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Pour les 80 ans du CNRS, une croisière sur le « navire amiral de la recherche française »

Ce n'est pas un long fleuve tranquille
Tech 12 min
Pour les 80 ans du CNRS, une croisière sur le « navire amiral de la recherche française »
Crédits : CNRS

Les 80 ans du Centre National de la Recherche Scientifique sont l'occasion d'une rétrospective de l'organisme public. S'il a connu un début chaotique à cause de la Seconde Guerre mondiale, il a ensuite alterné entre périodes fastes et vaches maigres. Il a également connu plusieurs crises à sa tête, dont la dernière remonte à l'année dernière.

Le CNRS fêtera demain son 80e anniversaire : « Créé le 19 octobre 1939 par un décret du président de la République Albert Lebrun, le Centre National de la Recherche Scientifique voit le jour dans un monde qui vient de basculer dans l’abîme ». La France était entrée dans la Seconde Guerre mondiale depuis un peu plus d'un mois.

Sa mission est alors « d’organiser la mobilisation scientifique à travers notre pays ». Si certains y voient la création d'un nouveau régiment de guerre, le CNRS affirme que ce n'était pas le cas : « si les circonstances ont pesé sur sa création, le CNRS n’est pas né ex nihilo. Il prend la suite d’un long cortège de réflexions et de réformes sur l’organisation de la recherche, qui remonte au moins à la conception de l’Académie des sciences en 1666 ».

Avant « le » CNRS, il y avait « la » CNRS

Sans remonter aussi loin, attardons-nous deux minutes sur l'année 1926. Jean Perrin reçoit le prix Nobel de physique pour ses travaux « sur la discontinuité de la matière ». Durant la même période, il obtient du gouvernement Herriot la mise en place en 1930 d’une Caisse nationale des sciences. Destiné à financer la retraite scientifique, Jean Perrin demande d'y ajouter des bourses pour de jeunes chercheurs méritants. 

« Où trouver l’argent nécessaire ? En amputant les crédits de construction de la ligne Maginot de quelques millions », explique le CNRS. En 1933, Jean Perrin au gouvernement d'Édouard Daladier (alors Président du Conseil) souhaite un Conseil supérieur de la recherche. En 1935, la Caisse nationale des sciences devient une Caisse nationale de la recherche scientifique. « La » CNRS était née. 

En 1936, Léon Blum nomme Jean Zay à l'Éducation nationale et inaugure un sous-secrétariat d'État à la recherche. Irène Joliot-Curie est désignée pour prendre sa tête, mais elle renonce à ses fonctions et est remplacée par Jean Perrin. Plein d'énergie, il enchaîne les projets. « Un Service central de la recherche est créé au ministère, de nouveaux laboratoires sortent de terre et, déjà, l’idée d’une grande institution nationale est évoquée ».

« C'est une époque où se met en place tout un dispositif de soutien et de coordination de la recherche scientifique en France, un dispositif qui n'existait pas du tout avant ça », explique Denis Guthleben, historien au CNRS. Mais la chute du Front populaire (et du gouvernement Blum) combinée avec les tensions internationales retarde la naissance du CNRS tel qu'on le connaît aujourd'hui. Il se présente comme un « enfant – posthume – du Front populaire, ne voit le jour qu’en 1939 ». 

CNRS
Crédits : CNRS

Henri Laugier prend la tête du CNRS... durant sept mois

Henri Laugier (médecin, professeur et grand admirateur de la science) est le premier directeur du CNRS. Une expérience de courte durée puisqu'au bout de sept mois il rejoint Londres. À cette époque, le CNRS regroupe « près d’une quarantaine de laboratoires et un millier de chercheurs, ingénieurs et techniciens, surtout regroupés en région parisienne ».

Il n'aura de cesse de grandir au fil des années. Le 8 août 1940, par un arrêté pris à Vichy, Charles Jacob est nommé « administrateur du Centre National de la Recherche Scientifique » avec l'autorité de directeur en plus. Il occupera le poste jusqu'en 1944. Il le partagera alors avec Henri Laugier en 1943 et 1944 lorsque ce dernier était à Alger.

Après la Libération, les directeurs du CNRS vont être des « personnalités soucieuses de rompre avec les pratiques autoritaires de la période vichyste », explique le Centre national pour la recherche scientifique. Frédéric Joliot-Curie (le mari d'Irène Joliot-Curie) prend les rênes d'août 1944 à février 1946, puis il est remplacé par Georges Tessier jusqu'en 1950. 

