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Zones blanches : les opérateurs mobiles tiennent leurs délais, contrairement à l'État

Les points hauts en berne
Mobilité 5 min
Zones blanches : les opérateurs mobiles tiennent leurs délais, contrairement à l'État
Crédits : Dario Lo Presti/iStock

La couverture 3G des zones blanches avance, à 82 % des centres-bourgs. La 2G y stagne entre janvier et mars, aucun nouveau pylône public n'ayant été installé en zone blanche, ce qui ne semble pas alarmer l'Arcep. Cette dernière confirme tout de même que 40 % de la population en zones rurales dispose de la 4G en 800 MHz.

Chaque trimestre, l'Arcep publie son observatoire des déploiements mobiles en zones peu denses. Il s'agit du principal moyen de suivre l'avancée des opérateurs dans les zones rurales, après les engagements pris début 2015 avec Bercy. La couverture 2G est officiellement en retard sur les 300 centres-bourgs en zones blanches qui devraient être couverts depuis janvier.

Dans le cadre des programmes publics-privés, initiés en 2003, les groupes télécom se sont engagés à couvrir l'ensemble des derniers centres-bourgs sans téléphonie mobile. La solution trouvée est de faire poser des pylônes par l'Etat (pour un coût de départ de 80 millions d'euros) dans ces zones, sur lequel un opérateur déploiera une antenne servant à l'ensemble de ses homologues. Alors que tous les pylônes devaient être posés en janvier, 296 manquent encore à l'appel.

En novembre, Bercy reconnaissait son retard, le justifiant pour des difficultés concrètes d'installation des points hauts. Certains terrains seraient ainsi difficiles à obtenir. Notons d'ailleurs qu'un arrêté récent a allongé la liste de 268 communes « en zones blanches » identifiées en 2015 et 2016, la passant à 351. Autant de nouveaux problèmes potentiels.

Si l'Arcep a déjà appelé les opérateurs et l'État à accélérer leurs déploiements dans ces zones, le message ne semble donc avoir été entendu que par les premiers. Les antennes se déploient, les pylônes publics dus restent dans leurs cartons.

L'Arcep salue l'avancée en zones blanches, alors que la 2G stagne

Sur les zones peu denses, donc, l'Arcep constate officiellement que « ça avance ! » Un verdict qu'on attend habituellement plus d'un employé en retard que d'un régulateur des télécoms en plein contrôle de la couverture mobile, réclamée à cor et à cri par les élus locaux. Dans 3 582 centres-bourgs, les appels mobiles en extérieur devraient être possibles, ce qui n'est pas encore le cas.

Dans le détail, la 2G (voix et SMS) n'a pas bougé d'un iota entre janvier et avril. 92 % des bourgs du programme sont couverts, soit un point de mieux depuis octobre. 296 communes sont encore en attente de pylônes, quand quatre autres n'ont pas encore leurs antennes (dont trois pour des difficultés liées aux pylônes). « L'immense majorité des centres-bourgs restants attendent la construction, par les pouvoirs publics, d'un pylône pour être couverts » résume l'autorité, reprenant mot pour mot le communiqué du 28 février.

Arcep T2 2017 zones peu denses
Crédits : Arcep

Sur la 3G, les opérateurs doivent traiter l'ensemble des centres-bourgs d'ici le 30 juin. Entre janvier et avril, la couverture de ces zones est passée de 75 % à 82 %. Orange déclare couvrir 89 % des communes à sa charge (contre 79 % en janvier), contre 87 % pour SFR (au lieu de 76 %) et 87 % pour Bouygues Telecom (contre 84 %). Sur les 3 816 zones imposées, 3 140 disposent donc de la 3G au dernier recensement, contre 2 851 trois mois plus tôt. Reste 380 qui disposent bien de pylônes publics, mais attendent encore leurs antennes 3G.

