Directive droit d'auteur : les producteurs anglais priés d'« impliquer les artistes »

AFAG
Droit 4 min
Directive droit d'auteur : les producteurs anglais priés d'« impliquer les artistes »
Crédits : code6d/iStock

L’Association des producteurs de musique indépendante (AIM ou Association of Independant Music) est en ébullition. À l’approche de l'examen du projet de directive sur le droit d'auteur, elle vient d’adresser un courrier à ses membres pour leur demander de monter au front, en impliquant notamment leurs artistes.

Avant comme après le rejet de la proposition de directive portée par l’eurodéputé Axel Voss, l’industrie culturelle avait dénoncé d’une même voix le lobby des « GAFA ». Tous les opposants au texte étant considérés comme des chevilles ouvrières du grand capital américain des services en ligne.

Si le lobbying de ces acteurs à Bruxelles n'est ni un secret ni une surprise, l'amalgame a passablement énervé au Parlement européen, comme en témoigne notre interview de Philippe Lamberts (Verts/Alliance libre européenne).

À l’approche du réexamen du texte en plénière le 12 septembre, le monde de la culture s’agite à nouveau. Du côté de la musique, le plan de bataille s’aiguise, notamment Outre-Manche. « La législation européenne sur les services en ligne utilisant des œuvres protégées par le droit d’auteur a été mise à jour pour la dernière fois en 1999, relate l’AIM dans un courrier dont nous avons obtenu copie. YouTube et les autres grandes plateformes exploitent des failles dans la loi pour utiliser le contenu des créateurs sans les rétribuer équitablement ».

Love-Music.co, nom de domaine déposé par le Cisac

Le point central de cette réforme réside dans l’article 13 du projet de directive, qui vise à inciter les plateformes à signer des accords de licence censés être plus généreux avec les sociétés de gestion collective. En coulisse, l’idée est aussi d’industrialiser des mesures de filtrage, réduire le champ du statut de l’hébergeur et responsabiliser directement YouTube et les autres sur les contenus mis en ligne par les internautes...

Dans son mail, l’association demande ainsi « de toute urgence » de l’aide de chacun afin que « notre industrie musicale mondialement reconnue ne se voit pas refuser une juste récompense pour son travail ». En annonce d’une grande campagne nommée #LoveMusic, dont peut déjà voir les effets sur Twitter. Chaque destinataire est aussi invité à visiter et partager le site love-music.co et signer la pétition sur MakeInternetFair.eu, histoire de concurrencer le million de signataires de celle des opposants réunis au sein de SaveOurInternet.

Love-music.co ? Ce nom de domaine est enregistré non par AIM, mais par PRS for Music Ltd, l’équivalent de la Sacem outre-Manche. PRS est d’ailleurs membre du Cisac, la confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs, une entité particulièrement active en lobbying lors des débats.


Pour assurer ce bruit social, ces pro-directive ont préparé un lot de fichiers à télécharger sur WeTransfert que chacun est invité à répandre le plus largement possible sur ses propres comptes. 

pack wetransfert

« Impliquez les artistes »

En plus de ce pack, quelques dernières chaudes suggestions : « Impliquez les artistes en leur demandant d’exprimer leur soutien, en postant sur leurs réseaux sociaux ou tout autre canal ».

Dans cette campagne menée avec les sociétés de gestion collective, l’association explique en effet que « les artistes jouent un rôle clé dans la bataille pour gagner les cœurs et les esprits du public sur cette question ! »

Autant dire qu’on devrait retrouver très prochainement plusieurs personnalités à la porte du Parlement européen, afin d’inciter les eurodéputés à voter en sa faveur, après l’échec cuisant de juin dernier.

Les artistes comme le public n’étant pas nécessairement juristes, une telle opération devrait au moins permettre de gagner des points dans l’opinion. À quelques encablures des élections européennes de mai 2019, le levier est toujours précieux.

La position médiatique des grands noms du secteur est une habitude dans le milieu. Lors des débats Hadopi, le site JaimeLesArtistes.fr, financé par le ministère de la Culture, avait publié une vigoureuse liste de 10 000 signataires favorables à la loi en formation, avec quelques personnalités.

La fameuse liste, bruyamment exploitée, avait créé un certain malaise à l’époque. On y retrouverait des centaines de salariés des maisons de disque (Universal, Warner, EMI et Sony) et leurs représentants (SNEP, SCPP, SACEM), des dirigeants aux simples assistants, en passant par des responsables financiers et marketing.

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