Data : pourquoi il n’y a pas (encore) de campagne électorale 2.0 en France

Data Yoyo
Droit 2 min
Data : pourquoi il n’y a pas (encore) de campagne électorale 2.0 en France
Crédits : Martinns/iStock

« L’application qui va faire gagner l’élection », « Le logiciel miracle inspiré des États-Unis », « L’algorithme secret qui booste la campagne ». Avant chaque campagne, ce marronnier envahit la presse. Derrière les titres putaclics, les promesses sont rarement tenues. En approche des élections 2022, enquête sur les coulisses du monde de la data électorale.

Le premier à s’être lancé dans la campagne présidentielle de 2022 est Jean-Luc Mélenchon. Comme en 2017, le leader de la France insoumise l’a fait avec un site de campagne appelant les internautes à le parrainer, et surtout de lui donner adresse mail et numéro de téléphone.

Une base de sympathisants qui sera précieuse pour structurer sa campagne et organiser les militants. Près de 200 000 personnes ont déjà signé. Un bon départ, même si à l’issue de la campagne 2017, Jean-Luc Mélenchon avait rassemblé 500 000 signatures.

Emmanuel Macron avait utilisé la même technique : l’adhésion à la République en Marche, gratuite sur simple enregistrement, lui a permis d’avoir une base de 400 000 sympathisants.

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Le formulaire pour soutenir la base de données de Jean-Luc Mélenchon 

Une fois recueillies, les adresses peuvent intégrer des outils de management de campagne. Le plus connu est sans conteste NationBuilder. Cette plateforme permet de gérer un outil de contact, animer un site ou lancer une campagne de dons.

Sur son site, NationBuilder évoque le poids déterminant de son outil pour la victoire d’En Marche aux législatives de 2017 : « Emmanuel Macron et ses candidats avaient à leur disposition - en plus de leur optimisme, et de l’appétit des Français pour le changement - un outil numérique sophistiqué pour organiser leurs efforts de campagnes : la solution ‘Network’ de NationBuilder »

Ce storytelling, repris par certains articles de presse, est assez éloigné de la réalité. Pour un responsable de campagne, « NationBuilder est une bonne plateforme pour une petite campagne. Mais ce n’est pas révolutionnaire : il s’agit d’adaptation d’outils connus dans le monde de l’entreprise depuis longtemps. »

Utilisé par de nombreux candidats en 2017, NationBuilder était depuis en recul en raison des incertitudes liées au RGPD. La société américaine se repositionne cependant sur le marché européen. Elle héberge ainsi, aux États-Unis, les sites du Parti socialiste ou du Parti communiste français. Si le cœur du communisme français est hébergé chez l’Oncle Sam...

Les mentions légales du PCF
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Il n’y a pas que les données des sympathisants qui intéressent les politiques. Les datas sont précieuses pour l’analyse électorale et comprendre l’opinion. En croisant les résultats des précédentes élections, les données Insee et les listes électorales (accessibles à tous les candidats), plusieurs solutions promettent, via un algorithme, d’analyser les dynamiques et d’indiquer les secteurs prioritaires à cibler.

Quand les candidats à la présidentielle en appellent aux data-brokers

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