Un rapport de prospective américain imagine le monde à l'horizon 2040

Retour vers le futur
Tech 18 min
Un rapport de prospective américain imagine le monde à l'horizon 2040
Crédits : Devrimb/iStock

Un rapport de prospective américain imagine le monde à l'horizon 2040. Plusieurs scénarios sont dépeints : « renaissance des démocraties » grâce au technocapitalisme, monde « cyber-barricadé » du fait de l'effondrement de la mondialisation ou, a contrario, émergence d'une nouvelle ONU sino-européenne « greentech ».

Publié tous les quatre ans depuis 1997, le rapport sur les tendances globales du National Intelligence Council (NIC), le think tank de la communauté du renseignement états-unien, évalue les principales tendances et incertitudes qui façonneront l'environnement stratégique du pays au cours des deux prochaines décennies.

Au-delà de son prisme géopolitique nord-américain, la lecture de ses 156 pages est tout autant éclairante, inquiétante, voire effrayante qu'inspirante, au regard des enjeux climatiques et environnementaux, démographiques et de santé, économique et géopolitique, auxquels nous serons confrontés d'ici 2040.

Il s'intéresse en outre et tout particulièrement aux « développements technologiques [qui] vont probablement augmenter de plus en plus rapidement, transformant une gamme d'expériences et de capacités humaines tout en créant de nouvelles tensions et perturbations au sein et entre les sociétés, les industries et les États » : « Les nouvelles technologies apparaîtront et se diffuseront de plus en plus vite, bouleversant les emplois, les industries, les communautés, la nature du pouvoir et ce que signifie être humain. »

Cette accélération technologique est, elle-même, d'ores et déjà génératrice de tensions, tant au niveau international qu'étatique et sociétal. Alors que de plus en plus de gens, notamment en Occident, se méfient des pouvoirs publics et des institutions, le rapport relève lui aussi qu'« au sein des sociétés, il y a une fragmentation et une contestation croissantes sur les questions économiques, culturelles et politiques ».

Une érosion de la démocratie

« Des décennies de gains constants en matière de prospérité et d'autres aspects du développement humain » ont certes amélioré les conditions de vie dans toutes les régions, offrant aux populations un avenir meilleur. Pour autant, et alors que ces tendances se stabilisent et se combinent avec des changements sociaux et technologiques rapides, « de larges segments de la population mondiale se méfient des institutions et des gouvernements qu'ils considèrent comme peu disposés ou incapables de répondre à leurs besoins ».

Le NIC estime même que les relations entre les sociétés et leurs gouvernements dans toutes les régions « risquent de connaître des tensions persistantes en raison d'un décalage croissant entre les besoins et les attentes des populations et ce que les gouvernements peuvent et veulent offrir ».

« Ce fossé qui se creuse laisse présager une plus grande volatilité politique, une érosion de la démocratie et un élargissement des rôles des autres fournisseurs de gouvernance. Avec le temps, cette dynamique pourrait ouvrir la porte à des changements plus importants dans la façon dont les peuples gouvernent », explique le rapport.

Au niveau international, « les puissances rivales vont se bousculer pour façonner les normes, les règles et les institutions mondiales », tandis que les puissances régionales et les acteurs non étatiques pourraient exercer une plus grande influence voire prendre la direction des questions laissées de côté par les grandes puissances.

Cette nouvelle course à la gouvernance serait « susceptible de produire un environnement géopolitique plus enclin aux conflits et plus volatil, de miner le multilatéralisme mondial » et d'aggraver l'inadéquation entre les défis transnationaux et les arrangements institutionnels pour les relever.

Si, à l'horizon 2040, « la technologie offrira le potentiel d'atténuer les problèmes, tels que le changement climatique et les maladies », dans le même temps, « les rivaux étatiques et non étatiques se disputeront le leadership et la domination de la science et de la technologie », avec des risques et des implications potentiellement en cascade pour la sécurité économique, militaire et sociétale.

Les auteurs du rapport estiment ainsi que « les gouvernements auront du mal à suivre le rythme du changement technologique et à mettre en œuvre des politiques qui exploitent les avantages et atténuent les risques et les perturbations ».

Et ce, d'autant plus que les progrès technologiques permettront également aux individus et aux acteurs non étatiques de contester le rôle de l'État de nouvelles manières.

