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Le gouvernement américain interdit Kaspersky dans les agences fédérales

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Logiciel 3 min
Le gouvernement américain interdit Kaspersky dans les agences fédérales
Crédits : gandalf/iStock

Le département américain de l’Intérieur (Department of Homeland Security) interdit depuis hier aux agences gouvernementales d’utiliser les produits de Kaspersky. La suite logique d’une séquence initiée en juillet. L’éditeur russe, de son côté, proteste de sa bonne foi.

Il y a deux mois, la General Services Administration rayait de ses listes les logiciels de sécurité de Kaspersky. Les administrations publiques devaient donc supprimer ces produits de leurs postes sous trois mois. Des craintes avaient été exprimées : la société russe était soupçonnée d’entretenir des liens approfondis avec le renseignement de son pays, le puissant FSB. Un article de Bloomberg étalait notamment des éléments troublants.

On se souvient que Kaspersky avait largement protesté, surtout par la voix de son PDG, Eugene Kaspersky. Ce dernier évoquait de « nombreuses allégations, interprétations erronées et erreurs ». Il qualifiait l’article de « bullshit », publié selon lui pour avancer un pion sur le vaste échiquier politique. En toile de fond, les tensions croissantes entre les États-Unis et la Russie.

Désormais, Kaspersky aura aussi maille à partir avec le DHS.

Après les administrations, les agences fédérales.

Le département américain de l’Intérieur a en effet interdit hier à l’ensemble des agences fédérales d’utiliser elles aussi les produits de l’éditeur.

Le communiqué du DHS, publié par Reuters, laisse peu de place au doute sur les raisons. Le ministère souligne le risque que « le gouvernement russe, en agissant seul ou en collaboration avec Kaspersky, puisse capitaliser sur les accès » fournis par l’éditeur russe « implique directement la sécurité nationale ». Et de rappeler que sa mission est avant tout de « s’assurer de l’intégrité et de la sécurité des systèmes d’informations fédéraux ».

Le Washington Post pointe de son côté que si les agences fédérales sont concernées, ce n’est pas le cas de l’armée. Un porte-parole de la Défense a cependant affirmé au journal que les produits de Kaspersky n’étaient généralement pas utilisés dans les installations militaires.

Comme pour la General Services Administration, les agences ont 90 jours pour supprimer Kaspersky de leurs ordinateurs.

Pour Kaspersky, ces décisions sont illogiques

L’entreprise, de son côté, se dit « déçue » par la décision du DHS. Elle compte communiquer plus tard sur le sujet, et indique même qu’elle présentera des informations « prouvant que ces allégations sont sans fondement ».

Kaspersky ne comprend pas pourquoi de telles décisions radicales. Travailler de manière si inappropriée « avec n’importe quel gouvernement se ferait au détriment de son activité », puisque 85 % de ses revenus proviennent des marchés extérieurs à la Russie. « Kaspersky n’a jamais aidé, et n’aidera jamais le moindre gouvernement dans son cyberespionnage ou ses cyberoffensives ». Elle ajoute qu’il est « déconcertant qu’une entreprise privée soit considérée coupable jusqu’à preuve de son innocence, à cause de problèmes géopolitiques ».

Tandis que des sénateurs américains, comme Jeanne Shaheen, se félicitent de cette prompte réponse à une « menace directe », Kaspersky évoque pour sa part une très mauvaise interprétation des lois russes. Ces derniers obligent bien à remettre au gouvernement certaines données, mais elles s’appliquent surtout au domaine des télécoms et fournisseurs d’accès, pas aux éditeurs de logiciels.

Un effet boule de neige en perspective

La société russe assiste progressivement à une vraie mise au ban de ses produits par le marché américain. Les signaux forts envoyés par le DHS et la GSA ne peuvent qu’avoir un impact négatif sur la consommation des antivirus de l’éditeur, que ce soit auprès des entreprises ou du grand public. La semaine dernière par exemple, le revendeur Best Buy a tout simplement décidé de ne plus les vendre.

79 commentaires
Avatar de jackjack2 Abonné
Avatar de jackjack2jackjack2- 14/09/17 à 13:59:38

C'est sûr que c'est pas en France qu'on ferait ça
Même quand on sait que l'appli est truffée de trous, on persiste et on accélère!

Avatar de Xire INpactien
Avatar de XireXire- 14/09/17 à 14:15:20

En quoi Kaspersky est plein de trous ?

