Windows 11 a tout à prouver

Build 22000, au rapport !
Windows 11 a tout à prouver

« Windows 11 vous rapprochera des choses que vous aimez ». C'est ainsi que Panos Panay a présenté la nouvelle mouture de l'OS qui devait rester à jamais Windows 10. Derrière la communication ratée, il y a néanmoins beaucoup à dire. On découvre alors de multiples atouts... et des erreurs à corriger.

Windows 11 est désormais officiel et on ne peut pas dire que son annonce se soit faite dans de bonnes conditions. Outre les fuites de dernière minute, Microsoft a rencontré des problèmes techniques pour la diffusion de sa conférence hier soir, forçant les spectateurs à migrer sur YouTube. Tout cela pour voir un Panos Panay alternant entre nostalgie et déprime, au point de nous donner l'impression qu'Évelyne Thomas finirait par apparaître.

Une première impression... perfectible

Nous avons découvert une nouvelle version de Windows dans la continuité, reprenant les éléments attendus pour l'interface Sun Valley, avec quelques bonnes surprises. Le tout accompagné de changements préparés de longue date pour les développeurs, avec un renforcement de l'exposition des services Microsoft, notamment Teams.

C'est d'ailleurs à ceux qui conçoivent des applications que Microsoft avait le plus à dire, à l'occasion d'une seconde conférence plus intéressante, maitrisée et dynamique.

Comme souvent, c'est par ses confusions que l'éditeur s'est surtout fait remarquer depuis hier soir, notamment par un élément de rupture entre Windows 10 et 11 : les prérequis matériels. Un sujet où l'on a pu lire tout et son contraire... Depuis, nous avons épluché billets de blogs, documentations, mises à jour de dernière minute et autres excuses sur Twitter pour comprendre ce que sera Windows 11, en attendant de pouvoir le tester.

Voici notre compte-rendu.

Passer à Windows 11 : gratuit, mais pas sans barrières

Première bonne nouvelle, attendue : passer à Windows 11 sera gratuit. « Toutefois, seuls les PC exécutant la version la plus récente de Windows 10 et répondant aux caractéristiques matérielles minimales pourront être mis à niveau. Vous pouvez vérifier que vous disposez des dernières mises à jour pour Windows 10 dans Paramètres/Windows Update », précise la FAQ de Microsoft.

Cette offre de mise à niveau sans frais « n’a pas de date de fin spécifique pour les systèmes éligibles. Cependant, Microsoft se réserve le droit d’y mettre un terme au bout d’un temps. Cette date de fin ne sera pas avant un an à compter de la disponibilité générale ». Bien entendu, passer à Windows 11 n'a rien d'obligatoire. 

Comme Microsoft l'indique depuis quelques mois, Windows 10 sera pris en charge jusqu’au 14 octobre 2025. D'ailleurs, vous pourrez repasser à cette version si la mise à niveau ne vous convient pas : « vous disposez de 10 jours pour revenir à Windows 10 tout en conservant les fichiers et les données que vous avez transportés. Passé ce délai, vous devrez sauvegarder vos données et effectuer une nouvelle installation ».

Windows 11 sera différent de Windows 10 par son cycle de mise à jour annuel. La question des déploiements en entreprise est évoquée par ici, ainsi que les évolutions en matière de sécurités activées par défaut.

Quelles seront les conditions techniques pour migrer (en 2022) ? Comme nous l'avons vu dans un précédent article, c'est compliqué. C'est d'ailleurs sur ce sujet – qui méritait la plus grande attention de Microsoft – que les ratés se sont concentrés. À commencer par l'outil de test de compatibilité, indigne d'une telle société.

Test de compatibilité : le grand « fail »

En effet, il n'indiquait à sa mise en ligne que deux états : votre PC est compatible ou non avec Windows 11, sans précision des raisons en cas de refus... mais avec une invitation à changer de PC. Un choix d'autant plus incompréhensible que les critères d'exclusion sont nombreux : TPM 2.0 non activé dans le BIOS/UEFI, un processeur absent des (courtes) listes de compatibilité, une carte graphique non-DirectX 12 menant à un refus...

