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Big Brother dans des lits connectés d’étudiants ? La réponse du concepteur, le retrait du Crous

À dormir debout
Droit 3 min
Big Brother dans des lits connectés d’étudiants ? La réponse du concepteur, le retrait du Crous
Crédits : Espace Loggia

Le Crous de Rennes-Bretagne voulait installer des capteurs sur les lits d’une résidence universitaire. « Un dispositif qui pose question » estime Ouest France. Contacté, le concepteur de ces lits dénonce une lecture erronée des faits. Le Crous vient de décider malgré tout du retrait de ces sondes.

« Depuis la rentrée, les étudiants de la résidence universitaire Maine 1 à Rennes sont, sans le savoir, les cobayes d’un nouveau concept : le lit connecté. Dix chambres ont été choisies aléatoirement sur les 150 que compte l’établissement pour accueillir le projet » détaille Ouest France. Dans ses colonnes, les réactions d’étudiants oscillent entre sentiment d’espionnage et sacro-saint besoin de sécurité.

Que des capteurs soient installés dans le nid de l’intimité suscite effectivement des interrogations même si le Crous a assuré hier à nos confrères que l’objectif se limite à « planifier l’entretien préventif et d’observer l’usure du lit, pas de sanctionner les élèves ».

Une lecture « sensationnaliste » des faits selon Espace Loggia

Contacté, Paul Malignac, directeur général d’Espace Loggia, le concepteur de ces lits connectés, dénonce une lecture « sensationnaliste » des faits. « Déjà, c’est un programme pilote qui n’a pas commencé ! De plus, il sera lancé avec des étudiants sur une base de volontariat. Enfin, le produit a été mal compris, nous ne collectons aucune donnée personnelle, il s’agit seulement de limiter les coûts pour les organismes publics ». Et celui-ci d’insister : « On est très loin de l’espionnage dont il est question dans Ouest France ».

Différents capteurs sont effectivement installés sur ces lits connectés, de fait des lits escamotables, bardés de plusieurs pièces techniques. « L’idée est de mieux anticiper d’éventuels dysfonctionnements avant même que la panne ne soit perceptible par l’utilisateur » veut tempérer le patron de cette PME de 25 personnes installée en Vendée. 

Trois témoins d'usure 

Ces capteurs mesurent trois points : l’usure des câbles, l’état des fixations murales et la présence de parties déformées. « On ne touche pas au matelas » prévient-il. « Par exemple, on ne peut savoir s’il y a dix étudiants dans cette chambre, on veut juste savoir si ces pièces sont bien serrées ! Dans nos machines-outils, nous avons des capteurs pour signaler les opérations de maintenance. On s’est dit que, sur un lit chargé de contrepoids, il était intéressant d’ajouter une dose de sécurité ».

À ceux qui se demandent pourquoi ce choix d’un lit qui flirte avec 1984, plutôt qu’une conception plus solide, Paul Malignac rétorque : « la confiance n’exclut pas le contrôle. On fait confiance aux ascenseurs ou aux avions, mais on est bien content que des vérifications soient faites ».

Techniquement, les capteurs sont déjà là, mais ils ne sont pas encore connectés, contrairement à ce qui est dit. Activés, tout se passe par liaison chiffrée. « Un panneau qui aujourd’hui n’est connecté à rien, sert ensuite à voir s’il y a usure ». Les capteurs sont censés communiquer à intervalles rapprochés. « On ne saura pas s’il y a une personne sur le lit. Le rythme reste à définir. Peut-être une fois toute les semaines ou deux fois par mois ». En attendant, si le système est déployé, il fera l’objet d’une déclaration à la CNIL par le Crous, tout comme les systèmes de contrôle automatisés, installés par exemple au niveau des portiques d’accès. Cependant, l'institution a préféré se coucher, pourrait-on dire, après cet article paru dans la presse locale.