Ce fut une période faste pour les organismes de recherche avec la naissance du CEA en 1945, centré sur la recherche sur l'énergie nucléaire. C'est également en 1946 que le campus de Gif-sur-Yvette est fondé, une ville où se trouve encore aujourd'hui la délégation ÎIe-de-France Sud du CNRS. 

Création de la médaille d'or en 1954

Gaston Dupouy crée la médaille d'or du CNRS, dont le mathématicien Émile Borel est le premier lauréat. Les médailles d'argent et de bronze sont arrivées bien plus tard, en 2000. Elles récompensent tous les types de scientifiques (mathématiciens, physiciens, astrophysiciens, ethnologues, généticiens, chimistes, philosophes, etc.).

Gaston Dupouy est remplacé en 1957 par Jean Coulomb, qui restera cinq ans à la tête du CNRS. Il a ensuite connu un parcours des plus fleurissant : président du CNES de 1962 à 1967 (il succède à Pierre Auger, son premier président), puis au fil du temps président du Bureau des longitudes, de l'Union géodésique et géophysique internationale, du Conseil international des unions scientifiques et enfin de l'Académie des sciences ; excusez du peu.

Les années 60,  « une période faste pour la recherche française »

À la fin des années 50, le retour du général de Gaulle au pouvoir « marque le début d’une période faste pour la recherche française ». Le budget du CNRS connaît ainsi « une progression annuelle moyenne de 25 % jusqu’en 1969 ». De 6 000 agents en 1959, le Centre passe à près de 17 000 à la fin des années 60.

D'autres domaines scientifiques profitent de cet élan en faveur de la recherche. L'INSERM voit le jour en 1964, puis IRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique) en 1967, qui deviendra en 1979 INRIA (avec un « n » pour national), dans le cadre du plan Calcul.

En 1962 (et jusqu'en 1969), Pierre Jacquinot prend la tête du CNRS. Il met en place une réforme en 1966 pour introduire le concept de « laboratoire associé ». Elle « a lancé un mouvement qui ne s’est jamais démenti depuis : aujourd’hui, près de 95 % des laboratoires du Centre reposent sur le principe de cette association avec l’Université ou d’autres organismes de recherche », affirme le CNRS. 

Hubert Curien prend la relève et, comme Jean Coulomb, il passera ensuite à la tête du CNES qu'il occupera entre 1976 et 1984. Il était également le premier président du Conseil de l'ESA entre 1979 et 1984. Il est d'ailleurs présenté comme l'un des grands artisans de l'Europe spatiale par l'Agence spatiale européenne

Démission de Jacques Ducuing en 1981, loi d’orientation en 1982

Bernard Gregory prend la relève, mais ne reste pas longtemps, car il est nommé Délégué général à la recherche scientifique et technique (DGRST), puis président du Conseil du CERN.

Jacques Ducuing lui succède en 1979 et... démissionne en 1981. Motif : un conflit entre le directeur du CNRS et son ministre de tutelle, M. Chevènement, qui avait décidé de « changer le directeur scientifique en charge des sciences sociales, M. Christian Morrisson », expliquait Le Monde. Jean-Jacques Payan prend alors la direction, mais jusqu'en 1982 seulement. 

Après un départ chaotique dans les années 80, le Centre national pour la recherche scientifique « reçoit une nouvelle impulsion au début des années 1980, après l’élection de François Mitterrand ». On parle alors du CNRS comme du « navire amiral de la recherche française ».

Cette impulsion est notamment poussée par le vote du 15 juillet 1982 d’une loi d’orientation et de programmation inscrivant la recherche scientifique et le développement technologique parmi les priorités nationales de la France.

Quatre objectifs étaient alors mis en avant : 

  • les recherches fondamentales dont le développement sera garanti ;
  • les recherches appliquées et les recherches finalisées entreprises ou soutenues par les ministères et les organismes publics de recherche en vue de répondre aux besoins culturels, sociaux et économiques ;
  • les programmes de développement technologique qui seront poursuivis ;
  • des programmes mobilisateurs pluriannuels qui font appel à ces différentes catégories d'action. Ces programmes mobilisent autour des grands objectifs d'intérêt national retenus par le Gouvernement tant des crédits budgétaires que d'autres moyens apportés par les organismes publics de recherche, les laboratoires universitaires, les entreprises nationales, les centres de recherche et les entreprises privées.

C'est également une période de changement pour les employés : « en vertu de la loi de 1982 et de décrets d’application parus en 1984, [les] personnels deviennent titulaires de la fonction publique ». Au début des années 90, 26 000 agents sont présents (chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs). 