Une myriade de questions éthiques

« Les technologies émergentes soulèvent également une myriade de questions éthiques, sociétales et de sécurité – allant, par exemple, de qui nous sommes en tant qu'êtres humains, à notre impact sur l'environnement, jusqu'aux limites d'une guerre acceptable », relève par ailleurs son chapitre consacré à la technologie, et à notre « monde hyperconnecté ».

Or, « le temps nécessaire pour développer, déployer, mûrir, puis abandonner les technologies passe de décennies en années et parfois plus rapidement ». Et ceux qui tentent de rattraper leur retard, en particulier dans les pays en développement, peuvent être « de plus en plus contraints de choisir des technologies avant que les implications de ces choix ne soient pleinement comprises ».

L'intelligence artificielle « transformera presque toutes les industries et perturbera la main-d'œuvre mondiale », ainsi que les notions de sécurité et de vie privée, du fait de l'accumulation et du recours croissant aux méga-données :

« Les notions actuelles de confidentialité continueront d'évoluer, les individus devant partager davantage d'informations personnelles pour accéder aux applications, et le suivi devenant omniprésent. Les applications d'IA émergentes peuvent également devenir des cibles potentielles pour la manipulation de données afin de fausser leur production.

Les gouvernements autoritaires seront susceptibles d'exploiter davantage de données pour surveiller et même contrôler leurs populations. De plus, de nombreuses entreprises et organisations disposeront également d'outils puissants tels que la manipulation vidéo, ou des "deep fakes", pour améliorer le marketing personnalisé ou faire progresser un récit particulier. »

1 million d'objets connectés par km² grâce à la 5G

Cela entraînera un « changement sociétal accéléré », au point que « la confidentialité et l'anonymat pourront effectivement disparaître par choix ou mandat du gouvernement, car tous les aspects de la vie personnelle et professionnelle seront suivis par des réseaux mondiaux ».

Le rapport rappelle que ce monde hyperconnecté pourra prendre en charge jusqu'à 1 million d'appareils par kilomètre carré grâce à la 5G, contre 60 000 appareils auparavant. La densité et les débits vont certainement encore s’améliorer durant les prochaines décennies, d’autant que la 6G fait déjà parler d’elle.

Les capteurs en réseau deviendront omniprésents : alors que plus de 20 milliards d'appareils étaient opérationnels en 2020, il est prévu que des centaines de milliards et éventuellement des billions d'appareils pourraient être connectés dans le monde grâce aux nouveaux réseaux terrestres combinés à une augmentation des services spatiaux.

Plus connectés, plus contrôlés

Le rapport évoque dès lors de « nouveaux paradigmes de cybersécurité » :

« De nombreux types de crimes, en particulier ceux qui peuvent être surveillés et attribués grâce à la surveillance numérique, deviendront moins courants tandis que de nouveaux crimes, et potentiellement de nouvelles formes de discrimination, pourraient survenir.

Une plus grande connectivité augmentera presque certainement la vulnérabilité des individus, des institutions et des gouvernements connectés, car la présence de centaines de milliards d'appareils connectés augmentera considérablement la surface d'attaque cyber-physique.

En outre, l'application de la cybersécurité basée sur les frontières géographiques est susceptible de devenir moins pertinente dans un Web de plus en plus mondialisé. »

L'avenir saturé de technologies et hyperconnecté offrira en tout état de cause aux dirigeants et aux gouvernements de nouveaux outils de suivi de leurs populations, permettant « une meilleure prestation de services et une meilleure sécurité, mais aussi des moyens de contrôle plus importants » :

« Les gouvernements, en particulier les gouvernements autoritaires, exerceront des capacités de surveillance sans précédent pour faire appliquer les lois et assurer la sécurité tout en suivant et en désanonymisant les citoyens et en ciblant potentiellement des individus. »

« Instaurer un consensus » ?

Si les technologies permettront la résolution rapide de problèmes, comme l'a montré l'effort mondial de développement des vaccins contre la COVID-19, les conditions sont toutefois réunies pour entraîner à la fois une plus grande coopération internationale mais également « de nouveaux types de concurrence et de conflits multiformes qui pourraient définir l'ère à venir » :

« Par exemple, les pays capables d'exploiter les gains de productivité liés à l'intelligence artificielle (IA) verront s'élargir leurs possibilités économiques, ce qui pourrait permettre aux gouvernements de fournir davantage de services, de réduire la dette nationale, de financer une partie des coûts liés au vieillissement de la population et d'aider certains pays émergents à éviter le piège des revenus intermédiaires. »

Pour autant, les avantages de technologies telles que l'IA seront inégalement répartis au sein des États et entre eux et, plus largement, susceptibles de révéler et d'exacerber les inégalités : « Les États les plus efficaces seront probablement ceux qui parviendront à instaurer un consensus et une confiance au sein de la société en vue d'une action collective en matière d'adaptation » et « exploiter l'expertise, les capacités et les relations relatives des acteurs non étatiques pour compléter les capacités de l'État. »

Un monde divisé en (au moins) deux catégories

En outre, les technologies nouvelles et avancées « perturberont la vie et les moyens de subsistance de nombreuses personnes, qui se sentiront insécurisées et devront s'adapter ».