Le Crous va faire retirer ces capteurs

Contacté, le Crous de Bretagne nous assure être lui aussi « en total désaccord avec ce qu’on a découvert dans Ouest France. Nous démentons toute intention de surveillance. Nous avons simplement accepté que des témoins d’usure soient installés pour optimiser les interventions préventives sur les lits escamotables ».

Malgré tout, bien qu'il nous confirme aussi que le test n’était pas lancé et qu’il allait l’être sur une base volontaire auprès de 10 étudiants, le Centre régional des œuvres universitaires va demander au concepteur de retirer ces capteurs. « On annule l’expérimentation » nous apprend la direction de la communication. « On va demander à Espace Loggia de retirer ces capteurs dans la semaine ».  

137 commentaires
Avatar de Furanku Abonné
Avatar de FurankuFuranku- 07/09/17 à 10:24:02

Alerte reçue par le service technique :

  • Usure du lit 1243.

  • Cause possible : usage intensif à deux personnes.

    :D

Avatar de GentooUser INpactien
Avatar de GentooUserGentooUser- 07/09/17 à 10:25:37

on veut juste savoir si ces pièces sont bien serrées ! S'il faut connecter chaque boulon à internet maintenant...

Et sinon choisir un concept de lit plus sûr de base, genre qui n'a pas besoin d'être surveillé ? 

Avatar de Jarodd INpactien
Avatar de JaroddJarodd- 07/09/17 à 10:25:38

Big Brother dans un lit c'est honteux !

:cartonrouge:

.
..
...

Par contre je ne dis pas non pour Boob Sister :perv:

Avatar de KP2 Abonné
Avatar de KP2KP2- 07/09/17 à 10:25:45

Em meme temps, ils devraient eviter les lits trop "techniques" si ils veulent pas que les etudiants les explosent...

Les mecs veulent eviter que les jeunes s'assoient a plusieurs sur le lit pour pas peter le mecanisme, OK... mais tu fais comment dans une piaule de 9m2 ?
Pour moi, la bétise est là déjà...

Après, le traitement médiatique de la chose, c'est une autre histoire.

Avatar de swiper Abonné
Avatar de swiperswiper- 07/09/17 à 10:26:38

Il a pas fallu attendre longtemps avant qu'une blague graveleuse ne pointe le bout de son lit... :bravo:

Avatar de Xire INpactien
Avatar de XireXire- 07/09/17 à 10:32:39

Ca permet d'avoir plus de chambre

Avatar de mikerblue INpactien
Avatar de mikerbluemikerblue- 07/09/17 à 10:43:41

J'avoue que je suis choqué, je trouve les explications complètement foireuses. N'y a-t-il pas quelqu'un qui fasse un inventaire des chambres chaque années et qui donc voit les "usures" et peut les rapporter à ses supérieurs afin d'effectuer les changements/remplacements/améliorations ? C'est vraiment extrêmement bizarre comme "explications" du pourquoi installer ce genre de capteurs...

Avatar de numerid Abonné
Avatar de numeridnumerid- 07/09/17 à 10:46:59

Et compléter éventuellement par une vérification genre état des lieux...

Avatar de numerid Abonné
Avatar de numeridnumerid- 07/09/17 à 10:47:29

Et pas sûr en prime que ça soit efficace et moins cher.

Avatar de anonyme_751eb151a3e6ce065481d43bf0d18298 INpactien

Plutôt que de claquer du pognon dans ce genre de gadget, ils feraient mieux de prévoir un ou deux m2 en plus dans les clapiers à lapins pour y mettre des lits normaux.

J'ai eu une chambre de 9m2 avec un lit standard. Le lit prend de la place, mais quand t'es tout seul, tu t'en fous, et quand t'es à plusieurs, des gens doivent obligatoirement s'assoir sur le lit...

Édité par ActionFighter le 07/09/2017 à 10:50
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  • Introduction
  • Une lecture « sensationnaliste » des faits selon Espace Loggia
  • Trois témoins d'usure 
  • Le Crous va faire retirer ces capteurs
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