Catherine Bréchignac est la première femme à prendre la tête du CNRS

Pierre Papon, Serge Feneuille, François Kourilsky (on lui doit les délégations régionales à Bruxelles et Tokyo et le comité d'éthique) et Guy Aubert occupent à tour de rôle le rôle de directeur. Il faudra attendre 1997 (et donc près de 60 ans) pour qu'une femme prenne la tête du CNRS : Catherine Bréchignac.

Elle aura fort à faire puisque, comme l'expliquait alors Libération, le CNRS traversait « une période de vaches maigres : faible recrutement de jeunes, budget stagnant. Surtout frappé une impression de flou dans la stratégie ». Elle était présentée comme une femme « très autoritaire [qui] a tout à fait les qualités d'un chef. De la suite dans les idées et sait trancher. Elle n'a peur de rien ».

Démission et limogeage à la tête du CNRS début 2006

Une autre femme lui a succédé : Geneviève Berger. En 2003, c'est ensuite au tour de Bernard Larrouturou de prendre les rênes, après avoir été directeur général d'INRIA pendant sept ans. Le CNRS va alors connaître une période trouble qui se solde par la démission du président du Conseil national pour la recherche scientifique (Bernard Meunier) et le limogeage de son directeur général (Bernard Larrouturou) quelques jours plus tard par le ministre de la Recherche. 

Le cœur du problème résidait dans le projet de réforme du CNRS. Comme le rappelait Le Monde, l'établissement public avait vivement été critiqué par la Cour des comptes en 2002 qui parlait de « vieillissement de l'organisation », de « défaut de pilotage stratégique » et « d'incertitudes de la politique scientifique ».

François Goulard (ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche) affirme avoir tenté de faire travailler ensemble Bernard Larrouturou et Bernard Meunier, sans succès. « Refusant de désavouer l'un plutôt que l'autre, il a choisi de remplacer l'un et l'autre », expliquait-il à nos confrères.

Alain Fuchs est le premier président directeur général du CNRS en 2010

Catherine Bréchignac (qui avait été directrice générale du CNRS) devient présidente du Conseil national pour la recherche scientifique et nomme elle-même son directeur général, Arnold Migs, mais c'est bien elle qui dispose des pleins pouvoirs pour éviter un nouveau problème au niveau de la direction.

L'organisation du CNRS changera ensuite en 2010 avec l'arrivée d'Alain Fuchs comme le premier président directeur général. Une seule et même personne pour les deux postes. Il a dû mettre en place la réforme du CNRS « Horizon 2020 », adoptée par son Conseil d'administration du plan stratégique en 2008.

Elle « vise à clarifier l'organisation interne du CNRS et à renforcer les coopérations dans des domaines de recherche partagés avec les universités et les autres organismes de recherche nationaux ». Alain Fuchs a été reconduit pour un second mandat en 2014. Il est donc resté président directeur général du CNRS pendant sept ans.

« Les années 2010-2017 ont été continuellement difficiles »

Lors de son départ, il a publié une cinglante lettre d'adieu avec un état des lieux de la recherche en France : «  je commence par le plus dur, les années 2010-2017 ont été continuellement difficiles sur le plan de la recherche au niveau budgétaire et il a fallu mettre en place des modalités de gestion très strictes afin de contenir l’augmentation régulière de notre masse salariale. Le niveau d’emploi global du CNRS a donc baissé au cours de ces années et j’ai choisi de faire porter l’effort sur le volant de CDD recrutés sur la subvention de l’État, ce qui a permis un niveau de recrutement convenable de jeunes chercheurs et d’ingénieurs techniciens. C’était ma priorité absolue ».

« Le niveau d’emploi global a baissé au CNRS de quelque 10 % en 10 ans et c’est la chute vertigineuse du budget de l’ANR, doublée d’une politique d’appels à projets contestable, qu’il faut d’abord attribuer les difficultés budgétaires des laboratoires. On ne peut pas s’arrêter de recruter, ne serait-ce qu’une seule année au risque d’envoyer un signal désastreux aux jeunes qui se destinent à une carrière scientifique. Le niveau exceptionnel et très international du recrutement CNRS est un atout dont notre pays ne peut pas se passer. C’est le message fort que j’envoie à la puissance publique », ajoutait-il il y a deux ans.

Anne Peyroche arrive fin 2017... et repart quelques semaines plus tard

Après le départ d'Alain Fuchs pour la  présidence de Paris Sciences & Lettres, Anne Peyroche prend l'intérim en octobre 2017, mais ne restera pas bien longtemps en place. Le 18 janvier 2018, elle est remplacée par Antoine Petit qui prend l'intérim de la présidence du CNRS. Quelques jours plus tard, il est nommé officiellement président directeur général du CNRS. Un poste qu'il occupe toujours actuellement.