Le rapport prédit dès lors une « aggravation des tensions sociétales entre ceux qui auront l'accès, la capacité et la volonté de s'adapter et ceux qui ne pourront ou ne voudront pas changer » :

« Avec la diffusion et l'adoption rapides des technologies, certains individus, communautés et pays pourraient faire des progrès rapides tandis que d'autres pourraient être laissés pour compte avec peu d'espoir de rattraper leur retard, ce qui exacerbera les inégalités au sein et entre les États.

L'adoption des technologies pourra également dépasser la maturité et la réglementation éthiques, créant une anxiété sociale persistante et potentiellement corrosive et des divisions politiques. Ces tensions pourraient être encore exacerbées par l'utilisation de messages fabriqués ou ciblés par l'IA, tels que les "deep fakes". »

Les intérêts nationaux visant à maintenir le contrôle et l'avantage technologique ainsi qu'à protéger la sécurité nationale pourront au surplus être en contradiction avec les intérêts des entreprises visant à étendre leur part de marché mondial et à augmenter leurs profits.

Et ce, alors que les grandes entreprises technologiques disposeront de plus en plus de ressources, d'une portée et d'une influence qui rivaliseront avec celles de certains États, voire les surpasseront.

Trop d'infos tue l'info

Le chapitre sociétal, sous-titré « désillusions, informés et divisés », estime que « dans les années à venir, les progrès de l'intelligence artificielle (IA), de l'apprentissage automatique, de la 5G et d'autres technologies qui élargiront l'accès à Internet pourraient encore diminuer la confiance du public alors que les gens luttent pour déterminer ce qui est réel et ce qui est une rumeur ou une manipulation » :

« Les plateformes de médias sociaux renforceront les groupes identitaires, ou favoriseront des regroupements nouveaux et imprévus, et accéléreront et amplifieront les tendances naturelles à s'associer avec des personnes qui partagent les mêmes points de vue, engendrant souvent des visions concurrentes de la vérité sur un problème.

Les efforts visant à arbitrer le contenu controversé, comme le signalement ou la suppression de fausses allégations manifestement fausses, seront toutefois peu susceptibles d'être efficaces pour changer les croyances et les valeurs alignées sur les identités étroitement entretenues.

En outre, les populations craignent la surveillance et le contrôle de plus en plus répandus par les gouvernements et craignent les entreprises privées qui cherchent à contrôler ou à tirer profit de leurs informations personnelles. »

Le rapport pointe par ailleurs « la nature opaque de la prise de décision de l'IA [qui] augmente la possibilité de biais non intentionnel, de discrimination, de résultats inattendus ou de fausse direction intentionnelle », mais également le fait que certains y répondront par des « préoccupations éthiques » quand d'autres, a contrario, les exploiteront sans plus de précautions.

Des risques existentiels

Le chapitre « technologie » se conclut par une recension des « risques existentiels » auxquels nous serons confrontés :

« Les menaces susceptibles de porter atteinte à la vie à l'échelle mondiale mettront à l'épreuve notre capacité à imaginer et à comprendre leur portée et leur ampleur potentielles, et elles nécessiteront le développement de stratégies résilientes pour survivre.

La technologie jouera un rôle à la fois dans la génération de ces risques existentiels et dans leur atténuation. Les risques anthropomorphiques comprennent l'IA incontrôlable, les pandémies artificielles, les armes nanotechnologiques ou la guerre nucléaire.

Ces événements à faible probabilité et à fort impact sont difficiles à prévoir et coûteux à préparer, mais l'identification des risques potentiels et le développement de stratégies d'atténuation à l'avance pourront apporter une certaine résilience aux chocs exogènes. »

Des solutions en quête de problèmes

Pour mieux comprendre comment ces questions pourraient évoluer différemment au cours des 20 prochaines années, les auteurs du rapport ont imaginé « cinq histoires plausibles, distinctives et illustratives du futur ».

