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Toshiba : Western Digital tient la corde pour le rachat, mais Apple veille au grain

On va vraiment manquer de popcorn
Economie 4 min
Toshiba : Western Digital tient la corde pour le rachat, mais Apple veille au grain
Crédits : jamesbenet/iStock

L'été est bientôt terminé et le dénouement du feuilleton de la vente de la branche mémoire de Toshiba n'est toujours pas connu. Les tensions entre les enchérisseurs s'intensifient et le groupe japonais reste muet sur le déroulement du processus.

La branche mémoire de Toshiba est encore en vente, et le nom de son repreneur n'est toujours pas connu. Les candidats ne manquent pas à l'appel, ce qui a tendance à rallonger la durée des négociations, d'autant plus que le groupe japonais n'est visiblement pas encore décidé à faire le tri entre ses prétendants. 

Selon Reuters, des sources proches du dossier affirment qu'une décision formelle doit être prise ce mercredi, avec la signature d'un accord définitif avec les heureux élus dès le 20 septembre. La finalisation de l'opération elle, demandera très certainement au moins un semestre, probablement davantage si Western Digital ne parvient pas à trouver de terrain d'entente avec son ex-partenaire. 

Apple et Western Digital veulent leur part du gâteau

Plusieurs offres sont sur la table. Un point commun les rassemble : Apple, l'un des principaux clients de Toshiba, se trouve derrière une partie du financement de chacune d'elles. La marque à la pomme souhaite en effet sécuriser son approvisionnement en puces mémoire, une denrée de plus en plus rare sur le marché, et l'une des solutions les plus évidentes consiste à prendre des parts chez l'un de ses plus gros fournisseurs.

La mise d'Apple s'élèverait aux alentours de 460 millions de dollars. L'un de ses objectifs est également de s'assurer de garder un certain pouvoir de négociation dans le cas où Western Digital, qui possède déjà SanDisk, se retrouverait aux commandes de Toshiba Memory. 

Aux dires de Toshiba, trois consortiums étaient encore en piste fin août. Le premier est mené par un fonds public japonais (Innovation Network Corporation of Japan), le fonds privé Bain Capital et la Development Bank of Japan, un équivalent local de Bpifrance. Un deuxième groupe « inclut Western Digital » et un dernier comprend Hon Hai, c'est-à-dire Foxconn. 

Les enchères seraient menées pour l'instant par Western Digital, épaulé par le fonds KKR et plusieurs autres investisseurs soutenus par le gouvernement japonais, aurait formulé une offre comprise entre 17 et 18 milliards de dollars. Une somme conséquente dont la majeure partie ne proviendrait pas du fabricant de disques durs, déjà endetté par le rachat de SanDisk. 

En juin dernier, Toshiba avait annoncé avoir choisi son favori pour reprendre sa branche mémoire, mais les négociations ne sont finalement pas arrivées à leur terme dans la fenêtre de temps initialement prévue, à savoir le 28 juin.

Comme chien et chat

Si l'affaire ne s'est pas réglée aussi rapidement, c'est notamment en raison de ses différends avec Western Digital. Les deux entreprises ont des relations très tendues depuis le début de ce feuilleton et les choses ne vont pas en s'améliorant. Elles disposent de parts dans des co-entreprises et, selon le groupe américain, les accords signés prévoient que le transfert des co-entreprises vers une autre structure ne peut se faire sans le consentement des deux intéressés. Or, Western Digital ne souhaite pas qu'un tel changement se produise, tandis que Toshiba pousse dans l'autre sens. 

Western Digital affirmait en juin que « demander un dédommagement au travers d'un arbitrage en justice n'était pas notre premier choix pour résoudre ce différend. Cependant, tous nos efforts pour trouver une solution ont échoué, et nous croyons qu'une action en justice est désormais une étape nécessaire ». Il ajoute que Toshiba a « désormais répudié toute intention d'obtenir le consentement de SanDisk avant de vendre Toshiba Memory au meilleur enchérisseur ».

