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France THD : l’UFC-Que Choisir estime illusoire l’objectif de 2022, le cuivre appelé à la rescousse

Vous habitez en zone rurale ? Dommage...
Internet 15 min
France THD : l’UFC-Que Choisir estime illusoire l’objectif de 2022, le cuivre appelé à la rescousse
Crédits : alphaspirit/iStock

L'UFC-Que choisir vient de publier une étude sur « les importants retards pris par le déploiement du très haut débit sur le territoire ». Ils proposent également un observatoire de la qualité de l'Internet fixe et « militent pour une montée en débit sur le réseau cuivre, en attendant la fibre ».

L'association revient une nouvelle fois sur le plan France THD qui prévoit un accès à Internet très haut débit pour tous en 2022, dont 80 % en fibre optique.  Après avoir qualifié les objectifs de « chimériques » il y a 18 mois, l'UFC-Que Choisir tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme : « Notre étude projette cependant que l’objectif ne pourrait être atteint qu’en 2029 compte tenu de la situation actuelle (seuls 34,5 % des locaux sont aujourd’hui éligibles à la fibre optique) et des dernières dynamiques de déploiement ».

Pour nos confrères, il faut donc mettre en place « des solutions palliatives à court terme » pour permettre à tout un chacun de profiter d'un accès au Net dans de bonnes conditions. C'est là qu'entre en jeu la notion de « bon débit » à au moins 8 Mb/s, qui resterait pour le moment un doux rêve pour près de 20 % de la population.

Pour l'UFC-Que Choisir, leur observatoire de la qualité de service – qui se base sur 32 millions de mesures, mais chez 1 703 personnes seulement – met en évidence des problèmes concrets dans les zones rurales, grandes oubliées du (très) haut débit. Dans le même temps, il pointerait « les effets bénéfiques d’une montée en débit sur le réseau cuivre ». 

Les « chiffres noirs » de la fracture numérique

Avant d'entrer dans le détail des résultats de l'observatoire, l'association dresse un bilan des « chiffres noirs » de la fracture numérique, en se basant sur « les dernières informations publiques sur l’éligibilité par commune à telle ou telle classe de débits » : 10,1 % des citoyens « ne bénéficient pas à leur domicile d’une connexion filaire à Internet proposant des débits décents, soit près de 6,8 millions de personnes victimes de la fracture numérique ».

De plus, 40 000 personnes n'auraient tout simplement pas accès à Internet et près de 20 % de la population n'auraient pas accès au « bon débit ». Les différentes villes de France sont loin d'être égales devant cette fracture : 31 % de la population des villes de moins de 1 000 habitants n'ont « pas d'accès à Internet ou pas d'accès de qualité », c'est-à-dire au moins 3 Mb/s. On tombe à 12,4 % pour les communes de 1 000 à moins de 5 000 habitants. Le pourcentage continue à descendre pour arriver à 3,4 % entre 50 000 et 99 9999 habitants, puis 0,8 % pour celles de plus de 100 000.

Avec le « bon débit », ce sont toujours les mêmes qui trinquent : 47,7 % des habitants des villes de moins de 1 000 personnes n'y ont pas accès. On passe à 24,1 % entre 1 000 et 4 999 pour finir à 2,1 % dans celles à plus de 100 000 habitants. Enfin, les chiffres explosent avec le très haut débit à plus de 30 Mb/s : 76,6 % n'y ont pas droit dans les villes de moins de 1 000 habitants. Pour celles de 1 000 à 9 999 habitants nous sommes à 61 %, puis 43,3 % entre 10 000 et 49 999, pour enfin finir à 6,9 % dans celles de plus de 10 000.

  • UFC-Que Choisir observatoire
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Des prévisions alarmistes pour 2022

L'UFC-Que Choisir se lance ensuite dans une prospection (un exercice souvent hasardeux dans ce domaine) à l'horizon 2022, date butoir du plan France THD. Selon leur analyse et « en prenant en compte l’évolution du nombre de logements couverts depuis 2015 ainsi que de l’évolution à attendre du nombre total de locaux en 2022, on estime qu’à cette échéance 52,7 % des locaux seront couverts en fibre optique, soit 27,3 points de moins que l’objectif » de 80 %. L'estimation se base sur le rythme des déploiements 2016 à 2018, ceux des années précédentes étant moins rapides.

