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À Cannes, des caméras pour détecter le port du masque

Et bientôt mesurer la distanciation sociale
Droit 7 min
À Cannes, des caméras pour détecter le port du masque
Crédits : WDnet/iStock

Datakalab, « une start-up dans la Brain Tech qui a pour ambition de transformer le monde du marketing avec la prise en compte des émotions », a développé une technologie de détection des masques dans l’espace public. La ville de Cannes l’a déjà adoptée. L'entreprise va bientôt enrichir ses caméras pour mesurer cette fois la distanciation sociale.

Des caméras éparpillées dans des lieux publics pour détecter l’usage ou non de masques. Voilà le projet en place depuis le 26 avril sur trois marchés de la ville de Cannes (Forville, Gambetta, La Bocca). Et d’ici mercredi, c’est même dans les bus locaux (Palmbus) que cette technologie sera embarquée.

La solution est couplée à un système d’alerte. « Un SMS ou un email est envoyé aux employés municipaux chargés de la sécurité du lieu pour les informer de l’évolution du port de masque tout au long de la journée ». Une fois ces informations en main, « les équipes peuvent aller au-devant des Cannois pour une action pédagogique, bienveillante et citoyenne, les incitant au port du masque ou, le cas échéant, en distribuant des masques à celles et ceux qui n’en ont pas »

Cannes fait partie des communes ayant justement distribué des masques à la population. L’enjeu maintenant est d’évaluer les pratiques des citoyens à une quinzaine de jours de la sortie attendue du confinement.

La société assure respecter le RGPD sur le bout des ongles. Les données sont anonymisées, « les images sont traitées en local en 100 ms et on ne stocke aucune image » indique Xavier Fischer, directeur de Datakalab dans un communiqué

Next INpact a contacté le numéro un de l’entreprise, pour l’interroger déjà sur le cadre réglementaire de ces dispositifs. « À chaque fois que nous faisons un déploiement, nous réalisons une analyse d’impact » nous indique Xavier Fischer, CEO de la startup de 14 personnes. « Nous travaillons avec le cabinet de Gaulle Fleurance & Associés depuis le démarrage ». Cabinet qui a pu échanger avec la CNIL sur ce système. « Il a posé toutes les questions qui étaient importantes à l’autorité ». 

« Le flux n’est jamais stocké. Tout est fait en RAM  »

Chez Emotient, société spécialisée dans l'intelligence artificielle et l'analyse des expressions faciales rachetée par Apple en 2016, Xavier Fisher travaillait notamment sur les réseaux de neurones convolutionnels pour analyser des vidéos. Depuis, il a fondé cette startup avec son frère Lucas Fisher et Franck Tapiro, publicitaire français qui avait notamment travaillé avec Nicolas Sarkozy. 

Comment fonctionne ce produit ? « On installe des petites caméras. Derrière, des CPU traitent en 100ms le flux vidéo pour le transformer en données. Le flux n’est jamais stocké. Tout est fait en RAM et on ne conserve que des bases de données agrégées, typiquement des données de comptage et de pourcentage de port du masque ».

Ces données sont ensuite envoyées « uniquement lorsqu’on a plus de 10 personnes qui sont passées. Pourquoi ? Car si vous sortez de chez vous à 10h42 et 12 secondes tous les matins et qu’on a une caméra juste en face, le danger est qu’on pourrait dire qu’à 10h42 et 12 secondes, c’est la même personne, c’est vous. Et cela deviendrait une donnée personnelle ».

Selon le site officiel, « si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire "non" de la tête lorsqu'elle se trouve face à une caméra ». L’idée est ici de respecter le droit d’opposition (voir la capture du site 20minutes). « On veut respecter le RGPD point par point. On parle de droit d’opposition, mais encore une fois, nous ne stockons aucune donnée personnelle » ajoute Xavier Fisher. 

caméra cannes
Crédits : Datakalab

RGPD et intérêt légitime

Le traitement repose non sur le consentement des personnes passant devant le spectre de la caméra, mais sur l’intérêt légitime, autre porte d’entrée pour légaliser ces opérations. « Et si vous m’appelez demain pour me dire : "je suis passé devant une de vos caméras à Cannes, supprimez les données qui me concernent", je ne pourrais pas parce que je ne sais pas qui vous êtes ».

