AppGratis : entretien avec Antoine Buffet, président de FIT Solutions

« Il existe un vrai tabou avec les classements artificiels »

La suppression de l’application AppGratis dans l’App Store a déjà provoqué de nombreuses réactions. L’affaire est devenue politique depuis que la ministre déléguée à l’Économie numérique, Fleur Pellerin, s’est déplacée dans les locaux de l’éditeur iMediapp hier matin. Nous avons abordé la situation avec Antoine Buffet, président de la société FIT Solutions, qui édite elle aussi une application de recommandation.

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L'affaire devient politique 

Fleur Pellerin était hier au chevet d’iMediapp pour fustiger Apple. La firme américaine a en effet choisi de supprimer l’application AppGratis de son App Store. Il s’agit là selon la ministre d’une « brutalité […] difficile à qualifier ». La locataire de Bercy n’était pas tant inquiète des raisons ayant poussé Apple à cette décision radicale qu’à une notion élargie de la neutralité. Pourtant, les raisons qui se cachent derrière cette suppression sont cruciales pour mieux appréhender la situation.

 

Que savons-nous ? Selon iMediapp, AppGratis a été supprimée parce qu’elle violait deux règles de l’App Store :

  • Règle 2.25 : une application ne peut pas faire la promotion d’autres applications au point d’entraîner une confusion avec l’App Store
  • Règle 5.6 : une application ne peut pas utiliser le système de notification pour informer l’utilisateur de promotions

Des manquements à ces règles qui ont été communiqués à iMediapp par l’équipe en charge des validations d’applications chez Apple, et qui ont été confirmées quelques instants plus tard par le Wall Street Journal.

 

D’autres éléments sont à prendre à compte. Premièrement, le fonctionnement d’AppGratis influe sur les scores et les classements de l’App Store. Deuxièmement, l’application est accusée de vendre des lots de téléchargements, bousculant la méritocratie habituelle par une simple question de moyens financiers. Enfin, iMediapp a reçu en janvier dernier un important investissement de 10 millions d’euros via le fonds Iris Capital (Orange et Publicis).

 

Une situation que nous avons abordée avec Antoine Buffet, président de la société FIT Solutions. Cette autre entreprise française édite l’application AppsFit qui, elle aussi, agit comme un centre de recommandation. À la différence d’AppGratis toutefois, AppsFit est un moteur de recherche : l’utilisateur indique quels sont ses centres d’intérêts et l’application lui recommande alors une sélection choisie pour lui.

Apple « est dans son rôle de protection des utilisateurs »

Interrogé sur les débats autour de l’affaire AppGratis, Antoine Buffet s’étonne : « Je ne comprends pas, tout le monde a l’air de découvrir ces règles. Elles ont pourtant toujours été là, et tous les gens comme nous les connaissent très bien ». De fait, « on est un peu surpris par lynchage médiatique d’Apple », tout simplement parce que la firme « est dans son rôle de protection des utilisateurs » poursuit le co-fondateur.

 

Mais de quelle protection parle-t-on réellement ici ? Antoine Buffet aborde alors « les fausses promotions de certaines applications qui leurs permettent de jouer avec les tarifs ». Interrogé sur la situation générale de la recommandation d’applications, le président confirme que « des limites ont été franchies », mais il ne souhaite « viser personne ». Il confirme cependant qu’Apple « va faire la chasse aux promotions artificielles, aux faux testeurs et à tous ceux qui arrivent à squatter le top du Store ».

« Il existe un vrai tabou avec les classements artificiels » 

Antoine Buffet ne se dit cependant « pas inquiet » de possibles répercussions contre AppsFit, « car nous sommes un moteur de recherche ». Il indique cependant qu’il « existe un vrai tabou, un vrai problème avec les classements artificiels ». Concernant les autres applications qui pourraient opérer de la même manière, le président en est certain : « Ces gens auront des problèmes parce que ce genre de pratique est toujours déterré par Apple ».

 

Reste que la firme de Cupertino aurait tout intérêt à communiquer, ne serait-ce que pour clarifier les raisons qui ont poussé à la suppression d’AppGratis. Notez qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons toujours pas réussi à joindre iMediapp. De son côté, Apple doit revenir vers nous en cas d’informations complémentaires.

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