« En ne retenant que le meilleur de l’augmentation du nombre de locaux couverts au cours de la période récente, à savoir uniquement l’année 2018, l’objectif en 2022 ne serait pas atteint (63,9 % des locaux couverts) », ajoutent-ils. Dans tous les cas, le déploiement de la fibre optique est en pleine progression ces dernières années chez les FAI ; il nous semble donc assez difficile d'estimer ce qu'il en sera en 2022 pour le moment. Il est tout aussi difficile de prévoir si l'accélération de la vitesse des déploiements va se maintenir. Autant d'inconnues rendant les projections incertaines.

UFC-Que Choisir observatoireUFC-Que Choisir observatoire

L'UFC-Que Choisir en conclut que « c’est la raison pour laquelle une ambition sur la montée en débit, portée par l’État, pourrait permettre à tous les consommateurs aujourd’hui dépourvus d’un Internet de qualité de profiter des avantages du très haut débit ».

C'est d'ailleurs un des objectifs de son observatoire qui présente la montée en débit du cuivre comme « un bon substitut pour les consommateurs, dans l’attente de l’arrivée de la fibre optique, à horizon plus ou moins lointain ». Rappelons que la fibre optique, contrairement au cuivre, est une technologie d'avenir permettant ensuite de grimper rapidement sur des vitesses bien plus grandes. Un exemple : le passage au 10 Gb/s de Free sur sa Delta.

Observatoire : 32 millions de mesures, mais « seulement » 1 703 panélistes 

Près d'un an après son premier observatoire sur la qualité de l'Internet fixe (sur des données récoltées entre les 26 janvier 2018 et 15 mars 2018), l'UFC-Que Choisir remet le couvert sur une période beaucoup plus longue :  du 1er février 2018 au 28 février 2019. 

Après un filtrage des données, notamment pour se concentrer sur les abonnements fixes des quatre principaux FAI, « ce sont précisément 32 023 607 données collectées auprès de 1 703 panélistes, présents dans 1 421 communes de France, qui ont été mobilisées pour établir nos indicateurs de qualité ». 

Les résultats sont ensuite répartis en fonction de deux principaux critères. Cinq zones d'habitations tout d'abord : dense (plus de 30 000 habitants), intermédiaire (3 000 à 29 999) et enfin trois rurales (moins de 1 000, 1000 à 1 999 et 2 000 à 2 999). Le second critère concerne le débit : haut débit (ADSL et câble) d'un côté et très haut débit (VDSL2, câble et fibre optique) de l'autre.

Un mélange des genres qui nous semble dangereux avec des technologies dont les performances sont loin d'être identiques : environ 100 Mb/s maximum pour le VDSL avec une chute importante en fonction de la distance, jusqu'à 1 Gb/s en câble et 10 Gb/s en fibre

L'UFC-Que Choisir prévient – à très juste titre – qu'il faut être prudent quant à l'analyse des données, principalement à cause de trois critères : 

  • Les données (bien qu'au nombre de plus de 32 millions) proviennent d’un nombre relativement restreint de panélistes (1 703) par rapport aux plus de 29 millions d'abonnés haut et très haut débit.
  • Les résultats peuvent être affectés par divers biais de mesure : les tests ont pu être effectués en Wi-Fi, en Ethernet ou en CPL. La télévision pouvait ou non être allumée, plusieurs personnes sur la même connexion, etc. 
  • Sur le très haut débit spécifiquement, la probabilité que les tests en zones denses aient été effectués, par exemple, en fibre optique, est supérieure à celle des zones rurales. « Les résultats des tests en zones rurales seront moins bons qu’en zones urbaines ».

Débits descendants : les zones rurales largement à la traine

Maintenant que les mises en garde sont posées, passons à l'analyse des résultats, en commençant par les tests de débits. L'UFC-Que Choisir précise que « la construction des indicateurs de débits est en phase avec les recommandations du BEREC, l’organe des régulateurs européens des communications électroniques ».