Outre ces garde-fous, « tout est sécurisé, encrypté, etc. de façon à ce qu’on ne puisse pas prendre la main sur notre système. Même nous, on n’a pas accès aux caméras. Le seul moment où on peut voir l’image, c’est lors de l’installation du dispositif. On reçoit une image sur notre serveur pour valider que la personne l’a bien mise en place. Et avant même d’envoyer ce screenshot sur le serveur, on floute les visages ».

La ville de Cannes n’est pas la première. Selon le site officiel, d’autres acteurs ont adopté cette solution comme ExterionMedia pour la « détection des masques via les panneaux d'affichage digitaux OOH présents dans 100 vitrines de magasins parisiens ». L’algorithme a ainsi déjà été implanté derrière ces panneaux.

Des cameras bientôt capables de mesurer la distanciation sociale

De l’aveu même du CEO, la société travaille à d’autres solutions, en particulier la distanciation sociale. Une solution va même être déployée dès la fin de semaine. L’idée ? « Typiquement, dans les bus, on pourra voir à quelle heure de la journée une distance moyenne a été plus ou moins élevée pour augmenter ou diminuer le nombre de bus en fonction de la fréquentation. C’est bien de dire qu’il faut un mètre entre tout le monde, mais si 1 000 personnes doivent prendre ce moyen de transport pour aller au travail, et qu’il n’y a pas assez de ligne, comment faire ? »

« Dans les transports, nous avons beaucoup de sollicitations » admet Xavier Fisher. D’autres villes que Cannes ont aussi marqué leur intérêt. « Nous ne pouvons pas trop en parler pour l’instant, c’est sous NDA [accord de non-divulgation, ndlr] ». Datakalab est prête à déployer sa solution même auprès des acteurs qui ne disposent pas des ressources suffisantes. « On a des discussions avec des hôpitaux et n’avons aucun problème à fournir des algorithmes gratuitement dans le cas où il n’y pas de budget ».

La société pense que sa solution pourra aider à gérer la deuxième vague, celle attendue après le déconfinement, toujours dans l’optique de gérer la distribution de masques.

La finalité ? Une analyse statistique, pas de « flicage »

La finalité du traitement est avant tout statistique, mais le numéro un de la startup reconnaît que des acteurs voudraient coupler à ces solutions de détection des mesures plus draconiennes (comme des interdictions d’accès). « Il y en a qui veulent, mais nous, on ne fera pas cela. Il y a le RGPD et nous, ce qu’on veut faire éthiquement. On sera toujours dans la statistique (…) notre but n’est pas de faire du flicage ».

Les données envoyées à la ville de Cannes « sont des batchs de datas sur au moins 15 minutes ou une heure. On veut contrôler que l’usage n’est pas du flicage » insiste le chef de la jeune entreprise. « On interdit clairement ce genre de pratiques dans les conditions générales de vente ».

Sur un terrain éthique, « bien entendu cela fait peur à tout le monde, car personne n’a pris le temps d’évangéliser le sujet. Ce n’est pas la techno qui est dangereuse, mais l’homme derrière la machine et la façon dont il l’utilise » assure le CEO. « On essaye de beaucoup parler aux médias, sinon ce n’est pas contrôlé et on dit que notre technologie est Big Brother ».

« Il n’y a pas de reconnaissance faciale. On fait simplement du comptage. C’est éphémère. On n'a de base de données sur personne. Pour vous donner un exemple, si vous passez deux fois devant notre caméra, vous allez être compté deux fois ».

