Maxime Lombardini (Free) attaque violemment Bouygues Télécom

Un petit costard bien taillé

Violemment attaqué depuis le début de l'année par ses trois concurrents, Free a profité de la publication de ses derniers résultats financiers pour remettre certains points sur les « i ». Maxime Lombardini, le directeur général du groupe Iliad, a particulièrement insisté sur Bouygues Télécom lors d'une récente interview sur BFM lors de l'émission Good Morning Business.

 

Maxime Lombardini (Free) à gauche. Martin Bouygues, à droite.

Je t'aime, moi non plus

Si SFR et Orange n'ont pas toujours été très tendres ces dernières années, Bouygues, via son patron Martin Bouygues, est de très loin l'opérateur le plus agressif envers Free. Outre l'épisode des Romanichels, qui n'est de toute façon qu'une rumeur et qui ciblait à la base plutôt les MVNO, on se rappellera que les hostilités ont commencé dès l'année 2008, alors que Free Mobile n'était encore qu'un rêve pour Iliad. Morceaux choisis : 

 

« Quand je compare la rentabilité des uns et des autres, je constate que Free est bien plus profitable que Bouygues Telecom. Si l'on veut plus de concurrence et faire baisser les prix pour le consommateur, Free serait donc déjà bien inspiré de réduire un peu ses marges sur l'ADSL avant de penser à venir sur le mobile. »


« Si le gouvernement autorise un nouvel entrant à venir faire de l'ultra-« low cost » dans le mobile, il prend une lourde responsabilité. À terme, une guerre des prix peut provoquer de 10 000 à 30 000 pertes d'emplois chez les opérateurs. Ce sont des choix lourds de conséquences, surtout s'il s'agit de favoriser quelqu'un qui n'investit pas ! »

 
Quand Bouygues menace à demi-mot de quitter définitivement le marché en cas d'arrivée de Free Mobile : « Si les conditions d'exécution du marché font que le marché n'est plus viable, on verra. Pour l'instant, on n'est pas du tout dans ces circonstances-là. »

 

Plus récemment, en juillet dernier, Martin Bouygues a envoyé une lettre aux parlementaires français afin de leur ouvrir les yeux sur les dangers de Free Mobile. Le milliardaire expliquait ainsi que le secteur mobile était auparavant un marché « en croissance, très innovant et créateur d’emplois ». Et maintenant ? Ce secteur « est pris dans une spirale autodestructrice. Ses entreprises sont profondément déstabilisées et affaiblies, tant au niveau de leur rentabilité que de leur valeur. »

Lombardini taille un costard à Bouygues Télécom

Assez silencieux durant l'été, Free n'a cependant pas réussi à tenir bien longtemps sa langue. Maxime Lombardini a notamment tiré à boulets rouges sur Bouygues Télécom au micro de BFM. « Le meilleur, c'est la critique de Bouygues. Qui nous dit en gros Free n’investit pas dans le mobile, dans le fixe. Que fait Bouygues ? Ils n’ont pas mis un euro dans la fibre optique. Nous, on a mis 700 millions. Ils font quoi ? Ils s’installent sur le réseau de Numéricâble. Dans l’ADSL on a dégroupé 4500 répartiteurs. C’est des investissements, on a investi dans l’ADSL 3 milliards sur les dix dernières années. Bouygues il fait quoi ? Il va s’installer sur le réseau de SFR. Ils ont fait 600 répartiteurs et puis après ils utilisent celui de SFR. »


L'actuel directeur général d'Iliad ne s'arrête cependant pas là. Visiblement plus que courroucé par Bouygues, Lombardini rajoute ceci : « C’est un groupe que je connais bien, j’y ai travaillé quinze ans, il y a toujours deux discours : « Je suis ultralibéral quand ça m’arrange, et je suis quasi marxiste quand ça m’arrange, parce qu’il y a un concurrent. »

Avant d'arriver chez Iliad il y a cinq ans en 2007, Maxime Lombardini a effectivement travaillé durant une bonne dizaine d'années pour les filiales du groupe Bouygues et particulièrement TF1. Il a notamment loué ses services chez TPS dès le lancement du service satellitaire en 1996, avant d'être employé chez TF1 et TF1 Production. La maison Bouygues est donc tout sauf étrangère pour lui.

Leur rentabilité « reste très élevée »

Enfin, afin de porter l'estocade, Lombardini a de nouveau taclé Bouygues en abordant le sujet de la rentabilité. « Tout ça est très solide. (...) La rentabilité des concurrents diminue : elle reste très élevée. Y compris celle de Bouygues. Bouygues dégage des free cash flows positifs, y compris sur le premier semestre. Leur résultat demeure considérable. Comparez les résultats des trois opérateurs mobiles au reste de l'industrie française. Après Free Mobile, après l'arrivée de la concurrence, après la baisse de prix. Ça reste des vaches à lait colossales. Alors moins qu'avant... »

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