Linux : Pop!_OS fait fort dans l'ergonomie et le soin porté à l'interface

De quoi détrôner Ubuntu
Logiciel 16 min
Linux : Pop!_OS fait fort dans l'ergonomie et le soin porté à l'interface

Dans notre série d’articles sur les distributions Linux moins courantes nous passons à Pop!_OS. Développée en grande partie par System76, qui s’en servait pour accompagner les ordinateurs qu’elle commercialisait, elle a gagné en indépendance et veut impressionner par la qualité de son interface (entre autres).

Depuis environ deux mois, nous vous présentons des distributions moins connues du grand public que peuvent l’être Ubuntu ou Fedora. Pour la plupart, nous avons sélectionné des systèmes ayant une orientation poussée vers ce grand public, en prenant l’utilisateur par la main pour le guider sur ce qui est, parfois, une terra incognita.

Certaines s’en sortent mieux que d’autres, et dans le haut du pavé, nous pouvons ajouter Pop!_OS qui n’existe que depuis quelques années, mais remporte un succès croissant grâce au soin apporté par l'équipe de System76.

Notre dossier sur les distributions Linux « secondaires » :

Au départ un simple accompagnement

Pop!_OS est récente, sa première version n’est sortie qu’en 2017. Création de System76, société vendant du matériel informatique, c'est au départ le système fourni pour accompagner ses configurations. Dès le départ, l'entreprise a une vision précise de ce que doit être cette plateforme : accueillir l’utilisateur et lui simplifier la tâche.

Contrairement à la plupart des distributions Linux, Pop!_OS est pour l’essentiel édité par System76. Rien n’empêche les développeurs tiers de participer, mais on est en présence d’un modèle similaire à celui de Canonical avec Ubuntu (sur laquelle elle se base d'ailleurs). Ce qui n’empêche pas Pop!_OS d’être désormais une distribution indépendante, dans le sens où elle est librement téléchargeable depuis son site officiel.

Elle suit le rythme de parution d'Ubuntu en gardant sa nomenclature. La dernière révision disponible est ainsi la 21.04, dont nous vous parlons aujourd’hui. Il devrait logiquement y avoir une 21.10 dans le mois qui vient, la publication étant prévue pour le 14 octobre. La mouture 20.04 LTS bénéficie du même support de cinq ans.

Aujourd’hui, Pop!_OS est une distribution à suivre. Elle jouit d’une popularité grandissante auprès d’un public cherchant un système fonctionnel où la plupart des opérations techniques sont « prémâchées ». Comme EndeavourOS, elle fournit deux images ISO, l’une classique, l’autre avec les pilotes graphiques NVIDIA propriétaires.

Installation et prise en main

L’installation est l’une des plus plaisantes qu’il nous ait été donné de voir. On commence toujours de la même façon : récupération de l’image ISO adaptée depuis le site de la distribution, transfert sur une clé USB avec un utilitaire comme Rufus ou autre, puis démarrage sur la clé et lancement de l’installation.

Attention cependant : comme le précise System76, il faut désactiver Secure Boot pour pouvoir installer Pop!_OS. En outre, le système n’est disponible que pour l’architecture x64. On peut bien sûr se servir de l’image ISO pour créer une machine virtuelle dans VirtualBox ou autre, notamment pour un premier test. 

Dès l’arrivée sur le bureau, on comprend que l’on est dans une de ces distributions modifiant tout ou presque de l’environnement de bureau (GNOME). System76 a une vision poussée de ce que doit être l’ergonomie de Pop!_OS.

Ce n’est pas l’installation la moins bavarde passée entre nos mains, mais elle a l’avantage de prendre l’utilisateur par la main et de déployer ses étapes progressivement, sans brusquer. Les questions posées sont dans l’ensemble les mêmes que dans les autres distributions avec choix de la langue puis de la disposition du clavier, type d’installation, choix du disque, création du compte, chiffrement du disque puis l’installation proprement dite.

  • Pop OS
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Sur une machine raisonnablement récente, cette phase dure quelques minutes. Après quoi l’utilisateur est invité à redémarrer la machine. Si le processus vous semble familier, c’est parce qu’il a été développé en partenariat avec l’équipe d’elementary OS, qui ne voulait plus avoir à faire non plus avec l’installeur d’Ubuntu. Notez que Canonical s’en débarrasse également, la version 21.10 sera livrée avec un nouvel installeur, réécrit et utilisant Flutter.

Si vous avez bien regardé les captures en revanche, vous aurez aperçu que tout n’est pas traduit en français. C’est un reproche que l’on peut faire régulièrement au système, ces absences se retrouvant dans divers endroits de la distribution une fois installée, notamment dans l’assistant de bienvenue après le premier lancement.