Autant dire que beaucoup ont été déçus depuis hier soir, même ceux ayant une machine récente... notamment des Surface de Microsoft. Depuis, la société a multiplié les ratés. Elle a un temps évoqué des règles plus souples avant de revenir à sa ligne « dure ». L'outil de test de compatibilité a été revu, sans vraiment corriger ce qui lui était reproché, poussant certains à se tourner vers des applications open source et communautaires.

Pour rappel, les processeurs Ryzen de 1ère génération et même certains modèles plus récents d'AMD et Intel sont absents des listes de compatibilité, dont on espère qu'elles seront retravaillées d'ici la publication de la version finale de Windows 11 à l'automne. Une préversion permettra de se faire une idée la semaine prochaine.

Une interface à la macOS repensée

Passons maintenant aux promesses de ce nouvel OS. La page dédiée sur le site de Microsoft fait la part belle aux évolutions graphiques (Fluent design), jusqu'à lors connues sous le nom de code Sun Valley. Elles seront aussi sonores. Windows 11 est au passage doté d'un nouveau fond d'écran aux tons bleus, plutôt plaisant.

Pour le reste et comme nous l'avions découvert dans la build 21996 qui a fuité il y a quelques jours, on retrouve principalement des bords arrondis, des tons plus clairs, une gestion plus fine de la transparence avec de nouveaux thèmes sombres. Microsoft a aussi vanté les micro-interactions et animations de ses boutons, le travail fait sur l'adaptation des polices lorsqu'une fenêtre est redimensionné, etc.

Le menu Démarrer change de nature, il est d'ailleurs intégré à un dock centré comme sur macOS. « Nous l'avons placé au centre, nous vous avons placé au centre », a justifié Panay lors de sa conférence. Son contenu se veut en effet plus personnel, reprenant notamment les documents récemment ouverts sur vos différentes machines.

Cela est rendu possible par l'utilisation du compte Microsoft comme élément de synchronisation. Il est d'ailleurs obligatoire – tout comme une connexion internet – à l'installation de la version Famille de Windows 11. Un choix critiquable, qui pourrait faire réagir les autorités s'il venait à être maintenu. D'autant plus qu'elles ont les grandes plateformes dans leur viseur en ce moment, Microsoft ne faisant pas exception.

Des touches de personnalisation sont toujours proposées, le menu Démarrer pouvant être placé à gauche pour ceux qui le souhaitent. La barre des tâches est par contre fixe désormais, on ne pourra plus la placer ailleurs qu'au bas de l'écran, un choix qui en rendra certains furieux.

  • Windows 11 Menu Démarrer
  • Windows 11 Sombre
  • Windows 11 Login
  • Windows 11 Widgets
  • Windows 11 Chat
  • Windows 11 Intégration Teams
  • Windows 11 Teams
  • Windows 11 Accessibilité

Autre décision qui fera jaser : Teams est désormais intégré à Windows, remplaçant Skype (qui n'est plus installé par défaut). Il est affiché sous forme d'application de conversation, passant d'Electron à WebView2.

On retrouve la zone Actualités et météo introduite récemment, accueillant des widgets et dont certains chercheront sans doute à se débarrasser rapidement (cela se fait d'un clic droit). On aurait apprécié une personnalisation par nos propres flux RSS plutôt que d'imposer les choix de Bing en matière d'actualité, peu qualitatifs en France.

Il faudra sans doute attendre que des développeurs proposent des widgets complémentaires. Nous verrons.

Un Windows qui se veut plus pratique...

Les améliorations graphiques touchent de nombreuses applications, même si ceux attendant des onglets pour l'Explorateur de fichiers seront pour le moment déçus. Ce dernier affiche néanmoins de nouvelles icônes et se veut plus pratique pour une gestion tactile. Un point qui a fait l'objet de nombreuses attentions.