Trois des scénarios décrivent des futurs dans lesquels les défis internationaux deviennent de plus en plus graves et les interactions largement définies par la rivalité entre les États-Unis et la Chine.

Le premier parie sur une « renaissance des démocraties » et table sur le fait que « les progrès technologiques rapides favorisés par les partenariats public-privé aux États-Unis et dans d'autres sociétés démocratiques transformeront l'économie mondiale, augmenteront les revenus et amélioreront la qualité de vie de millions de personnes dans le monde ».

« En revanche, des années de contrôle et de surveillance sociétaux croissants en Chine et en Russie ont étouffé l'innovation alors que des scientifiques et des entrepreneurs de premier plan ont demandé l'asile aux États-Unis et en Europe », indique le rapport.

Le deuxième, « un monde à la dérive », décrit a contrario « un système international sans direction, chaotique et volatil car les règles et les institutions internationales sont largement ignorées par les grandes puissances telles que la Chine, les acteurs régionaux et les acteurs non étatiques ».

Un monde « sans direction dans lequel les règles de comportement internationales ne sont plus suivies, la coopération mondiale est limitée et la technologie ne parvient pas à apporter des solutions. Les pouvoirs régionaux et les acteurs non étatiques, y compris les entreprises, ont plus d'influence sur des domaines tels que le cyberespace, l'espace et d'autres technologies, mais ils n'ont pas le pouvoir de dominer le système. »

Le troisième, intitulé « coexistence compétitive », imagine que la coopération internationale et l'innovation technologique « rendent les problèmes mondiaux gérables à court terme pour les économies avancées, mais des défis climatiques à plus long terme demeurent » :

« La Chine et les États-Unis ont formé des "communautés de valeurs communes" rivales qui se disputent les marchés et les ressources dans des systèmes nationaux opposés, l'une basée sur la direction de l'État, le contrôle autocratique et les technologies de surveillance publique et l'autre sur l'entreprise privée, la démocratie, la liberté personnelle et des flux d'information ouverts.

Les progrès de la production et du stockage d'énergie renouvelable et des technologies de capture du carbone ont freiné la croissance des émissions, mais pas assez rapidement pour éviter certains impacts catastrophiques; les innovations technologiques et la prospérité économique ont incité les dirigeants à croire qu'ils peuvent retarder les choix difficiles en matière de changement climatique. »

Un monde cyber-barricadé

Deux autres scénarios illustrent un changement plus radical. Le premier, « silos séparés », dépeint un monde où « la mondialisation s'est effondrée », fragmentée en plusieurs blocs économiques et sécuritaires centrés sur les États-Unis, la Chine, l'Union européenne, la Russie et quelques puissances régionales, et axés sur l'autosuffisance, la résilience et la défense :

« Au fur et à mesure que les barrières physiques augmentaient, la dépendance au commerce et aux communications numériques montait en flèche, mais une combinaison de problèmes de gestion de l'information et de violations répétées de la sécurité des données a conduit les États dotés de cyber-contrôles puissants, comme la Chine et l'Iran, à renforcer leurs cyber-barricades.

En 2040, seuls les États-Unis et quelques-uns de leurs plus proches alliés conservaient l'apparence d'un Internet ouvert alors que la plupart des pays du monde opéraient derrière de puissants pare-feu.

Les progrès de l'intelligence artificielle, des technologies énergétiques et de la fabrication additive ont aidé certains États à s'adapter et à rendre les blocs économiquement viables, mais les prix des biens de consommation ont considérablement augmenté. Les États incapables de rejoindre un bloc ont été laissés pour compte et coupés.

Les flux d'informations au sein d'enclaves cyber-souveraines séparées, les chaînes d'approvisionnement sont réorientées et le commerce international est perturbé. Les pays en développement vulnérables sont pris au milieu et certains sont sur le point de devenir des États en faillite. Les problèmes mondiaux, notamment le changement climatique, sont traités de manière ponctuelle, voire pas du tout. »

Un scénario « euro-sino-écolo »

Le second scénario radical, « tragédie et mobilisation », imagine a contrario « un changement révolutionnaire résultant de crises environnementales mondiales dévastatrices » où la hiérarchie géopolitique est remaniée, « créant des partenariats autrefois improbables entre les partis politiques européens progressistes et le Parti communiste chinois » :

« Après que les partis verts ont balayé des élections démocratiques dans plusieurs pays européens entre 2034 et 2036, l'UE a lancé une campagne au sein des Nations Unies (ONU) pour élargir considérablement les programmes d'aide internationale et fixer une nouvelle date cible pour atteindre les objectifs de développement durable de l'ONU d'ici 2050 (...) tandis que la Chine adopte et promeut les nouvelles technologies énergétiques.

