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Uber : des revenus doublés en un an, mais des pertes toujours colossales

Comment mettre d'Uber dans les épinards ?
Economie 4 min
Uber : des revenus doublés en un an, mais des pertes toujours colossales

En pleine tourmente après la démission de son PDG et plusieurs scandales touchant à divers aspects de sa « culture d'entreprise », Uber a présenté à ses investisseurs des résultats assez intéressants. D'un côté, les revenus progressent nettement. De l'autre, les pertes s'accumulent dangereusement.

Les derniers mois ont été plutôt mouvementés pour Uber. Depuis le début de 2017, l'entreprise doit faire face à une liste grandissante d'obstacles : 

C'est donc dans un contexte particulièrement tendu qu'Uber a dû présenter ses résultats trimestriels à ses investisseurs. L'entreprise n'étant pas cotée en bourse, ces informations ne sont normalement pas disponibles publiquement, mais Axios, généralement bien renseigné sur la société, est parvenu à mettre la main sur ces chiffres. 

La croissance, toujours

Plusieurs indicateurs sont à regarder de près pour jauger le niveau de croissance d'Uber, et donc sa forme. La première est celle du montant des courses commandées par les clients de la plateforme. Sur le deuxième trimestre 2017, il s'élève à 8,7 milliards de dollars, un chiffre en hausse de 17 % en trois mois et doublé en un an.

Le prix moyen des courses semble quant à lui avoir reculé, puisque le nombre de trajets effectués par les chauffeurs a bondi de 150 % sur un an, avec une croissance d'environ 90 % sur les marchés « développés » et de 250 % sur ceux « en développement ». Il est à noter que la comparaison ne tient pas compte du marché chinois, abandonné par l'entreprise à l'été 2016, mais inclut le marché russe.

Sur ces courses, Uber prélève des commissions, qui forment une large partie de ses revenus. Le total des revenus de l'entreprise atteint 1,75 milliard de dollars, contre 1,5 milliard au premier trimestre et environ 800 millions de dollars il y a un an.  

Concernant la mise en place de pourboires optionnels pour les chauffeurs, versés à la discrétion du client, de premiers chiffres font surface. Entre le 20 juin et le 20 août, les chauffeurs ont récupéré ainsi environ 50 millions de dollars.

Des pertes qui restent colossales

Si la croissance est au rendez-vous, les bénéfices eux, tardent toujours à venir, même si Uber assure que son activité principale est rentable. L'entreprise dépense en effet de fortes sommes dans d'autres domaines, notamment dans le développement de véhicules autonomes, dernière marotte de la Silicon Valley ou dans la livraison de repas avec UberEATS. 

Les pertes nettes d'Uber atteignent ainsi sur les trois derniers mois 645 millions de dollars. Une somme conséquente, mais malgré tout en baisse de 9 % sur trois mois et de 14 % sur un an. L'EBITDA est lui aussi négatif, à hauteur de 534 millions de dollars, contre 598 millions de pertes au premier trimestre. Les pertes sur six mois dépassent tout de même assez nettement le milliard, et rien ne laisse entrevoir que les deux milliards ne seront pas atteints d'ici fin décembre. 

Fatalement, les réserves de liquidités d'Uber s'amenuisent au fil des mois. De 7,2 milliards de dollars fin mars, il est désormais question de 6,6 milliards à fin juin. À ce rythme-là, Uber va devoir très certainement devoir se lancer dans de nouvelles levées de fonds pour rester sur les rails. 

La question de la valorisation

Seulement, cette fois, lever des fonds devrait être une tâche un peu plus difficile que par le passé pour Uber. Jusqu'ici, l'entreprise était friande de tours de tables. Entre décembre 2014 et juin 2016, nous en avons dénombré dix, pour un montant total de 12,4 milliards de dollars. La dernière en date avait permis au fonds d'investissement public de l'Arabie Saoudite (PIFSA) d'injecter 3,5 milliards de dollars dans l'entreprise, avec une valorisation comprise entre 62,5 et 66 milliards de dollars.

En avril, alors que la moitié des éléments perturbateurs cités en début d'articles n'avaient pas encore pris place, The Information révélait que les actions d'Uber s'échangeaient sur le marché secondaire avec des prix faisant osciller la valorisation de l'entreprise autour de 50 milliards de dollars. 