Les progrès ont donc eu lieu sur l'Internet mobile, que les opérateurs déploient dans les centres-bourgs où les pylônes sont installés. Le satisfecit de l'Arcep semble quelque peu surjoué vu les difficultés qui persistent sur la pose des pylônes, à la charge de la puissance publique. Il semble d'ailleurs peu probable que l'objectif de « 100 % de 3G » en juin sur les zones blanches soit tenu. Rappelons que les groupes télécom ont six mois pour poser leurs antennes sur les points hauts fournis par l'État, peu importe les retards de ce dernier.

De premières obligations respectées en 4G

Enfin, trois opérateurs devaient fournir de la 4G en 800 MHz à 40 % de la population en zone peu dense le 17 janvier. Ces zones représentent 18 % de la population française, pour 63 % du territoire. À date, les opérateurs déclaraient être en règle, ce que le gendarme a contrôlé entre fin mars et début avril. En clair, impossible de vraiment savoir si les entreprises disaient bien vrai à la mi-janvier.

L'Arcep estime tout de même le contrat rempli (PDF). Les mesures sur le terrain effectuées par AFD Technologies sur 15 zones représentant 10 000 km² (avec 2 000 mesures pour chaque) valident a posteriori les dires des opérateurs. Les cartes de ces derniers devaient être fiables à plus de 95 %, autant dire qu'elles le sont : 99,72 % pour Bouygues Telecom, 98,61 % pour Orange et 99,74 % pour SFR.

Cela a été une vraie course contre la montre pour deux d'entre eux. Début 2016, le régulateur mettait préventivement Bouygues Telecom et SFR en demeure de respecter leurs engagements. Il faut dire qu'en octobre 2015, ils affichaient respectivement 2 % et 0 % de couverture en 4G 800 MHz dans ces zones. Free Mobile, lui, ne dispose pas de fréquences en 800 MHz, mais en 700 MHz. Avec ces dernières, il doit fournir de la 4G à la moitié de la population en zones peu denses d'ici 2022.

En avril, toutes bandes confondues, SFR dit couvrir 68 % de la population en zones rurales, contre 66 % pour Bouygues Telecom, 58 % pour Orange et 45 % pour Free Mobile. Soit au moins quelques points de mieux qu'en janvier. « Ça avance », pourrait-on dire.

23 commentaires
Avatar de brice.wernet Abonné
Avatar de brice.wernetbrice.wernet- 19/05/17 à 12:23:57

Les téléphones sont-ils plus souvent compatibles 800MHz que 700MHz? Parce que visiblement la compatibilité 700MHz est très difficile à établir avant achat, et ça en devient limite un canular (d'un côté on nous annonce la 4G en 700MHz, mais en réalité c'est plutôt ma TV qui peut la capter que mon téléphone)

Avatar de Ectoplasm INpactien
Avatar de EctoplasmEctoplasm- 19/05/17 à 12:34:56

brice.wernet a écrit :

Les téléphones sont-ils plus souvent compatibles 800MHz que 700MHz? Parce que visiblement la compatibilité 700MHz est très difficile à établir avant achat, et ça en devient limite un canular (d'un côté on nous annonce la 4G en 700MHz, mais en réalité c'est plutôt ma TV qui peut la capter que mon téléphone)

Pour le moment, même pas 10% du territoire est ouvert à la récupération de la bande des 700Mhz pour la 4G :
http://www.arcep.fr/fileadmin/reprise/dossiers/frequences/bande-700/carte-dispon...

Les téléphones sont donc le plus souvent compatible avec la bande 800Mhz (B20).
Pour la compatibilité des téléphones en 700Mhz, s'assurer de la prise en charge de la fréquence B28.

Avatar de windfrip Abonné
Avatar de windfripwindfrip- 19/05/17 à 13:13:31

Etant donné que le déploiement du 700MHz est limité par l'extinction des antennes TNT, il faudra attendre un peu pour un déploiement national...