Pour rappel, Anne Peyroche avait été convoquée mi-janvier 2018 par sa hiérarchie « pour un entretien destiné à l’éclairer sur des anomalies constatées dans certains de ses articles ». Le 18 janvier, Frédérique Vidal ne rentrait pas dans les détails et expliquait simplement qu'elle se trouvait « pour l’heure empêchée ». Le CEA a clôturé en octobre 2018 la procédure disciplinaire qu'il avait entamé à l'encontre d'Anne Peyroche, sans donner de sanction. 

Cette période a laissé des marques puisque, le 13 novembre 2018, le CNRS a présenté son plan sur l'intégrité et la déontologie des scientifiques avec la création d'un poste de « référent intégrité scientifique ». Rémy Mosseri occupe toujours ce poste aujourd'hui et il est également membre du comité d’éthique depuis 2016.

Des prix Nobel en pagaille

En 2019, le CNRS c'est plus de 32 000 personnes, 1 400 startups et 50 000 publications scientifiques par an.  Le Conseil peut également se targuer d'avoir dans ses rangs plusieurs prix Nobel : Gerard Mourou (physique), Jean-Pierre Sauvage (Chimie), Jean Tirole (Economie), Martin Karplus (chimie), Serge Haroche (physique), Jules Hoffmann (physiologie ou médecine), etc. Vous trouverez une liste par ici.

La France reste encore aujourd'hui un pays fort sur la recherche, notamment sur l'intelligence artificielle. Problème, bon nombre de chercheurs partent dans le privé ou s'expatrient à l'étranger par manque d'attractivité chez nous, notamment d'un point de vue économique. Un point abordé par Cédric Villani dans son rapport sur l'intelligence artificielle (lire notre analyse)

Pour fêter son anniversaire, le Centre national de la recherche scientifique organise de nombreux débats/expositions/ateliers durant toute cette année anniversaire, beaucoup trop pour les citer tous. Le slogan de cet anniversaire est : « Nos connaissances bâtissent de nouveaux mondes ».

49 commentaires
Avatar de tmtisfree Abonné
Avatar de tmtisfreetmtisfree- 18/10/19 à 15:07:42

C'est beau le marketing et le papier glacé mais même (je dirais surtout) une politique de bonnes intentions doit être jugée sur ses résultats. Je ne vois pas grand chose qui justifie l'allégresse et les pompons autre que de l'autosatisfaction par le simple fait d'exister (encore).

Certes il y a des prix Nobels et autres récompensés, mais en terme concret j'aurais aimé voir de la part du CNRS une analyse des études qui traduisent en bénéfices économiques les sommes colossales engagées.

C'est la moindre des choses quand on utilise l'argent des contribuables que de leur faire savoir qu'il est correctement employé.

Avatar de Norde Abonné
Avatar de NordeNorde- 18/10/19 à 15:40:04

On ne peut pas s’arrêter de recruter, ne serait-ce qu’une seule
année au risque d’envoyer un signal désastreux aux jeunes qui se
destinent à une carrière scientifique. Le niveau exceptionnel et très
international du recrutement CNRS est un atout dont notre pays ne peut
pas se passer. C’est le message fort que j’envoie à la puissance
publique », ajoutait-il il y a deux ans.

Ah, parce-que le CNRS recrute chaque année ?

Avatar de Norde Abonné
Avatar de NordeNorde- 18/10/19 à 15:52:27

On ne peut pas s’arrêter de recruter, ne serait-ce qu’une seule année au risque d’envoyer un signal désastreux aux jeunes qui se destinent à une carrière scientifique. Le niveau exceptionnel et très international du recrutement CNRS est un atout dont notre pays ne peut pas se passer. C’est le message fort que j’envoie à la puissance publique », ajoutait-il il y a deux ans.