De l'autre côté, Toshiba dénonçait les agissements de son ancien partenaire qui « contacte les enchérisseurs et les banques les soutenant, les menaçant de poursuites. Cela a mené Toshiba à un point où sa direction n'est plus capable ou ne souhaite plus ignorer ces interférences injustifiées ». Les deux sociétés cherchent désormais un compromis sur la part du produit de la vente à reverser aux co-entreprises. Toshiba table sur un taux de 5 %, que WD trouve très insuffisant. 

Ce passif fait qu'aujourd'hui, le fabricant nippon n'est pas très enclin à céder ses activités, même partiellement, à Western Digital. Les négociations en cours auraient donc trait à déterminer la part du capital que le fabricant de disques durs pourra absorber, et à éviter que WD puisse prendre le contrôle de Toshiba Memory. 

Le temps presse

Pour Toshiba, il serait toutefois bon que les discussions ne trainent pas trop. L'entreprise est dans une situation très délicate sur le plan financier et a grand besoin de faire entrer des liquidités pour d'une part éponger les 7,5 milliards d'euros de pertes enregistrées en 2016 à cause de sa déroute sur le marché des centrales nucléaires.

Un an plus tôt, le groupe avait annoncé 4,2 milliards de dollars de pertes, ce qui avait provoqué son abandon du marché du PC grand public en Europe. Quelques mois auparavant, le géant nippon admettait avoir falsifié ses comptes depuis 2008. Autant de cascades qui ont mis à mal les finances de Toshiba, qui compte donc sur le produit de la vente de ses activités dans la mémoire pour retomber sur ses pattes.

13 commentaires
Avatar de tmtisfree Abonné
Avatar de tmtisfreetmtisfree- 13/09/17 à 07:07:17

à cause de sa déroute sur le marché des centrales nucléaires

Il n'y avait pas besoin d'être grand clerc pour prévoir que le « marché » du nucléaire, hyperrégulé et réglementé, soumis de ce fait à une inflation des coûts exorbitante, dépendant des subsides/garanties étatiques, ne devant d'un côté sa survie qu'à l'hystérie climatique (zéro émission) mais devant faire face de l'autre aux démagogues verts pastèque anti-progrès (zéro énergie), allait plonger.

Sur la vente, Toshiba fait monter les enchères, ce qui est de bonne guerre quand on vend les bijoux de famille. La situation de Toshiba n'est pas si catastrophique, mais les malversations commises par ses dirigeants sont inacceptables.

Avatar de Furanku Abonné
Avatar de FurankuFuranku- 13/09/17 à 07:20:41

tmtisfree a écrit :

Il n'y avait pas besoin d'être grand clerc pour prévoir que le « marché » du nucléaire, hyperrégulé et réglementé, soumis de ce fait à une inflation des coûts exorbitante, dépendant des subsides/garanties étatiques, ne devant d'un côté sa survie qu'à l'hystérie climatique (zéro émission) mais devant faire face de l'autre aux démagogues verts pastèque anti-progrès (zéro énergie), allait plonger.

Je pense que c'est surtout le contre-coup de Fukushima.
Depuis l'accident de la centrale les contrôles se sont accentués, les critères sont plus élevés (du moins en théorie), et les dernières révélations faites sur la centrale ne font qu'enfoncer un peu plus le secteur du nucléaire.
Sans parler qu'on arrive un peu partout dans le monde à des centrales en fin de vie, et que rallonger leur durée a aussi un coût non négligeable.

Ce n'est pas que le contre-coup des "bobo-écolo", mais bien aussi le fruit d'un secteur qui arrive à bout de souffle ;)

Avatar de ArchangeBlandin Abonné
Avatar de ArchangeBlandinArchangeBlandin- 13/09/17 à 07:45:10

Je pense plus que le secteur est dans une période de transition.