En débarquant sur le bureau de Pop!_OS, on remarque très vite un style globalement proche de macOS, notamment à cause du dock centré en bas de l’écran. Il s’agit justement d’un des éléments phares du nouvel environnement COSMIC (Computer Operating System Main Interface Components), le plus gros changement arrivé dans la version 21.04 du système au printemps dernier.

  • Pop OS
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L’assistant d’accueil permet de régler rapidement plusieurs paramètres, dont la confirmation pour la disposition du clavier, la configuration du dock (on peut le cacher ou lui rendre sa forme habituelle, sans toucher les bords), l’affichage de certains éléments dans la barre de menus en haut de l’écran, une présentation du Launcher (nous y reviendrons) puis des gestes tactiles multitouch, l’activation du service de géolocalisation (coupé par défaut), le choix du fuseau horaire (pourtant déjà demandé) et l’ajout éventuel de comptes en ligne.

En somme, une version modifiée de l’assistant fourni par GNOME. La base Ubuntu inclut en effet GNOME, dans sa mouture 3.38. Pas encore de passage à la branche 40 donc, mais puisqu’Ubuntu s’y colle avec sa version 21.10 en approche, on imagine que Pop!_OS y passera elle aussi. On reste par exemple sur une disposition verticale des espaces de travail, ce qui pourrait changer avec la version suivante, même si System76 prend garde à ce qui est intégré dans son nouveau COSMIC Desktop.

Ce dernier se révèle bien pensé, efficace et plaisant à l’usage. Le soin apporté aux détails est évident et vient placer Pop!_OS dans la même catégorie qu’elementary, Linux Mint ou Zorin OS. On a en conséquence le fameux dock en bas de l’écran affiché à la manière d’une barre, que l’on peut faire revenir au format « cartouche » dans les options. De même, on peut le mettre sur n’importe quel bord de l’écran.

Ce choix de l’éditeur correspond selon lui aux retours des utilisateurs et à des enquêtes, dont les résultats ont inspiré tous les nouveaux choix faits pour COSMIC. Pour le dock par exemple, l’enquête avait montré qu’une bonne majorité de personnes installait une extension pour l’avoir.

Dans l’ensemble, COSMIC Desktop est un plaisir à utiliser, avec une sensation d’interface très travaillée. L’ergonomie n’est cependant pas chamboulée. Il s’agit bien d’une base GNOME et de nombreux éléments sont identiques, si l’on met de côté le thème apporté par l’équipe de développement. Si vous avez déjà utilisé Ubuntu ou n’importe quelle distribution basée sur GNOME, vous trouverez très vite vos repères. Le dock et quelques autres éléments demanderont peut-être de nouvelles habitudes, mais ils sont suffisamment simples pour ne créer aucune friction.

Les couleurs sont reposantes, les animations sont fluides et l’ensemble est réactif. Les éléments classiques comme Fichiers (Nautilus) et la grille d’applications sont toujours là. Si Pop!_OS aime apporter sa touche personnelle, la distribution ne réinvente pas la roue dans la plupart des cas.

Une distribution prête à l’emploi

Contrairement à la précédente distribution testée, EndeavourOS, Pop!_OS part du principe que tout l’attirail élémentaire doit être présent. Ce qui signifie que l’on doit pouvoir naviguer, consulter ses emails, écouter de la musique, regarder des vidéos, travailler sur des documents, installer facilement des applications, etc.

Les briques fournies ne sont guère originales : Firefox, Geary (emails), LibreOffice… Des logiciels courants, dont la plupart des utilisateurs ont l’habitude et qui ne demandent aucune adaptation. Une approche très consensuelle qui est presque une marque de fabrique de System76. La société fournit après tout la distribution avec ses machines neuves. Elle a tout intérêt à ce qu’elle soit simple à prendre en main.

Pop OS

Les applications sont en grande majorité fournies dans leurs dernières révisions, le système étant actuellement basé sur un noyau Linux 5.13. Pop!_OS doit donc pouvoir être installée sur à peu près n’importe quelle machine, intègre les pilotes AMD et NVIDIA (selon l’image ISO téléchargée) et peut servir de base à une machine orientée jeux, le nombre de titres compatibles Vulkan augmentant doucement, grâce en particulier au travail de Valve.

En revanche, il ne faut pas chercher beaucoup plus loin dans les scénarios d’utilisation. Pop!_OS est une distribution avant tout grand public, prévue pour des besoins basiques. On n’y trouvera aucun logiciel de retouche photo ou de solution de développement. Ces besoins peuvent bien sûr être couverts par l’installation d’autres applications.

Des scénarios courants comme se connecter à un périphérique Bluetooth ou raccorder un écran secondaire sont bien supportés. Dans nos essais, nous avons par exemple pu nous connecter sans problème à une enceinte Bluetooth Bose. Pour les personnes préférant un affichage plus grand des éléments ou disposant d’un écran 4K, la mise à l’échelle fractionnaire fonctionne très bien sur les paramètres proposés (125, 150 et 175 %).