Selon les domaines, le nombre de poste ouvert par ans par le CNRS est de... 1 pour toute la France ! Et au vu de la médiane d'âge de recrutement, il est difficile de croire que les jeunes chercheurs aient une chance (sauf si on considérè que 45-50ans c'est jeune). La recherche scientifique en France est une catastrophe. En dehors de quelques domaines dont les grands industriels sont très friands (un exemple : la cryptographie actuellement), c'est l'un des choix de carrière les plus risqué et difficile. Et comme il est très difficile (impossible ?) de prévoir ce qui sera en vogue au moment d'arriver sur le marché du travail (11ans minimum) autant dire que c'est se tirer une balle dans le pied. (et je suis trèèèèss gentil en tablant sur 11ans, 8ans de doctorat et 3ans de post-doc, soit le cas le plus court possible mais également le plus exceptionnel, et de très loin). Alors un conseil aux jeunes tentés par la recherche : Passez votre tour, c'est la pire période qui soit ! Et si jamais vous êtes prêts à cravacher comme des malades pour tout risquer sur un coup de poker, prenez au moins le temps de faire le tour de plusieurs laboratoires travaillant sur les thématiques qui vous intéressent. Et questionnez les doctorants et post-doctorants sur place, histoire de prendre la température (et n'hésitez pas à leur demander d'être franc).
Édité par Norde le 18/10/2019 à 15:54
Avatar de Mihashi Abonné
Avatar de MihashiMihashi- 18/10/19 à 16:11:54

Norde a écrit :

8 ans de doctorat.

C'est autorisé ça ?
Chez nous c'est déjà difficile d'obtenir une quatrième année. La cinquième est toujours refusée…

Avatar de Norde Abonné
Avatar de NordeNorde- 18/10/19 à 16:22:48

Je parlait des 8ans pour arriver au doctorat ^^'
 
Pour le doctorat en lui même, chez nous (microbiologie), c'est quatrième année rémunérée si on à de la chance (ATER le plus souvent, et financement projet pour les très rares chanceux), mais la plupart sont autour des 3ans et demi avec le chômage pour la fin :craint: (tout en payant sa réinscription à l'université bien sur :V)

Édité par Norde le 18/10/2019 à 16:24
Avatar de odoc Abonné
Avatar de odocodoc- 18/10/19 à 17:59:28

bah techniquement le cnrs recrute bien tout le an ^^

Si je me souviens bien des déclarations d'Antoine Petit récemment, le CNRS a perdu en 8 ans 3000 postes non permanent et 2000 permanents. Ca permet d'imaginer l’hémorragie actuelle oui.

Par contre un bémol sur votre comm : autant je suis d'accord que se lancer CR c'est mission impossible actuellement, autant faire un doctorat n'est pas du temps perdu (surtout pour l'internationale), à partir du moment où on envisage l'académique comme un plan B/C et non comme le plan A.

Je passe sur le premier commentaire, qui revient à chaque fois sur ce type de news et qui mérite pas grand chose.

Merci @Nxi pour l'article

Avatar de Idiogène INpactien
Avatar de IdiogèneIdiogène- 18/10/19 à 18:36:04

odoc a écrit :

Je passe sur le premier commentaire, qui revient à chaque fois sur ce type de news et qui mérite pas grand chose.

Merci @Nxi pour l'article

Bien au contraire : nous savons maintenant que la justification par des résultats techniques de l'inutile est réputée utile, tout autant que rapportant gros... à qui, on se le demande...
Autrement dit, si un big tech pond un accélérateur de particules c'est bien, mais si le CNRS se le construit tout seul il peut bien trouver un boson que ce sera pas rentable vu qu'il n'y aura pas de client à qui le refourguer.
Boutiquiers ou comptables, il faut choisir. :bravo:

Idem, merci. :yes:

Avatar de jackjack2 Abonné
Avatar de jackjack2jackjack2- 18/10/19 à 18:36:26

Pour ceux qui ne connaissent pas les embrouilles autour de Peyroche, je vous conseille de vous renseigner, c'est croustillant à souhait

Avatar de K2Death Abonné
Avatar de K2DeathK2Death- 18/10/19 à 19:35:59

J'ai eu la chance de faire parti de l'aventure CNRS pendant 18mois (cdd) avant de finalement partir pour le privé (cdi). Les perspectives d'avenir pour du personnel technique ( support, transverses, compta etc...) sont vraiment limitées.

Avatar de alex.d. Abonné
Avatar de alex.d.alex.d.- 18/10/19 à 21:12:07

tmtisfree a écrit :

Certes il y a des prix Nobels et autres récompensés, mais en terme concret j'aurais aimé voir de la part du CNRS une analyse des études qui traduisent en bénéfices économiques les sommes colossales engagées. 

Eh non, la recherche qui mène à des choses directement rentable est faite par les entreprises.
Le but du CNRS est de mener une recherche fondamentale, en amont, qui mène souvent très indirectement à des choses applicables. Difficile d'évaluer la "rentabilité" puisque c'est avant tout des idées qui se diffusent, mais en comparant les pays, on constate que la recherche publique contribue à la vitalité du secteur privé en high-tech.
D'ailleurs le budget de la recherche publique aux US est bien supérieur à ce qui se fait en France.
 

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