Il sera donc intéressant de voir si dans les prochains mois les dirigeants d'Uber se résoudront à procéder à un down round, une levée de fonds avec une valorisation en baisse, une pratique qui a souvent tendance à refroidir les investisseurs.

36 commentaires
Avatar de Derived Abonné
Avatar de DerivedDerived- 24/08/17 à 13:37:38

:pciwin: 

Ce sous-titre!

Avatar de LouisDuXVII Abonné
Avatar de LouisDuXVIILouisDuXVII- 24/08/17 à 13:49:54

ce sous titre...

ca force le respect (voir l'abonnement...)

Avatar de alex.d. Abonné
Avatar de alex.d.alex.d.- 24/08/17 à 14:18:13

Bref, toujours déficitaire au bout de 8 ans. Ça tient jusqu'à ce que les investisseurs lâchent.
 

Avatar de 127.0.0.1 INpactien
Avatar de 127.0.0.1127.0.0.1- 24/08/17 à 14:18:52

Si je comprend bien, l'évolution trimestrielle c'est:

  • revenus = 1,75 milliard de dollars (+118% sur un an)
  • pertes = 645 millions de dollars (-14% sur un an)

Donc même avec 950 millions de revenu supplémentaire, Uber n'a épongé que 90 millions de perte.
Faut y croire pour investir à long terme !

Comment mettre d'Uber dans les épinards ?

d'Uber St hubert ?

Avatar de Hipparchia Abonné
Avatar de HipparchiaHipparchia- 24/08/17 à 14:30:36

C'est quand même assez symptomatique. On a une entreprise qui n'est pas rentable, fraude et optimise au mieux, promet monts et merveilles pour ses vrais-faux salariés, et saborde complètement le ciment social (impôts, cotisations sociales).
Et on a des gens qui veulent en faire notre modèle de société pour fluidifier et débloquer les supposés freins à notre vieux modèle.
Que techniquement, Uber (comme d'autres entreprises) ait innové et en ce sens amélioré le service pour les utilisateurs, ok, mais à un moment il va falloir se réveiller et cesser de se comporter n'importe comment aussi en temps que client en favorisant ce genre de modèle qui est loin d'être neutre.

Avatar de AltreX Abonné
Avatar de AltreXAltreX- 24/08/17 à 14:58:18

Ne pas aller trop vite en conclusions, d'après l'article leur activité principale est rentable (à vérifier bien sur) du coup ce serait plutôt la gestion des fond et des investissement de l'entreprise qui serait à recadrer.
Du coup la partie d'Uber transport VTC est pas forcément un mauvais exemple, c'est ce qu'il se passe autour qui l'est selon moi.

Avatar de odoc Abonné
Avatar de odocodoc- 24/08/17 à 15:10:28

mwoué, si c'est rentable uniquement grâce à l'optimisation fiscale, ça rejoins Hipparchia : on a encore un modèle qui sous excuse de "caser" le vieux système détruit en fait tout notre modèle de société (je l'accorde c'est clairement pas le seul et c'est légal ...)

Le truc qui est con avec Uber c'est qu'il suffirait que les centrales de taxis mettent en place une appli du même genre, et généralise la CB (voir CB avec sans contact) pour qu'Uber disparaisse

Après tout les gens ne sont pas aussi cons qu'on veut bien le croire : pour un même niveau de service, entre une entreprise qui respecte le fonctionnement de notre société et une autre qui truande (même légalement), leur choix sera vite fait.

Le problème c'est 'avoir un même niveau de service' (raisonnement qui pourrait d'ailleurs s'appliquer à amazon)

Avatar de AltreX Abonné
Avatar de AltreXAltreX- 24/08/17 à 15:17:21

On est donc tout à fait d'accord.

Avatar de 127.0.0.1 INpactien
Avatar de 127.0.0.1127.0.0.1- 24/08/17 à 15:36:57

Le truc qui est con avec Uber c'est qu'il suffirait que les centrales de taxis mettent en place une appli du même genre, et généralise la CB (voir CB avec sans contact) pour qu'Uber disparaisse

Et oui, mais c'est comme pour le business du tv/ciné... les partisans de l'ancien système espèrent bien que le nouveau système sera supprimé/régulé, et qu'il pourront ainsi continuer à profiter des juteux privilèges qu'ils ont mis en place depuis des années.

Avatar de numerid Abonné
Avatar de numeridnumerid- 24/08/17 à 15:38:52

C'est typique des start-ups !

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