Eric Leandri, cofondateur de Qwant, cité à comparaitre pour violation du secret des correspondances

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Droit 3 min
Eric Leandri, cofondateur de Qwant, cité à comparaitre pour violation du secret des correspondances

Ambiance. Eric Leandri est cité devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est attaqué par Jean-Manuel Rozan, l'un des trois cofondateurs de Qwant, qui l’accuse de violation du secret des correspondances. Une audience est prévue le 13 octobre prochain. Le principal intéressé conteste ces allégations. 

Selon nos informations, celui qui a été président de Qwant jusqu’au début de l’année 2020, est visé par une citation directe pour violation du secret des correspondances. Le document date du 19 février et est en notre possession depuis plusieurs semaines.

Cette citation a été déposée par Jean-Manuel Rozan, l'un de ceux avec qui il a créé le service qui se présente comme « le moteur de recherche qui respecte votre vie privée ».

C’est en janvier et février 2020 que Jean-Manuel Rozan apprend que sa boite mail a été compromise quelques semaines plus tôt, alors que Leandri présidait encore Qwant. Selon la citation que nous avons pu consulter, c'est Jean-Claude Ghinozzi, son remplaçant, qui l’a informé qu'elle avait été « visitée et contrôlée » en décembre 2019.

Il y est affirmé également que le responsable des infrastructures de Qwant avait lui-même reçu « un ordre d’accéder à sa boite mail, sans l’autorisation du principal intéressé ».

Contrôle à distance via TeamViewer

Techniquement, les faits auraient été menés depuis l’ordinateur de Marie Juyaux, directrice générale adjointe de Qwant jusqu’en mars 2020. Un accès rendu possible, détaille encore la citation directe, par un « contrôle à distance d’un poste professionnel à l’aide du logiciel TeamViewer » de télémaintenance à distance.

Pourquoi du coup cette procédure visant personnellement Leandri ? Selon le compte-rendu du comité exécutif de Qwant du 17 mars 2020, l’intéressé aurait indiqué avoir mandaté ce contrôle pour défendre l’entreprise et ses positions personnelles contre des attaques extérieures et faire face à d'autres circonstances difficiles, sans plus de détails. Le document, retraçant cette réunion avec toutes les huiles de Qwant, fait état d’un échange très tendu entre notamment Eric Leandri et Jean-Manuel Rozan.

L'explication est cependant différente dans la citation que nous avons pu consulter : l’ordre « donné directement par Monsieur Leandri d’accéder à [sa] correspondance privée » aurait été émis dans le but « de le nuire [sic] et le déstabiliser ». Les témoignages seraient « accablants », et les faits également signalés à la CNIL le 28 mai 2020.

Aucune violation, selon Eric Leandri

Contacté, le principal mis en cause nous indique, via l’assistance du cabinet DGM Conseil, que « tout d'abord, à la connaissance de M. Leandri, M. Rozan a déposé une plainte à son encontre, mais le parquet n'a pas donné de suite à cette plainte, estimant manifestement qu'aucune infraction ne pouvait lui être reprochée ».

Et toujours selon les explications que nous avons reçues par courrier, « c'est parce que cette plainte n'a pas abouti que M. Rozan a pris l'initiative d'une citation directe devant le tribunal ».

« Par ailleurs, affirme-t-il, aucune violation des correspondances n'a été effectuée à l’initiative de M. Leandri, bien au contraire, la charte informatique de la société Qwant et la réglementation ont été scrupuleusement respectées lorsque M. Leandri était à la tête de cette société ».

Contacté par nos soins, Me Arash Derambarsh, avocat de Jean-Manuel Rozan, se dit « surpris » d’être questionné pour ce dossier et n’a aucune déclaration à faire.

Alors qu'Eric Leandri reste couvert par la présomption d'innocence, Jean-Manuel Rozan considère dans sa procédure que « cet espionnage compromet ses affaires et ses investissements au sein de cette société dont il est un des co-fondateurs et dont il possède 40 % des parts sociales par le truchement de sa holding Quartz Participations ». Il réclame 100 000 euros de dommages-intérêts.

Depuis son départ de la direction générale de Qwant, Eric Leandri a fondé Altrnativ, une offre qui « entend apporter des solutions et des garanties de confiance pour tous dans l’environnement numérique ». D'après sa fiche LinkedIn, il ne serait plus président du Conseil scientifique et stratégique de Qwant depuis septembre 2020.

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