Premier indicateur : les débits moyens haut débit (ADSL et câble) en fonction de la zone d'habitation. Sans aucune surprise, les zones denses et intermédiaires sont largement en tête avec 9,1 et 8,8 Mb/s, tandis que les zones rurales sont entre 5,2 et 6,3 Mb/s. Nos confrères notent « qu’aucune des catégories des zones rurales ne bénéficie en moyenne d’un bon haut débit, puisque les débits sont systématiquement inférieurs à 8 Mbit/s ». Mais attention, il s'agit d'une moyenne, avec évidemment de fortes disparités suivant les personnes. 

Sur le très haut débit, la fibre optique fait son œuvre : 284 Mb/s en zones denses, 176 Mb/s en zones intermédiaires, contre 49 à 86 Mb/s en zone rurale. Pour ces dernières, une plus forte présence du VDSL (jusqu'à 100 Mb/s environ) explique la chute importante. 

La situation est la même pour le débit montant, mais avec une limite générale à 1 Mb/s pour toutes les zones en haut débit, à cause de la limite de l'ADSL. En très haut débit, les zones denses occupent encore la pole position avec 107 Mb/s, suivies par les intermédiaires à 75 Mb/s et enfin les rurales entre 15 et 29 Mb/s.

Passons à la latence. « Le protocole de test HTTP, et la mesure de la latence (exprimée en millisecondes) s’effectue sur l’aller-retour d’un paquet de données », expliquent nos confrères. Les résultats sont alignés avec ceux des tests de débits, mais avec des différences moins marquées. « L’enseignement principal est que le passage du haut débit au très haut débit permet de réduire la latence d’un peu plus de 50 % », peu importe la zone d'habitation. 

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Peu de différences sur le temps de chargement moyen d'une page

Le chargement des pages web « repose ici sur le chargement d’un panel parmi les principales du TOP Médiamétrie (hors pages des fournisseurs d’accès à Internet et YouTube), ainsi que d’une page mire fixe, avec un cache navigateur vide. Nous présentons le temps de chargement moyen de ces six pages ». Il s'agit donc de simuler un usage classique.

En fonction des zones, les moyennes vont de 3,8 à 4,4 secondes en haut débit et de 2,7 à 3,4 secondes en très haut débit. Des temps relativement proches avec un écart maximum de 0,7 seconde sur une même technologie. Nos confrères expliquent qu'on peut aussi voir ces résultats sous un autre angle : les temps de chargement sont 15 et 26 % plus lents dans les plus petites zones rurales.

« La première vision reste cependant celle à privilégier. L’impact ressenti par les consommateurs dépendra toutefois de leur utilisation plus ou moins intensive du web chez eux, et d’une appréhension toute personnelle des délais d’attente de
chargement », reconnaissent-ils à juste titre. 

UFC-Que Choisir observatoire

Pour la lecture de vidéo YouTube, les zones rurales perdent du terrain

Dernier gros morceau, le streaming vidéo. Le but est d'estimer « la qualité de service lors d’une lecture d’une vidéo HD 1080p d’une durée de 60 secondes, en qualité autoadaptative sur YouTube avec un cache navigateur vide ». Six critères sont évalués. 

Commençons avec le temps de chargement moyen d'une page YouTube. Les résultats sont dans la lignée des précédents, avec une surprise tout de même : « le temps de chargement est en moyenne sensiblement inférieur au temps de chargement moyen des pages web mobilisées précédemment », avec une division par plus que deux dans certains cas.  

L'UFC-Que Choisir n'explique pas cette différence, et c'est bien dommage. Présence de trackeurs en (très) grand nombre, chargement automatique de vidéo, page bien plus lourde... les pistes d'explication sont nombreuses. Pour rappel, vous pouvez utiliser notre outil Kimetrack pour détecter les sites qui multiplient les services de pistages.

La présence d'au moins une coupure durant la lecture de la vidéo intervient dans 7,3 % (haut débit) ou 6,2 % (très haut débit) des cas en zones denses, puis monte crescendo jusqu'à 9,4 et 8,7 % en zone rurale. En plus de la présence de coupures, la qualité de la vidéo est un critère important. Cette fois, les différences sont plus que marquées.