« Il ne faut pas avoir peur » 

Comme l’avait relevé la CNIL lors de l’examen des micros placés dans les espaces publics de la ville de Saint-Étienne, des systèmes de surveillance peuvent avoir des effets sur les comportements psychosociaux, à savoir qu’un individu ne déambulera pas de la même façon s’il se sait sous un œil ou une oreille électronique.

« Il ne faut pas avoir peur », insiste encore Xavier Fisher qui se revendique des valeurs du RGPD. « C’est comme un détecteur de mouvement ou un outil de comptage par clics à l’entrée d’une salle de concert. Pour donner un parallèle, tous les jours on a des chiffres sur les naissances en France avec le pourcentage de filles et de garçons. Ce n’est pas pour autant qu’on a accès au numéro de sécurité sociale des parents. Nous, on fait des statistiques, des pourcentages ».

51 commentaires
Avatar de stratic Abonné
Avatar de straticstratic- 28/04/20 à 16:22:16

Le système d'opt out en faisant non de la tête est tout de même un peu curieux. Soit le système:

  • ne garde vraiment rien en mémoire: alors, à Cannes, pour refuser il faut hocher la tête toute la journée.
  • conserve le cliché pour mémoriser le refus: alors, ce n'est plus conforme au RGPD, mais uniquement dans le cas d'un refus.
Avatar de Paul Muad'Dib Abonné
Avatar de Paul Muad'DibPaul Muad'Dib- 28/04/20 à 16:24:06

Bien sûr contrairement aux tentatives de mise en place de la reconnaissance faciale à l'entrée de lycées et de mise en place de micros dans l'espace publique, ça, ça va passer crème puisqu'on est en état d'urgence sanitaire.

C'est fantastique toutes ces innovations techniques qui sous couvert d'être promues pour notre bien/santé/sécurité/[insérez-ce-que-vous-voulez-justifier], ont avant tout pour finalité de surveiller et de contrôller les faits en gestes de la populace.

Avatar de Arcy Abonné
Avatar de ArcyArcy- 28/04/20 à 16:29:21

« Un SMS ou un email est envoyé aux employés municipaux chargés de la sécurité du lieu pour les informer de l’évolution du port de masque tout au long de la journée ». Une fois ces informations en main, « les équipes peuvent aller au-devant des Cannois pour une action pédagogique, bienveillante et citoyenne, les incitant au port du masque ou, le cas échéant, en distribuant des masques à celles et ceux qui n’en ont pas »
Au bout de la seconde "action pédagogique, bienveillante et citoyenne" sur la même personne, une pénalité pour infraction au code de moralité sociale ?

Selon le site officiel, « si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire "non" de la tête lorsqu'elle se trouve face à une caméra ».
Ca, c'est un pont en or pour l'actu de Flock. :transpi:

N'empêche, j'imagine bien des "non" dans la rue, juste pour être sûr qu'au moins une caméra ait repéré le refus du traitement ...

« On a des discussions avec des hôpitaux et n’avons aucun problème à fournir des algorithmes gratuitement dans le cas où il n’y pas de budget ».
En gros, il ont trouvé des cobayes un labo un terrain d'exploitation et ils proposent de le faire gratos pour que ceux d'en face accepte. Et une fois que le produit aura bien été amélioré, apparition d'une licence.

Quoi, Google et Facebook ? Pas pareil, là c'est français !

La finalité du traitement est avant tout statistique, mais le numéro un de la startup reconnaît que des acteurs voudraient coupler à ces solutions de détection des mesures plus draconiennes (comme des interdictions d’accès). « Il y en a qui veulent, mais nous, on ne fera pas cela. Il y a le RGPD et nous, ce qu’on veut faire éthiquement. On sera toujours dans la statistique (…) notre but n’est pas de faire du flicage ».
Alors certes, j'avoue que c'est rassurant comme discours mais :

  • soit c'est du marketing et au final, ça va arriver.
  • soit le CEO est réellement sincère et, face au profit qui va vers d'autres acteurs, on note la disparition de l'éthique (et potentiellement celle du CEO pour une personne plus proche de "l'intérêt" de l'entreprise).

