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Démission collective au Conseil national du numérique

Mounir, c'est partir un peu
Droit 3 min
Démission collective au Conseil national du numérique
Crédits : Crobard/iStock

Crise ouverte au Conseil national du numérique. Après sa présidente, c’est au tour de la majorité des membres du collège de remettre leur démission. 

Avec l’arrêté du 11 décembre 2017, le Conseil national du numérique, instance consultative chargée de formuler de manière indépendante des avis et des recommandations, pouvait espérer redémarrer une nouvelle vie. Du sang neuf pour cet organisme qui a connu plusieurs crises dans le passé, mais dont l’utilité n’est plus vraiment à démontrer.

En témoigne ses différentes sorties sur la loi renseignement, le chiffrement, le RGPD, ou encore le fichier relatif aux titres électroniques sécurisés. Cependant, un emballement a grippé ce moteur destiné à souffler la bonne parole du numérique.  

Un drame en trois actes

Premier acte. Les choix de Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom dans la liste dressée par Marie Ekeland, nouvelle présidente du CNNUM, ont été dézingués par l’actuel secrétaire d’État au numérique… qui avait pourtant passé en revue cette liste.

En cause notamment, la polémique née autour des propos de cette écrivaine, féministe et journaliste qui a dénoncé le « racisme d’État » lors de ses prises de parole. Selon Mounir Mahjoubi, l’institution « a besoin de sérénité pour travailler, et les derniers échanges sur la composition du Conseil soulignent que ces conditions ne sont pas pleinement réunies ».  

Deuxième acte. Priée « de proposer une nouvelle composition du Conseil », Marie Ekeland a finalement préféré prendre la porte aujourd’hui : « les réactions qui ont suivi cette nomination me font mesurer à quel point mon pari était osé et innovant » écrit-elle sur le site du CNNum, « à quel point, dans notre pays, nous ne voulons pas entendre des voix dissonantes. À quel point nous ne savons plus débattre sereinement de nos divergences de vue. À quel point nous avons du mal à nous mettre à la place des autres », etc. 

« Il ne s'agit pas d'une association, d'un parti politique ou d'un lobby expose depuis le secrétaire d’État dans les colonnes du Figaro. Le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter, et le gouvernement lui fait confiance sur ces sujets ».

Troisième acte. Sa décision a fait tache d’huile puisque quelques heures plus tard, la quasi totalité des membres du CNNum a suivi l’appel d’air : « constatant donc l’impossibilité de mettre en œuvre son projet, considérant que le travail du Conseil ne peut plus se faire selon des modalités efficaces, nous avons décidé de présenter collectivement notre démission ».

Un nouveau CNNUm, mais des marques indélébiles

Désormais Mounir Mahjoubi est tenu de procéder à la nomination d’un nouveau président, qui sera chargé de constituer une nouvelle équipe. Au-delà de ce dernier acte, c’est évidemment la question du statut du CNNum qui revient en force dans ses rapports avec l’exécutif et celle, avant tout, du processus de nomination de ses membres et sa dépendance avec Bercy.

L’épisode de décembre 2017 risque en tout cas de laisser des traces indélébiles dans ses rouages. Le CNNum avait su retrouver une indépendance dans ses prises de position, n’hésitant pas le bras de fer avec le ministère régalien de l’Intérieur, sur plusieurs gros dossiers. Aujourd’hui, d’un claquement de doigt, il est sommé de revenir à une réalité structurelle.

« En 2011, l'idée avait émergé d'infuser une culture numérique au sein de l'État. Le Conseil national du numérique était créé. Tantôt conseiller, tantôt opposant, il avait su naviguer. Aujourd'hui il vient de se fracasser, se disloquer sur fond de tolérance. Triste France » expose dans un tweet, Benoit Tabaka, qui fut d'octobre 2011 à mai 2012, le premier secrétaire général du Conseil.

54 commentaires
Avatar de TexMex Abonné
Avatar de TexMexTexMex- 19/12/17 à 17:33:11

Je n'y vois qu'une logique affreusement habituelle de la part de l'état. En tout cas le signe de la pression de "bonzes" qui auraient des intérêts ici ou là. Sans le CNNum c'est une porte.... non un boulevard haussmannien ouvert à tout les trucs à la con qui vont passer vite fait durant ce KO technique.

Quid de la neutralité du net ? Elle se fait découdre en US, il ne reste plus qu'à emboîter le pas. En fait la France le fera puisqu'elle fait toutes sinon plus de bêtises que les US en les copiant par dessus le marché.

Parfois je me dis : c'est beau.
 

 

Avatar de NeedSumSleep INpactien
Avatar de NeedSumSleepNeedSumSleep- 19/12/17 à 17:39:35

Le CNNum est un organisme consultatif, nommé par le gouvernement "pour éclairer ses choix".  Ses membres sont indépendants du gouvernement mais ils doivent quand même suivre la même ligne que lui !

Un peu comme la Cfdt quoi? XD

Vous savez ce qui me chagrine c’est que les gens les plus intègre refusent sutèmatiquemét le pouvoir ou les postes à influence et laissent du coup la place à tous les rapaces !

Avatar de Vin Diesel Abonné
Avatar de Vin DieselVin Diesel- 19/12/17 à 17:40:06

JOYEUSES FÊTES  ! ! ! au (à la) futur(e)  président(e) et surtout bonne chance pour l'avenir   ...   :mdr2:

Avatar de Quiproquo Abonné
Avatar de QuiproquoQuiproquo- 19/12/17 à 17:57:07

« Le CNNum doit être proche du gouvernement pour nous orienter »

Un conseiller suce-boules ça sert à rien, donc autant supprimer le machin.

Avatar de Bejarid INpactien
Avatar de BejaridBejarid- 19/12/17 à 18:20:45

C'est un peu facile de taper sur l’État, mais ce genre de conseil à pour but d'être un pont entre la société civil et le dit État. A partir du moment où il est impossible médiatiquement à l’État de discuter avec une des personnes du conseil, dont acte, elle doit partir.

Quand on utilise un pont pour livrer bataille, on ne peut que le casser.

Avatar de wanou2 Abonné
Avatar de wanou2wanou2- 19/12/17 à 18:28:07

Article 2 :

Le Conseil national du numérique comprend trente personnalités désignées en raison de leurs compétences et de leur expérience dans le domaine de la transition numérique :1° Dix personnalités issues du secteur économique ;2° Dix personnalités issues du secteur académique ;3° Dix personnalités impliquées dans le développement du numérique aux niveaux local, national ou européen, ou concernées par ses effets.

 
En quoi Rokhaya Diallo et Axiom répondent à ces critères ?

Avatar de 2show7 INpactien
Avatar de 2show72show7- 19/12/17 à 18:29:28

Sera maintenant Le Conseil National Numérobis, c'est pour avoir les idées fixes

Avatar de 127.0.0.1 INpactien
Avatar de Arkeen Abonné
Avatar de ArkeenArkeen- 19/12/17 à 18:55:43

"On veut une assemblée consultative qui nous dise de faire ce qu'on leur dit de nous dire."
 
C'est pas rare qu'un organisme qui commence à être utile se fassent flinguer par les politiques. C'est pas à la Hadopi que ça risque d'arriver ...

Avatar de Robert Ravoalavoson INpactien
Avatar de Robert RavoalavosonRobert Ravoalavoson- 19/12/17 à 18:57:46
Édité par Vincent_H le 20/12/2017 à 08:15
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