11,1 % des vidéos ne sont pas lues dans une résolution maximale (1080p) en haut débit dans les zones denses. On passe à 16,7 % en intermédiaires, 25,8/28,1 % dans les rurales de 1 000 à 2 999 habitants pour finir à 38 % dans celles de moins de 1 000 habitants. 

Sans aucune surprise, « le passage au très haut débit améliore de manière très marquée la situation dans les zones rurales, de manière importante dans les zones intermédiaires, et de manière peu sensible dans les zones denses ». La qualité de la vidéo dépendant essentiellement de la bande-passante disponible, ce résultat est logique.

La part des vidéos ayant subi au moins un changement de résolution pendant la lecture est dans la même veine : les zones rurales sont de loin les moins bien loties, avec 40,9 à 45 % des vidéos pour les panélistes en haut débit. Le très haut débit permet de remettre tout le monde à égalité, à une exception près.

Les zones rurales de moins de 1 000 habitants se démarquent avec 13,6 %, contre 8,8 % maximum pour les autres.  Cette différence peut certainement s'expliquer par la plus forte présence du VDSL, avec des débits qui diminuent en fonction de la distance en étant toujours inférieurs à ceux de la fibre.

Signalons enfin que tous les fournisseurs d'accès à Internet ne proposent pas tous la même qualité de service pour accéder à YouTube. Il aurait été intéressant d'avoir le détail des performances par FAI, mais ce n'est malheureusement pas précisé. 

  • UFC-Que Choisir observatoire
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Manque de transparence dans l'information aux clients

Dans tous les cas, il ne s'agit que de moyennes, « qui masquent évidemment des fortes disparités de qualité de l’Internet dans une zone donnée ». Problème, nos confrères déplorent que « les données sur les débits théoriques proposés aux consommateurs dans sa maille la plus fine, à savoir la commune, ne sont plus rendues publiques depuis plus d’un an »

L'UFC-Que Choisir s'est entretenu avec l'Arcep qui, en substance, leur a expliqué qu'elle « considère aujourd’hui ne pas pouvoir publier ces informations, en raison de contraintes de traitement, et parfois de fiabilité des données ».

L'association prend acte « de la volonté de l’Arcep de produire prochainement ces informations », mais estime qu'il « est particulièrement dommageable que l’information publique la plus précise possible sur l’état de la fracture numérique ait disparu du paysage depuis de longs trimestres, et que la seule donnée exploitable pour éclairer au mieux les consommateurs soit datée du début du second semestre 2017 ».

Les dernières mises à jour ont ainsi été mises en ligne par l’Agence du numérique en novembre 2017. Depuis une décision du 22 février 2018, l'Arcep « semble avoir repris la main sur la communication au public des informations en imposant notamment aux fournisseurs d’accès à Internet de lui fournir les informations sur l’éligibilité des différents locaux en France à telle ou telle classe de débits, selon la technologie ».

Pour booster les zones rurales, l'UFC recommande la montée en débit du cuivre

Dans leur conclusion nos confrères expliquent que « plus une zone est ruralisée, plus les performances sont décevantes », qui est d'une certaine manière la conséquence directe d'un autre constat : plus une zone est ruralisée, moins elle est équipée en fibre optique.

Par contre, « lorsqu’on prend en considération les indicateurs d’usages, on note à de nombreuses reprises que les expériences utilisateurs sont relativement indifférentes à la zone considérée en très haut débit, alors que c’est bien moins évident pour le haut débit qui offre une expérience utilisateur plutôt dégradée en zones rurales par rapport à celle constatable en zones denses ».

Ainsi, au-delà des débits maximum constatés, « le choix technologique très haut débit pour les accès filaires [VDSL, câble ou fibre optique , ndlr] n’influence que faiblement l’expérience utilisateur », affirment nos confrères. « Dans un environnement où l’éligibilité à la fibre optique pour 80 % de la population à horizon 2022 est illusoire, nos résultats permettent de souligner la nécessité de procéder à une montée en débit dans l’ensemble des zones aujourd’hui dépourvues d’un Internet de qualité », ajoute l'UFC-Que Choisir.

