Depuis plusieurs années, IBM dégraisse ses effectifs dans de nombreux pays, dont la France. Forte de plus de 26 000 employés à la fin des années 1990, IBM France compte aujourd'hui moins de 10 000 salariés. Et entre 1200 et 1400 personnes pourraient devoir plier bagage d'ici 2015 selon les syndicats de la société.
Source : Page Google+ d'IBM France.
La crise constante d'IBM France
Les temps sont durs pour IBM France. En début d'année, plusieurs suicides au sein de l'entreprise ont poussé la CFDT à envoyer une lettre à Alain Benichou, président d'IBM France, afin de lui faire savoir que l'ensemble des entités de la société « est touché par une organisation du travail génératrice de stress ». Un an plus tôt, IBM France a été touchée par des manifestations et grèves à Sophia Antipolis.
Plus globalement, la filiale française d'IBM a été touchée par de nombreuses vagues de licenciements depuis plus d'une quinzaine d'années. Et cela devrait continuer dans les années à venir. « La direction a la volonté de supprimer entre 1200 et 1400 emplois directs sur deux ans » a ainsi déclaré Gérard Chameau, délégué central CFDT d'IBM, à l'AFP. Une information confirmée par Frank Setruk, représentant CFE-CGC chez IBM France, contacté par Reuters. « La prévision de réduction des effectifs, dans le cadre des accords de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), était de 900 personnes en décembre. Elle a été revue à la hausse. »
Les licenciements ne sont donc pas actés, puisqu'il s'agit de prévisions et d'objectifs. Des négociations avec les syndicats vont ainsi avoir lieu. Qui plus est, IBM pourrait s'en sortir sans licenciement sec, et simplement se contenter de départs volontaires (moyennant de belles primes), à l'instar de ce qui a été mis en place chez SFR et Bouygues Telecom ces derniers mois.
La France ne sera pas la seule à souffrir
Mais sauf surprise, l'effectif d'IBM France va se rapprocher des 8000 employés d'ici 2015, avec ou sans licenciements directs, soit près de 15 % de moins qu'aujourd'hui. La France n'est cependant pas le seul pays à être concernée par le dégraissage massif d'IBM. Outre-Atlantique, si l'on se fie aux données compilées par le syndicat américain Alliance, l'effectif d'IBM est passé de 133 789 employés en 2005 à 92 000 en 2012, soit tout de même une chute impressionnante de 30 % en sept ans. Les derniers chiffres depuis 2010 sont toutefois des estimations, dès lors qu'IBM a arrêté de communiquer sur les détails de son effectif US depuis cette date.
Rajoutons enfin qu'IBM a annoncé hier ses résultats financiers, et s'ils n'ont rien de catastrophiques, ils ne sont pas non plus exceptionnels, avec une baisse du chiffre d'affaires (-5,1 %) et un bénéfice net en léger recul. Des résultats qui ont déçu les investisseurs. L'action en bourse d'IBM perd d'ailleurs 7 % de sa valeur au moment où nous rédigeons ces lignes. Afin de redresser la barre et économiser 1 milliard de dollars, IBM a affirmé lors d'une conférence téléphonique que des suppressions d'emplois étaient prévues dans le monde, principalement à l'international (hors USA). Ces départs auront lieu dans les semaines et mois à venir.