Avatar de KP2 Abonné
Avatar de KP2KP2- 14/09/17 à 14:22:07

Franchement, je sais carrément pas quoi penser de cette histoire... Le problème est que c'est potentiellement tellement compliqué de détecter une backdoor qu'il n'y a pas vraiment de moyen de savoir si Kaspersky est honnête ou pas.
Mais on peut dire la même chose de n'importe quel soft et MS en a largement fait les frais à une époque (à tord ou à raison, on en sait rien).

Enfin bon, ça ressemble quand même plus à de la chamaillerie économique de base qu'autre chose. Même coté US, on peut carrément pas savoir si ils imposent ce ban de bonne foi ou juste pour faire chier les Russes.
C'est vraiment étrange la situation actuelle du monde...

Avatar de ArchangeBlandin Abonné
Avatar de ArchangeBlandinArchangeBlandin- 14/09/17 à 14:22:45

Je pense qu'il faisait un parallèle avec l'utilisation en France d'autres logiciels de fournisseurs extérieurs à la France.

Avatar de al_bebert INpactien
Avatar de al_bebertal_bebert- 14/09/17 à 14:23:11

putain ça fait 3 jours que je me bas avec cette merde ....

"l'ordinateur doit redémarer pour appliquer la maj antivirus" heu oui c'est déjà fait
"l'ordinateur n'a pas fait de recherche windows update depuis longtemps" heu si connard de soft de merde, on à même installer des maj

ça me prends la tête

Avatar de ArchangeBlandin Abonné
Avatar de ArchangeBlandinArchangeBlandin- 14/09/17 à 14:23:44

C'est la guerre du logiciel froid...
Ça leur manquait de ne plus se chamailler avec les russes.

Avatar de Ramaloke Abonné
Avatar de RamalokeRamaloke- 14/09/17 à 14:25:41

KP2 a écrit :

Franchement, je sais carrément pas quoi penser de cette histoire... Le problème est que c'est potentiellement tellement compliqué de détecter une backdoor qu'il n'y a pas vraiment de moyen de savoir si Kaspersky est honnête ou pas.
Mais on peut dire la même chose de n'importe quel soft et MS en a largement fait les frais à une époque (à tord ou à raison, on en sait rien).

Enfin bon, ça ressemble quand même plus à de la chamaillerie économique de base qu'autre chose. Même coté US, on peut carrément pas savoir si ils imposent ce ban de bonne foi ou juste pour faire chier les Russes.
C'est vraiment étrange la situation actuelle du monde...

En même temps ça fait des années qu'on a la preuve que la CIA modifiait les kernel/firmware des matériels réseaux (Cisco, HP etc) pour y intégrer des backdoor et pourtant l'UE n'a pas interdit ces vendeurs pour autant, alors que nous aurions dû en toutes logiques.

Les USA bloquent sans preuves et l'UE ne bloque pas avec preuve. On se demande qui domine l'autre ;) 

Édité par Ramaloke le 14/09/2017 à 14:26
Avatar de Ricard INpactien
Avatar de RicardRicard- 14/09/17 à 14:30:18

Xire a écrit :

En quoi Kaspersky est plein de trous ?

Il a jamais parlé de Kaspersky.:yes:

Avatar de ragoutoutou Abonné
Avatar de ragoutoutouragoutoutou- 14/09/17 à 14:30:20

En fait, il y a un problème de lecture sur la situation. Les antivirus Kaspesky ont été bannis car cette firme n'a pu prouver ses liens avec le Kremlin.

A contrario, les liens avec le Kremlin du locataire de la maison blanche "président dont on se souviendra comme d'un roi"* sont suffisamment plausibles et étayés pour que celui-ci ait le droit de rester en exercice.

  *expression utilisée par l'intéressé pour se définir

Édité par ragoutoutou le 14/09/2017 à 14:31
Avatar de KP2 Abonné
Avatar de KP2KP2- 14/09/17 à 14:30:26

ArchangeBlandin a écrit :

C'est la guerre du logiciel froid...
Ça leur manquait de ne plus se chamailler avec les russes.

Ca ressemble à une technique de diversion bien basique... Le gvt Trump est bloqué sur la guerre contre le terrorisme (irak et afghanistan au point mort), bloqué sur les reformes (il n'a même pas démarré) et complètement décrédibilisé au niveau international donc quelle la solution pour garder un peu la tête haute ?
Raviver la peur du Russe, pointer du doigt un "ennemi de la liberté" et en en avant Guingamp !

Par contre, c'est une allumette dangereuse et Trump ne peut pas trop jouer avec car il risque de se cramer les doigts. Il a qq intérêts financiers personnels là-bas, coté idéologie Poutine est plutôt un copain et sa petite affaire d'ingérence dans l'élection US qu'il essaye de planquer n'est pas terminé loin s'en faut...

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