Les gens ont peur, les gouvernements ne veulent plus financer, cependant, une fois que les options énergétiques alternatives auront été épuisées, que les vieilles centrales auront quand même fermé, le marché repartira avec une nouvelle génération de réacteurs (enfin, si quelqu'un arrive à couler le béton correctement, vu que dernièrement c'était un des sujets sur les nouveaux chantiers).
On peut supposer que le marché nucléaire va faire quelques années de vache maigre jusqu'à ce que les gens réclament d'avoir de l'électricité les froides nuits d'hiver sans vent (et sans soleil...) mais sans avoir la fumée de la centrale à charbon...

Avatar de tmtisfree Abonné
Avatar de tmtisfreetmtisfree- 13/09/17 à 07:54:23

Furanku a écrit :

Je pense que c'est surtout le contre-coup de Fukushima.
Depuis l'accident de la centrale les contrôles se sont accentués, les critères sont plus élevés (du moins en théorie), et les dernières révélations faites sur la centrale ne font qu'enfoncer un peu plus le secteur du nucléaire.
Sans parler qu'on arrive un peu partout dans le monde à des centrales en fin de vie, et que rallonger leur durée a aussi un coût non négligeable.

Ce n'est pas que le contre-coup des "bobo-écolo", mais bien aussi le fruit d'un secteur qui arrive à bout de souffle ;)

En dépit de ce que prétendent certains, l'influence de Fukushima n'est pas le principal problème. Le gros soucis de Westinghouse (et d'Areva) est la mise au point des nouveaux réacteurs : les pénalités pour les engagements pris sont énormes.

L'inflation des régulations dans le nucléaire date de bien avant le désastre japonnais, certains pays ont des coûts de construction faible et en baisse (Coréens) sans avoir sacrifié la sécurité : par ex. pour un même design dernière génération, les réacteurs chinois coûtent 3 fois moins chers. Certains parlent de racket régulatoire dans le métier...

Le secteur arrive en bout de souffle (en occident) parce qu'il est étranglé financièrement par des régulations inutiles dérivant de la propagande escrologiste. La cause et les effets sont clairement identifiés.

Édité par tmtisfree le 13/09/2017 à 07:56
Avatar de jackjack2 Abonné
Avatar de jackjack2jackjack2- 13/09/17 à 08:31:07

NextInpact, repaire d'experts du nucléaire

Avatar de WereWindle INpactien
Avatar de WereWindleWereWindle- 13/09/17 à 08:51:36

en plus c'est plein de barbus :stress:

Avatar de tmtisfree Abonné
Avatar de tmtisfreetmtisfree- 13/09/17 à 09:00:48

S'intéresser à un sujet essentiel (l'énergie) ne fait pas de quiconque un expert mais quelqu'un d'informé !

(Je reconnais cependant qu'il est évidemment plus facile d'être paresseux et de faire profiter à tous de son fameux « ressenti » sans la moindre information factuelle sur un sujet arbitraire.)

Avatar de loser Abonné
Avatar de loserloser- 13/09/17 à 10:15:02

repaire d'experts en tout :cap:

Avatar de Drepanocytose Abonné
Avatar de DrepanocytoseDrepanocytose- 13/09/17 à 10:37:59

Mais oui bien entendu. Les lobbies nucléaires ne sont pas puissants du tout, et le secteur ne bénéficie pas non plus de subventions faramineuses, ni pour la recherche fondamentale, ni pour la recherche appliquée. Non non non.

Avatar de Liam Abonné
Avatar de LiamLiam- 13/09/17 à 12:34:41

La branche mémoire de Toshiba ça inclut les disques durs ? Parce que de mémoire, lors du rachat d'HGST, WD avait déjà été obligé de vendre une part non-négligeable des lignes de fabrication de disques durs d'HGST à Toshiba pour que le rachat soit autorisé par les régulateurs internationaux. Si WD rachète la branche mémoire de Toshiba et que ça inclut les disques durs, ça risque de pas passer chez les régulateurs...

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