Pour obtenir un accès au très haut débit pour tous en 2020, l'UFC prône non pas les réseaux hertziens, « mais le réseau filaire en cuivre, dans l’attente d’un déploiement plus tardif, mais légitimement attendu par tous, du meilleur du très haut débit sur l’ensemble du territoire ».

Deux demandes, une évolution de l'observatoire 

L'UFC-Que choisir formule deux demandes :

  • À l’Arcep de rendre publiques au plus vite en open data les informations relatives aux débits théoriques délivrées à l’ensemble des consommateurs sur le territoire national, afin d’éclairer les observateurs sur l’état de la qualité des réseaux de l’Internet fixe en France ;
  • Au gouvernement d’agir de concert avec les fournisseurs d’accès à Internet afin de permettre une montée en débit sur le réseau cuivre dans les zones dans lesquelles l’accès à moyen terme à la fibre optique reste illusoire.

De son côté, l'association « fait évoluer son observatoire participatif de la qualité de l’Internet fixe en permettant à tous les consommateurs de l’alimenter [...] Cet observatoire est assuré par un nouvel outil technique : une extension à ajouter au navigateur Internet [Chrome, Edge ou Firefox, ndlr], qui permettra de connaître la qualité réelle de l’Internet (débits, problèmes de lecture de vidéos ou encore chargement de pages web) ». 

Ces données seront ensuite utilisées pour effectuer des comparaisons entre opérateurs, entre technologies, entre lieux de résidence, etc. Un test de débit a également été mis en ligne à cette adresse.

55 commentaires
Avatar de tpeg5stan Abonné
Avatar de tpeg5stantpeg5stan- 22/03/19 à 15:51:33

Je souscris également à leurs craintes, mais je pense que la possibilité de montée en débit du cuivre est surestimée, car bien souvent la distance DSLAM/prise est très grande, ce qui implique qu'avoir un débit élevé en cuivre n'est pas possible dans les « zones oubliées », ou alors nécessite des travaux...et dans ce cas, pourquoi pas installer la fibre ?

Je pense de plus en plus que la solution 4G/5G fixe est nécessaire pour tous ces endroits avant le déploiement de la fibre...

Avatar de romainsromain Abonné
Avatar de romainsromainromainsromain- 22/03/19 à 15:59:39

tpeg5stan a écrit :

Je souscris également à leurs craintes, mais je pense que la possibilité de montée en débit du cuivre est surestimée, car bien souvent la distance DSLAM/prise est très grande, ce qui implique qu'avoir un débit élevé en cuivre n'est pas possible dans les « zones oubliées », ou alors nécessite des travaux...et dans ce cas, pourquoi pas installer la fibre ?

Je pense de plus en plus que la solution 4G/5G fixe est nécessaire pour tous ces endroits avant le déploiement de la fibre...

+1 si absence de débit suffisant car non couvert ou nra saturé ( c'est mon cas mes voisins ont 13Mb moi j'ai 6Mb car mon nra est plein et orange ne veut pas l'agrandir, du coup on m'a relié a un autre....)

Avatar de darkweizer Abonné
Avatar de darkweizerdarkweizer- 22/03/19 à 15:59:57

Et pourquoi une montée en débit de l'upload pour l'ADSL n'est-elle pas possible et est restée à 1Mb/s?
Parce que 1Mb/s c'est vraiment un fardeau de nos jours...

Édité par darkweizer le 22/03/2019 à 16:01
Avatar de OB Abonné
Avatar de OBOB- 22/03/19 à 16:06:19

Pour obtenir un accès au très haut débit pour tous en 2020, l'UFC prône non pas les réseaux hertziens, « mais
le réseau filaire en cuivre, dans l’attente d’un déploiement plus
tardif, mais légitimement attendu par tous, du meilleur du très haut
débit sur l’ensemble du territoire ».

Je trouve ça complètement débile. 

Les coûts les plus importants que ce soit en montée en débit cuivre OU en FTTH , c'est le génie civil (tirage des fourreaux) , le passage de fibres optiques dans ces fourreaux et surtout la mise à jour du débit du NRA d'origine (qui, souvent dans la campagne sont raccordé en 1x ou 2x 1Gbps). 