« C’est comme un détecteur de mouvement ou un outil de comptage par clics à l’entrée d’une salle de concert. [...] »
Sauf que pour ces deux éléments, c'est pas une caméra qui le fait. Et pour le traitement d'image en local, je reste dubitatif.

Édité par Arcy le 28/04/2020 à 16:30
Avatar de Citan666 Abonné
Avatar de Citan666Citan666- 28/04/20 à 16:29:24

Bah, autant le principe même de la reconnaissance me hérisse toujours le poil, autant là sauf à supposer des mensonges (pas envie de verser dans le complotisme gratuit) le système présenté me paraît être un excellent exemple d'implémentation intelligente, respectueuse et raisonnable. 

On pourrait pas mettre juste eux sur l'application StopCovid ? On aurait une bien meilleure chance d'avoir une application fonctionnelle et encadrée...

Avatar de Ami-Kuns INpactien
Avatar de Ami-KunsAmi-Kuns- 28/04/20 à 16:29:41
Avatar de Soriatane Abonné
Avatar de SoriataneSoriatane- 28/04/20 à 16:30:01

Au moins, l'entreprise a un peu travailler ses questions: au niveau du discours cela semble tenir.

Reste à voir si la parole et la technique sont identiques.

Édité par Soriatane le 28/04/2020 à 16:31
Avatar de Sevodric Abonné
Avatar de SevodricSevodric- 28/04/20 à 16:56:28

« si une personne ne souhaite pas participer à notre analyse, elle peut faire "non" de la tête lorsqu'elle se trouve face à une caméra »

Un peu comme les cookies qu'on doit désactiver tout le temps ? C'est un non-choix par défaut. Comment ça peut être valable comme façon de signaler un refus. Sans compter les potentielles erreurs de détection.

> « les images sont traitées en local en 100 ms et on ne stocke aucune image »

Dois-je conclure qu'il faut détecter la caméra et secouer la tête en moins de 100 ms pour de ne pas participer ?

L'absence de stockage est honorable et le tout à l'air bien renseigné et organisé mais cette histoire de faire "non" de la tête est ridicule.

Édité par Sevodric le 28/04/2020 à 17:01
Avatar de Nicky5 Abonné
Avatar de Nicky5Nicky5- 28/04/20 à 17:20:39

Il ne faudrait pas passer à coté de quelque chose ...

Ok, ils sont clean, on a comprit, mais demain quand tout le monde aura pris l'habitude de ces trucs, qu'est ce qui empêchera la nouvelle direction (où la même qui aura bien évidement menti) de mettre à jour toutes leurs petites bestioles pour faire de l'espionnage/flicage de masse ?

C'est très simple d'upgrader ce genre de systèmes connectés aujourd'hui.

J'ai un client qui dispose de pas mal de matos dans son entrepôt et quand il faut mettre à jour (nouvelles fonctions hein ^^) ben cela ne prend que quelques minutes (tout du moins pour le matos pas en cours d'utilisation).

Avatar de XXC Abonné
Avatar de XXCXXC- 28/04/20 à 17:30:23

C'est le double effet kisscool.
Tu porte un masque, on t'envoie la maréchaussée pour te coller une amende pour dissimulation du visage.
Tu ne porte pas de masque, on t'envoie la maréchaussée pour te coller une amende pour incivisme sanitaire.

->[]

Avatar de ndjpoye Abonné
Avatar de ndjpoyendjpoye- 28/04/20 à 17:36:06

stratic a écrit :

Le système d'opt out en faisant non de la tête est tout de même un peu curieux. Soit le système:

ne garde vraiment rien en mémoire: alors, à Cannes, pour refuser il faut hocher la tête toute la journée. 

Les jeunes kinés vont pouvoir s'installer sur Cannes, y a un gros marché en vue :8

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