Avatar de tpeg5stan Abonné
Avatar de tpeg5stantpeg5stan- 19/05/17 à 13:24:56

La carte de l'ANFR est plutôt bien faite pour les 700MHz :&nbsphttp://www.anfr.fr/fileadmin/mediatheque/documents/Passage_TNT_HD/Carte-des-ream...

Avatar de alegui INpactien
Avatar de aleguialegui- 19/05/17 à 13:39:47

Celle-là c'est pour le réaménagement de l'émission TV, pour celle disponible à l'émission 4g, il faut regarder celle de l'ARCEP.
Les différences entre les deux provenant de la nécessité des zones tampon pour éviter les brouillages

Avatar de chantoine Abonné
Avatar de chantoinechantoine- 20/05/17 à 10:28:58

"Début 2016, le régulateur mettait préventivement Bouygues Telecom et SFR en demeure de respecter leurs engagements. Il faut dire qu'en octobre 2015, ils affichaient respectivement 2 % et 0 % de couverture en 4G 800 MHz dans ces zones. "Cette mise en demeure préventive était ridicule. Le régulateur ne pouvait pas ne pas savoir que les 2 intéressés étaient engagés à fond dans leur programme "Crozon" de mutualisation en zones non denses (celui là même qui a permis de rattraper - Bouygues - ou dépasser - SFR - Orange en termes de couverture surfacique en 4G), et que celui-ci avait, logiquement, entraîné le gel des déploiements "individuels", donc un petit retard à l'allumage.

Avatar de Patch INpactien
Avatar de PatchPatch- 20/05/17 à 18:10:40

chantoine a écrit :

Cette mise en demeure préventive était ridicule.

Non.

chantoine a écrit :

Le régulateur ne pouvait pas ne pas savoir que les 2 intéressés étaient engagés à fond dans leur programme "Crozon" de mutualisation en zones non denses (celui là même qui a permis de rattraper - Bouygues - ou dépasser - SFR - Orange en termes de couverture surfacique en 4G), et que celui-ci avait, logiquement, entraîné le gel des déploiements "individuels", donc un petit retard à l'allumage.

Peu importe les raisons. Ils sont en retard, l'ARCEP les avertit une ultime fois de ce qu'ils risquent. Point barre. Et s'ils se loupent, ils connaissent les conséquences.

Avatar de anonyme_d5bf0b9f87fd15affa58563db3b0ac5d INpactien

Je ne dirais pas "ridicule", car personne ne peut présager de l'avenir. Par exemple, fin des années 2000, quand on écoutait Free, Free allait investir massivement dans l'infrastructure FttH pair-à-pair. Aujourd'hui on sait que c'est Orange qui a lancé véritablement les hostilités dans les investissements la fibre FttH à partir de l'année 2014 et en G-pon.

Du rêve au projet et du projet à la réalisation, il n'y a qu'un pas (encore faut-il le franchir dans les faits).

Édité par joma74fr le 20/05/2017 à 19:03
Avatar de chantoine Abonné
Avatar de chantoinechantoine- 20/05/17 à 21:52:14

Patch a écrit :

Non.

Peu importe les raisons. Ils sont en retard, l'ARCEP les avertit une ultime fois de ce qu'ils risquent. Point barre. Et s'ils se loupent, ils connaissent les conséquences.

Ils n'étaient pas en retard puisque c'était une mise en demeure "préventive". 

Comme si un gendarme t'arrêtait à 49 km/h en ville en te faisant la leçon parce que tu risques de dépasser le 50.

Alors que Crozon était engagé, avec 12000 sites annonces. Portnawak. 

Avatar de anonyme_d5bf0b9f87fd15affa58563db3b0ac5d INpactien

L'appellation "gendarme des télécoms" est largement surfaite, voire plutôt erronée : l'Arcep est plus un médiateur et un arbitre qu'un censeur.

Moi, j'appelle ça un avertissement, un carton jaune (analogie footballistique).

Et puis, un gendarme fait également de la prévention routière.

Édité par joma74fr le 20/05/2017 à 22:07
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