Dans les 2 cas il y a une armoire, ce qui change ensuite c'est ce qu'on met dans l'armoire

C'est pas anodin, car :

 * Les armoires Montée en Débit actuelle ne SONT PAS compatibles FTTH (donc il faudra les refaire)
 
 * Les armoires Montée en Débit sont forcément électrifié. Rien que l'interaction avec Enedis en terme d'administratif prends plusieurs mois

 * La montée en débit est "biaisé" car en VDSL2, tu va monter à presque 100Mbps *mais* juste sur quelques centaines de mètres autour de l'armoire: Le mec dans la ferme en sortie de village va passer de 1mbps à 3mbps... Cet effet est biaisé car celui qui est a coté , lui, va passer de 2mbps à 90mbps et va donc "tirer" la moyenne vers le haut. Mais en terme de service rendu , c'est très passable (d'autant plus que le VDSL2 est fortement impacté par la qualité des fils de cuivre).
 
* ... et ça m'amène au dernier point : Le MED est une subvention déguisé à Orange, puisque la collectivité paie l'intégralité (des fourreaux, de la fibre entre le NRA & le NRA-MED, et l'armoire équipée elle-même, plus les heures de technicien & BTP). Orange amène l'armoire DEJA équipée avec ses DSLAM et raccorde donc ses clients dessus. mais UN AUTRE FAI, lui, soit garde ses clients comme avant (en 1mbps) soit doit re-payer à orange l'équipement de cette nouvelle armoire, puis la fibre entre le NRA d'origine et le MED, et tous ses équipements VDSL...
 
Et ces procédures prennent facilement 1 à 2 ans, car , bien sur, ce sont toujours les même sous-traitant qui s'y collent, et pendant qu'ils font des MED ils font pas de FTTH.....

Le seul coût en plus en FTTH , c'est le coût du remplacement de l'infra cuivre en *aval* de l'armoire en câbles fibre + le coût de raccordement des abonnés.

 Or, ce coût, en RIP est _aussi_ payé par la collectivité, *mais* par contre, ensuite, cette dernière touche une redevance d'utilisation, un bien public transférable (donc "hypothécable" puisque le RIP en est proprio).

Le facteur limitant n'est pas l'argent, c'est le temps et la formation des gens : Il faut plus, largement plus, de techniciens sur le terrain pour réaliser ces infrastructures. Donc il faut que les collectivité, les FAI, les sous-traitants, .... investissent sur la formation et sur le matériel.... mais aussi sur les salaires car c'est un travail assez pénible.
Tout ça alors qu'on veux limiter les couts finaux des abonnés à 130€ par raccordements et 40€/mois... donc un peu la quadrature du cercle.

 
Pour moi prôner le MED c'est prôner le court-terme de mauvaise qualité vs le long terme de bonne qualité , et prôner un monopole.
 Je sais que Que Choisir ce ne sont pas des économistes, mais quand même.......

Avatar de Ricard INpactien
Avatar de RicardRicard- 22/03/19 à 16:09:12

A peine installé au pouvoir, Emmanuel Macron avait souhaité accélérer le rythme du "Plan France Très Haut Débit", qui prévoyait une connexion partout et pour tous en 2022. Le 17 juillet 2017, à l'issue de la conférence des territoires, il annonçait un objectif ambitieux : offrir à tous les Français un haut débit correct (au moins 8 MBit/s) dès 2020 pour lutter contre la fracture numérique "qui nourrit les extrêmes".

Mais il avait promis...:craint:

Avatar de Commentaire_supprime Abonné
Avatar de Commentaire_supprimeCommentaire_supprime- 22/03/19 à 16:09:49

tpeg5stan a écrit :

Je souscris également à leurs craintes, mais je pense que la possibilité de montée en débit du cuivre est surestimée, car bien souvent la distance DSLAM/prise est très grande, ce qui implique qu'avoir un débit élevé en cuivre n'est pas possible dans les « zones oubliées », ou alors nécessite des travaux...et dans ce cas, pourquoi pas installer la fibre ?