La session par défaut fonctionne sous Wayland, sauf en cas de GPU NVIDIA épaulé par les pilotes officiels et propriétaires. Là aussi cela pourrait changer avec la bascule opérée par Ubuntu 21.10. Notez enfin qu'une procédure d'installation simplifiée des outils CUDA/cuDNN est proposée, ce qui est assez rare pour être souligné :

sudo apt install system76-cuda-latest

D'ailleurs, on apprécie que la documentation livre de nombreux petits guides (en anglais uniquement) pour des actions comme l'installation de conteneurs via LXC/LXD, la sauvegarde de données, ou l'installation d'un serveur Minecraft. Cela montre que tout en voulant rester accessible, la distribution s'ouvre à des profils plus avancés.

Les nouveautés spécifiques à COSMIC Desktop

Si vous utilisez déjà Pop!_OS, le passage de la mouture 20.10 à la 21.04 vous aura peut-être surpris. Plusieurs éléments spécifiques marquent le passage à COSMIC Desktop, System76 ayant préféré partir sur son propre environnement, pour refléter ce que l’entreprise juge adéquat pour une distribution Linux.

Le dock est l’élément le plus visible, mais d’autres sont présents. Par exemple, la touche Super (Windows) n’ouvre plus par défaut par la grille d’applications, mais le Launcher. Ce dernier, sans être nouveau, voir son comportement légèrement modifié. Il se veut plus complet que la précédente version (documents, applications, réglages, opérations mathématiques…) et dispose d’une icône dédiée dans le dock.

On peut également changer son action principale pour qu’il affiche la grille d’applications ou les espaces de travail. Dans sa forme, il est proche de Spotlight dans macOS et de KRunner dans KDE.

Pop OS

System76 estime qu’il est plus rapide de lancer une application non épinglée dans le dock par ce biais. L’entreprise n’a pas tort, de nombreuses personnes sous Windows utilisant par exemple la touche idoine du clavier pour taper quelques lettres et valider avec Entrée. Quand on en a l’habitude, la manipulation est plus rapide que de chercher visuellement un nom ou une icône. D’autant que les positions peuvent varier dans le temps, si le système aime pousser en avant les applications les plus fréquemment utilisées. Et si elles ne varient pas, elles sont parfois rangées dans des dossiers qui prennent un peu de temps à être parcourus.

Un système de plugins est en outre présent pour augmenter les capacités du Launcher. Les gestes tactiles multitouch sont eux aussi un apport de COSMIC. System76 n’a – là encore – pas souhaité réinventer la roue :

  • Quatre doigts vers la droite : vue multitâche (équivalente à Exposé de macOS)
  • Quatre doigts vers la gauche : vue des espaces de travail
  • Quatre doigts vers le haut ou le bas : passage d’un espace de travail à un autre
  • Trois doigts vers la gauche ou la droite : passage d’une application ouverte à une autre

Comme on peut le voir, l'environnement sépare les vues multitâches et espaces de travail par les gestes tactiles. En revanche, cliquer sur Activités en haut de l’écran ou sur l’icône Espaces de travail dans le dock fusionne les deux.

Pop OSPop OS

L’une des spécificités de COSMIC est également le « tiling », c’est-à-dire la capacité de caler une fenêtre dans une zone de l’écran en lui faisant adopter une forme particulière. Encore une fois, pas de révolution : les gestes correspondent globalement à ce que Microsoft avait mis en place dans Windows 7 et préservé depuis.

Saisissez une fenêtre et déplacez-la vers un bord de l’écran pour qu’elle en remplisse la moitié gauche ou droite. Ces manipulations sont réalisables au clavier : Ctrl + Super + flèche gauche ou droite. Ces raccourcis sont inclus dans le clavier mécanique vendu par System76 au tarif (très élevé) de 285 dollars.

L’un des objectifs de COSMIC est en effet de permettre aux utilisateurs de se servir de leur système au clavier ou à la souris. Toutes les actions ont un équivalent clavier. Il sera intéressant de suivre l’évolution de l’environnement qui pourrait, à l’instar de Cinnamon, finir par avoir une vie propre.

On pourrait alors le retrouver sur d’autres distributions, à moins que System76 ne fasse aucun effort en ce sens, afin que COSMIC reste sa marque de fabrique.

Installation et gestion des applications

Le Pop Shop est une version modifiée de Logiciels, l’application traditionnelle servant de boutique à GNOME. Le fonctionnement est le même, mais l’interface en a été révisée, toujours avec cette optique de rendre l’ensemble plus agréable. C’est une réussite.