Terminé le mode tablette, Microsoft vante maintenant un Windows 11 qui s'adapte à toute situation : une utilisation au clavier, à la souris, au stylet ou aux écrans tactiles. Chacun doit pouvoir y trouver son compte. On verra ce qu'il en est lors des tests, mais il y a fort à parier que ce travail nécessite encore de nombreuses étapes. 

Bien entendu, Microsoft a travaillé avec ses partenaires à la mise sur le marché de nouveaux PC certifiés « Windows 11 Ready », qui devraient apparaître d'ici quelques semaines chez les revendeurs. Dell a notamment annoncé que ce serait le cas de plusieurs de ses machines. Windows 11 accompagnera aussi l'arrivée d'Alder Lake chez Intel.

L'OS est globalement présenté comme plus rapide, plus sécurisé et plus économe en énergie. Mais sur tous ces points, Microsoft se contente pour le moment de promesses principalement. Peu d'éléments concrets sont donnés. On apprécie néanmoins que les mises à jour via Windows Update soient annoncées comme plus légères (de 30 %).

Windows 11 Appareils

.... vive les Snaps !

Inspirés du travail sur les PowerToys et leurs Fancy zones, les Snaps sont assez enthousiasmants. Ils permettent de choisir rapidement une disposition pour les fenêtres en allant au-delà de la séparation en deux, seule proposée dans Windows 10. Un choix qui plaira aux amateurs d'écrans 21:9 ou 32:9 notamment. 

Des Snap Groups peuvent également être créés pour les lier les uns aux autres, Microsoft ayant vanté pendant sa présentation un Windows sachant conserver les habitudes, notamment lorsque l'on relie un PC portable à un écran externe. Notez qu'une organisation par bureaux virtuels est proposée.

La Chronologie, elle, disparaît. Elle n'a jamais montré son utilité et ne semblait pas passionner les foules.

Windows 11 SnapsWindows 11 Snaps

Microsoft mise gros sur le jeu vidéo

Autre intégration qui va se renforcer : celle de l'écosystème Xbox. Avec la montée en puissance du Game Pass et du service de cloud gaming intégré à l'abonnement, il fallait s'y attendre. Dans un billet de blog dédié, Microsoft évoque l'arrivée de la fonctionnalité Auto HDR pour les jeux DirectX 11/12, déjà proposée sur ses consoles

Autre évolution attendue, DirectStorage. Évoquée par NVIDIA au lancement des GeForce RTX de série 30 à travers RTX IO, cette API permet au GPU d'accéder directement à des données d'un périphérique de stockage, pour les traiter sans passer par le CPU. Dans le domaine des jeux vidéo, elle améliore notamment les temps de chargement en réduisant celui d'accès aux textures et le temps nécessaire à leur décompression. 

Auto HDR

Un dispositif similaire est déjà exploité par les consoles de dernière génération pour rappel, mais sur PC on espère qu'il sera possible d'en profiter pour d'autres besoins, ce qui n'a pas été précisé. Microsoft indique qu'un SSD NVMe est recommandé pour profiter pleinement de cette fonctionnalité, qui sera exclusive à Windows 11. Notez qu'il a un temps été question d'une taille minimale de 1 To, mention retirée depuis par Microsoft, c'était une erreur.

Autre bonne nouvelle pour les développeurs : le Gaming SDK (GDK) est accessible à tous. Auparavant réservé à certains partenaires, il est diffusé via GitHub contrairement au GDKX des Xbox. Il intègre au passage une préversion du Fidelity FX Super Resolution (FSR), tout juste annoncé par AMD et qui arrive sur consoles.

Un nouveau Store, sans frais pour certains développeurs

On ne pouvait pas passer à Windows 11 sans une refonte du Microsoft Store, l'un des gros ratés de Windows 10. Tout va être revu ou presque, et ce n'est pas plus mal. On pourra y diffuser facilement tout type d'application, la navigation et l'organisation étant annoncés comme largement améliorées. L'inverse aurait été étonnant.

