar de TieborTiebor- 15/05/13 à 07:41:45

Gozmoth a écrit :

Est-ce choquant ? L'objectif d'un bon choix de logiciels est qu'ils soient adaptés aux besoins, qu'ils soient sous licence ou non est une autre question et est plus accessoire.
L'important est de veiller à éviter les effets de lobbying des grandes compagnies et de garder la tête froide. Si un produit opensource convient le mieux il faut le prendre, si un produit non libre convient le mieux ce sera lui qu'il faut prendre. Libre après aux produits opensource d'évoluer pour s'adapter, c'est toute leur force. :

C'est un peu évident ce que tu dis.... :francais:
Il n'est pas forcément choquant en soi d'opter pour des logiciels propriétaires (d'autant que libre n'est pas gratuit non plus), mais au vu des sommes en jeu il est légitime et nécessaire de se poser des questions et d'être extrêmement vigilant: car s'il y a peu de concurrence (quasi monopole de MS sur certains produits), le fournisseur peut pratiquer les prix qu'il veut.

DarKCallistO a écrit :

Je remarque surtout que les soft Microsoft ne représente pas l'essentielle des dépenses,notamment sur un budget de 260 millions d'euro :o

Attention :non:
La news ne précise les dépenses pour MS que pour l'Etat, alors que les 260 M€ concernent toutes les administrations publiques (dont l'Etat n'est qu'une petite partie: le budget de la Sécu par exemple est beaucoup plus important que celui de l'Etat! )

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