+1. Mes parents sont à 6 km du DSLAM (Olivet centre, dans le Loiret) et le débit chez eux est tellement merdique que je tire sur mon abo 4G pour Internet à chaque fois que je vais chez eux.

Je pense de plus en plus que la solution 4G/5G fixe est nécessaire pour tous ces endroits avant le déploiement de la fibre...

Si c'est rapide à installer et que ça permet vraiment d'avoir la patate point de vue débit, pourquoi pas.

Avatar de Commentaire_supprime Abonné
Avatar de Commentaire_supprimeCommentaire_supprime- 22/03/19 à 16:12:07

+1 dans l'ensemble.

Comme tu dis, c'est le génie civil qui coûte cher, et c'est pas plus économique de faire des tranchées pour des fourreaux cuivre que pour des fourreaux fibre.

Et puis, avec la fibre, il me semble qu'on peut avoir des points de raccordement à de grandes distance des abonnés sans perte de signal, contrairement à la fibre. Comme tu m'as l'air d'être du métier, si je dis une sottise, là, n'hésite pas à me reprendre.

Avatar de OB Abonné
Avatar de OBOB- 22/03/19 à 16:12:41

tpeg5stan a écrit :

Je pense de plus en plus que la solution 4G/5G fixe est nécessaire pour tous ces endroits avant le déploiement de la fibre...

la 4G/5G nécessite aussi des raccordements fibrés aux pylônes . En plus, en 5G il faut largement augmenter la densité de ces points hauts, sinon le partage du débit hertzien fera qu'en pointe le débit va s'effondrer .
En ville, justement, ils utilisent les fibres surnuméraires de l'infra FTTH pour alimenter les points hauts en fibre....  mais en campagne, tu fais comment ? Les ponts radios ont leurs limites SURTOUT quand les terminaux sont utilisés en mode "fixe" plutôt que mobile.

Si tu veux pas mettre une antenne par km2, en 4G / 5G fixe, alors pour que ce soit efficace il faut mettre l'antenne (passive) en extérieur, donc intervenir chez l'abonné... comme en FTTH... donc en terme de coût t'est pas génial non plus.

Pour moi si TOUT LE MONDE commence a utiliser la radio comme fixe, cad se caler dans le canap avec netflix, ben ça sature.
(Note que les NRA saturent aussi , quand ils sont trop léger en débit de collecte...)

Avatar de tpeg5stan Abonné
Avatar de tpeg5stantpeg5stan- 22/03/19 à 16:14:07

Commentaire_supprime a écrit :

Si c'est rapide à installer et que ça permet vraiment d'avoir la patate point de vue débit, pourquoi pas.

C'est vrai que j'aurais dû préciser : je n'ai jamais testé moi-même.
Voilà, c'est dit :transpi:

Mais des retours que j'ai eu, *s'il n'y a pas des milliers de personne sur l'antenne*, c'est tout à fait acceptable de s'en servir comme connexion principale.

Car évidemment, si tout le monde fait ça en ville, le débit sera divisé entre les personnes sous l'antenne, et minable, in fine.

Avatar de JCDentonMale INpactien
Avatar de JCDentonMaleJCDentonMale- 22/03/19 à 16:17:21

Mouais, attention aux antennes 4G non fibrées à la campagne, ça n'est pas du tout du très haut débit, même pas du bon débit. En soirée c'est complètement inutilisable (je ne peux même pas charger ma page d'accueil).

Il n'est plus possible de commenter cette actualité.
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  • Introduction
  • Les « chiffres noirs » de la fracture numérique
  • Des prévisions alarmistes pour 2022
  • Observatoire : 32 millions de mesures, mais « seulement » 1 703 panélistes 
  • Débits descendants : les zones rurales largement à la traine
  • Peu de différences sur le temps de chargement moyen d'une page
  • Pour la lecture de vidéo YouTube, les zones rurales perdent du terrain
  • Manque de transparence dans l'information aux clients
  • Pour booster les zones rurales, l'UFC recommande la montée en débit du cuivre
  • Deux demandes, une évolution de l'observatoire 
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