On pourra donc y trouver des outils Win32, .NET, UWP, Xamarin, Electron, React Native, Java et bien entendu des Progressive Web Apps (PWA). Une bonne nouvelle pour les développeurs qui ont fait ce choix (c'est notre cas). L'accès à la publication se fait par ici, l'outil open source PWABuilder 3 est pour sa part finalisé, disponible par là.

  • Windows 11 Microsoft Store
  • Windows 11 Microsoft Store
  • Windows 11 Microsoft Store

Plusieurs éditeurs sont partenaires et vont montrer l'exemple : Adobe Creative Cloud, Disney+, TikTok ou encore Zoom. Microsoft fera de même avec ses applications comme Notepad, Paint, Teams ou Visual Studio. Des « Stories » et « Collections » permettront aux éditeurs de présenter leurs produits et nouveautés en détails. 

Une intégration à des pages web sera possible avec une installation « pop-up » sous la forme d'un module de petite taille qui permettra d'avoir les informations essentielles sans avoir à ouvrir le Store dans son ensemble. 

Microsoft veut aussi se montrer comme plus vertueux que les autres géants sur la question du partage des revenus : 85/15 % pour les applications et 88/12 % pour les jeux. À compter du 28 juillet, les développeurs d'applications pourront également utiliser leur propre solution de paiement et garder 100 % des revenus. Une solution qui ne semble pour le moment pas ouverte à ceux proposant des jeux vidéo. L'ouverture a ses limites.

Des applications Android sous Windows 11, grâce à Intel

Comme attendu, il sera possible d'installer des applications Android via le nouveau Store. Pour cela, Microsoft a signé un partenariat avec Amazon, qui donne accès à l'ensemble de son AppStore. Vous n'y trouverez donc pas de nombreuses applications n'existant que sur le Play Store, dont celles de Google.

Windows 11 Microsoft StoreWindows 11 Microsoft Store

Dans son évènement consacré aux développeurs, Microsoft a précisé qu'il utilisait un sous-système Android (WSA), à la manière de son sous-système Linux (WSL) pour lancer ces applications. Celles n'ayant qu'un binaire pour architecture ARM64 passent par le projet Bridge d'Intel, un compilateur maison (runtime) développé à l'époque où la société travaillait à des smartphones Android avec processeurs Atom.

Il profite bien entendu de la même manière aux autres processeurs x86-64, comme ceux d'AMD. Raja Koduri a précisé sur Twitter qu'il s'agissait aussi de la technologie utilisée pour le streaming d'applications Android proposée à travers ses solutions graphiques pour serveur (H3C XG310), notamment utilisées par Tencent.

Projet Reunion devient le Windows App SDK

Le projet Reunion devient officiellement le Windows App SDK, dont on attend toujours la version 1.0 qui devrait être disponible à la même période que Windows 11. Il vise pour rappel à unifier le développement d'applications à travers les différentes briques proposées par Microsoft, plus ou moins modernes. Notamment WinUI 3

La société précise qu'il est possible de créer des applications natives ARM64 faisant appel à du code x86-64 dans le même processus ou module, ce qui facilitera sans doute le travail de certains développeurs migrant leur code pour Windows 10 on ARM. Il a d'ailleurs été peu question de ce projet, comme on le craignait. 

Pourtant, Microsoft devra bien un jour ou l'autre répondre à Apple et ses SoC ARM64 intégrés aux Mac, qui vont se faire de plus en plus performants, tout en étant très économes en énergie. Et cela ne pourra pas passer que par l'évolution des processeurs d'AMD et Intel. L'entreprise paie ici sa dépendance à Qualcomm sur cette initiative.

Elle n'a guère parlé en revanche de Terminal, du travail sur winget, WSLg ou les clés de sécurité, certains éléments n'ayant été qu'aperçus ici ou là au fil des démos. On regrette également de ne pas avoir eu droit à l'annonce d'un nouvel outil de capture d'écran ou de vidéos, ou de sauvegardes...

Mais Windows 11 ne sera pas là avant plusieurs mois, Microsoft a tout le temps pour revenir sur ses grandes évolutions en détails. S'agissant du « Windows pour la décennie qui vient » il aura aussi tout le temps d'évoluer.

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