En 2040, une coalition mondiale, dirigée par l'Union européenne (UE) et la Chine, travaillant avec des organisations non gouvernementales (ONG) et des institutions multilatérales revitalisées, met en œuvre des changements de grande envergure conçus pour lutter contre le changement climatique, l'épuisement des ressources et la pauvreté suite à une catastrophe alimentaire mondiale causée par les événements climatiques et la dégradation de l'environnement.

Les États et les grandes entreprises ont concentré leurs investissements pour faire progresser les solutions technologiques aux défis alimentaires, climatiques et sanitaires et pour fournir une aide essentielle aux populations les plus durement touchées. Les objectifs de l'entreprise se sont élargis pour englober le service à un plus large éventail de parties prenantes, y compris les clients, les employés, les fournisseurs et les communautés. »

L'Europe, leader des normes

En attendant, et d'ici 5 ans, le Strategic Futures Group du NIC prédit que les défis de longue date (tels que le vieillissement de la population et le retard de l'innovation technologique) limiteront la croissance économique européenne.

Et ce, d'autant que la dette contractée pendant la pandémie pèsera lourdement sur les gouvernements européens, aggravant les défis économiques de longue date et augmentant la pression pour augmenter les impôts et assouplir la politique monétaire :

« Pour l'avenir, l'État – tant au niveau national qu'européen – est susceptible d'augmenter ses dépenses et de jouer un rôle plus important dans l'économie en répondant à la pandémie et à ses retombées économiques, par exemple pour renforcer les infrastructures sanitaires et numériques.

L'UE et plusieurs gouvernements nationaux intensifient les investissements publics pour accroître la recherche et favoriser le développement commercial dans des secteurs tels que l'intelligence artificielle, l'informatique de pointe et la robotique. »

L'Europe « progressera probablement dans ces domaines, mais ne rattrapera probablement pas les États-Unis et la Chine ». L'UE serait à ce titre « susceptible de donner la priorité aux accords numériques, environnementaux et commerciaux » dans les forums mondiaux et multilatéraux.

Ce pourquoi elle cherchera également à « exploiter son vaste marché unique et sa capacité de réglementation pour être leader sur les normes internationales », en s'appuyant sur ses efforts en matière de confidentialité des données, de santé et de sécurité des consommateurs et de politique de concurrence.

NIC Global Trends

L'opportunisme des populistes

Question politique, les partis traditionnels seront « probablement confrontés à une concurrence accrue de la part des partis à thème unique, des nationalistes et des populistes, ainsi qu'à une nouvelle génération de dirigeants moins idéologiques » :

« Une génération montante de dirigeants politiques plus opportunistes et moins attachés à des fondements idéologiques clairs pourrait rendre la politique européenne plus sujette à des changements politiques.

De telles fluctuations pourraient rendre plus difficile pour les dirigeants de rassembler le capital politique nécessaire pour faire adopter des réformes nationales potentiellement douloureuses ou des compromis au niveau de l'UE.

L'insécurité culturelle et le populisme dirigé contre les étrangers peuvent se renforcer dans certaines parties de l'Europe centrale et du sud-est. La politique climatique pourrait devenir une nouvelle pomme de discorde pour les populistes, en particulier si les partis verts arrivent au pouvoir et mettent en œuvre des politiques que les travailleurs des industries traditionnelles considèrent comme préjudiciables à leurs intérêts. »

Côté sécurité, la menace d'attentats terroristes et d'importants flux migratoires vers l'Europe persistera et « certains gouvernements européens, comme la France, continueront probablement à considérer ces problèmes comme des menaces plus graves et immédiates que la menace posée par la Russie ou la Chine » :

« En plus de l'État islamique ou d'autres extrémistes islamiques, de nombreuses villes européennes resteront exposées au risque d'attaques de la part d'acteurs isolés, des terroristes de droite.

En France, une victoire du Rassemblement national à l'élection présidentielle de 2022 pourrait immobiliser la prise de décision de l'UE et mettre à rude épreuve la coopération européenne et transatlantique sur la Russie et d'autres questions. »

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