Le Shop évite l’avalanche de cadres et de lignes et s’appuie sur les seules icônes pour hiérarchiser l’information. Une présentation très travaillée, les icônes ayant un léger ombrage pour en augmenter la lisibilité. Les éléments se détachent bien, tout comme pour les catégories qui adaptent des dégradés de couleurs.

  • Pop OS
  • Pop OS
  • Pop OS
  • Pop OS

Point important, cette boutique applicative est compatible à la fois avec les archives DEB et Flatpak. Sur de nombreuses applications open source ou propriétaires, vous aurez le choix en haut entre les deux versions. Pour d’autres, ce sera obligatoirement l’un ou l’autre, par exemple Flatpak pour Spotify et DEB pour Alacrity.

Il est d’ailleurs intéressant qu’une distribution basée sur Ubuntu fasse le choix de Flatpak alors que Canonical travaille d’arrache-pied à la promotion de Snap. Pop!_OS n’intègre même pas le service snapd.

Pour le reste, qu’il s’agisse des listes dans les catégories ou des fiches des applications, l’organisation est la même que dans Logiciels. Aucune surprise donc. La prise en charge de Flatpak assure à la boutique un vrai choix applicatif, peu étonnant au vu de la philosophie de System76 : Pop!_OS doit être utilisable rapidement par un maximum de personnes sans faire de compromis sur les logiciels.

En d’autres termes, il n’y a pas de volonté à rester coûte que coûte dans de l’open source. Si vous préférez la ligne de commande, l’héritage d’Ubuntu (et donc Debian) est bien sûr présent. Rappelons quelques exemples courants :

apt install nom_du_paquet // Installe le paquet
apt remove nom_du_paquet // Désinstalle le paquet
apt search XXX // Affiche la liste des paquets contenant XXX
apt upgrade // Met à jour tous les paquets

Une distribution à surveiller de près

Pop!_OS est presque un cas d’école : une bonne partie du système est si réussie que tout fonctionne comme on s’y attend et qu’il n’y a, curieusement, rien à en dire de particulier.

System76 réussit à obtenir un équilibre délicat entre la reprise de l’existant et une touche personnelle, sans que celle-ci ne paraisse incongrue. Le maître-mot de la distribution est en effet « consensus ». Les apports faits çà et là sont empruntés, dans la plupart des cas, à macOS et Windows. Et le résultat est ce mélange de neuf et d’ancien dans lequel on ne se débat presque jamais.

Nous avons aimé la direction prise par le système, dont l’évolution est maintenant à surveiller de près car sa popularité grimpe en flèche. System76 a tout intérêt à poursuivre son investissement dans COSMIC, car Pop!_OS se présente à la fois comme une distribution Linux très simple à prendre en mains et comme une alternative d’autant plus viable à macOS et Windows qu’une partie de leur ergonomie s’y retrouve.

Pop OS

Zorin OS nous avait impressionné par la qualité de son travail sur ses interfaces. Pop!_OS est un concurrent direct, et si vous cherchez une distribution Linux facile à prendre en main et embarquant des composants récents, elle mérite toute votre attention. Elle n’est pas seulement agréable à l’œil (selon vos goûts bien sûr) : il y a une véritable réflexion sur l’ergonomie et sur la manière dont le système sera utilisé.

De plus, le travail sur les performances est là, car la distribution garde sa réactivité. À l’inverse, les personnes cherchant un système plus neutre et tout-terrain passeront leur chemin, surtout si elles apprécient s’occuper elles-mêmes de tous les détails ou si elles cherchent autre chose qu’une (énième) base Ubuntu.

Pop!_OS remplit sa mission et prouve une fois encore que la vieille époque des distributions Linux est finie. Beaucoup ont aujourd’hui une identité propre, un très bon support matériel et d’excellentes performances. Certains pourraient arguer que toutes ces saveurs gâchent le potentiel d’unification des ressources, mais cette pluralité permet de trouver son bonheur parmi de nombreux choix. Et même si Pop!_OS est un acteur récent, il faut désormais compter avec lui.

Le seul reproche que nous pouvons lui faire est sa traduction partielle. Qu’il s’agisse de l’installation ou de la distribution, Pop!_OS sert souvent un mélange d’anglais et de français. Rien de rebutant pour quiconque parle un peu anglais, mais qui peut effrayer un nouveau venu et casse un peu l’image de qualité qui se dégage de l’ensemble.

Nous suivrons de près l’évolution de Pop!_OS, surtout sa prochaine version 21.10, qui reflètera peut-être certains choix faits par Canonical, comme le grand saut vers GNOME 40 et la distribution de Firefox en snap. Mais si l’on devait résumer Pop!_OS en quelques mots, nous dirions qu’il dépasse aujourd’hui son modèle en convivialité.

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