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L'ANSSI s'explique sur l'annulation du vote électronique des Français de l’étranger

Un risque jugé trop élevé
Droit 3 min
L'ANSSI s'explique sur l'annulation du vote électronique des Français de l’étranger
Crédits : Marc Rees (CC-BY-2.0)

Critiquée, l’annulation du vote électronique à trois mois de l’élection est assumée par l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information. Guillaume Poupard explique à Next INpact les raisons de son avis négatif, à trois mois des législatives.

« Jusqu’au dernier moment, nous avons essayé de faire en sorte que la plateforme soit d’un bon niveau » assure le directeur général de l’ANSSI lors d’un entretien hier, en fin d’après-midi à Paris. « C’est une déception pour tout le monde, pour nous, pour les représentants des Français de l’étranger qui y voyaient un axe de progrès. »

Depuis 2012, dernière grande expérience en date, des travaux ont été menés pour essayer de blinder le dispositif, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et la société espagnole en charge de ces prestations. Seulement, « si la plateforme est clairement meilleure qu’en 2012, le niveau de la menace est aujourd’hui bien supérieur ».

La loi prévoit la possibilité du vote électronique pour les Français de l’étranger, en conditionnant cependant sa mise en œuvre à l’homologation du système. « La commission d’homologation n’a pas encore eu lieu, mais au vu des pièces fournies, le ministère ne sera pas en capacité d’homologuer le système. L’avis de l’ANSSI est négatif. »

Un risque d’image pour la démocratie

Quels sont justement les risques constatés ? « C’est essentiellement un risque d’image. On ne peut exclure un risque sur la sincérité, mais ce qui est plus probable, en termes de faisabilité, c’est une attaque majeure qui rende le système indisponible, détruise des bases, etc. avec un impact important sur l’image du fonctionnement de la démocratie. » L’intéressé n’exclut pas non plus des cas « de manipulations fines, pourquoi pas la publication de la liste des Français qui ont voté pour tel candidat. En termes de fonctionnement démocratique, ce serait grave ».

L’annulation du vote électronique pour les législatives 2017 a été très critiquée, de Frédéric Lefebvre à Axelle Lemaire, et tous ceux qui voient dans ce mécanisme, une facilité importante pour les Français expatriés. L’analyse est partagée, du côté de l’ANSSI : « Certains Français sont à 3 000 km du premier bureau. Ce n’est en effet pas seulement du confort. Certes, le vote par correspondance reste possible, mais il coûte cher et il existe des zones où il n’y pas de garantie que le courrier papier arrive au destinataire. Mais le débat n’est pas là. Il est sur l’appréciation du risque qui nous semble trop élevé ».

L’agenda de cette décision a lui aussi fait l’objet de réprimandes. Explications de l’ANSSI : « si cela n’a pas été annoncé il y a six mois, c’est parce qu’on espérait encore durcir la plateforme. Les moyens ont été mis en œuvre, mais le niveau atteint ne nous semble pas suffisant ».

Un vote n’est pas un sondage

Le patron de l’Agence revient d’ailleurs à quelques fondamentaux : « la théorie du vote électronique est très en avance, mais son implémentation est compliquée. À un moment donné, nous avons toujours un serveur forcément ouvert sur le monde, qui devient une cible ».

Les yeux vers l’avenir, « le concept même de vote électronique n’est pas remis en cause. Ce n’est pas le moment de relever le stylo. D’ici les prochaines élections, cela reste un objectif ». En attendant, un rappel en guise de conclusion : « Une élection ce n’est pas un sondage, la régularité doit être garantie. Or, on n’est pas à même de garantir la régularité du scrutin ». 

64 commentaires
Avatar de Arystos INpactien
Avatar de ArystosArystos- 07/03/17 à 07:48:42

Ils vont peut-être se faire critiquer pour leur décision, mais je la trouve normale.
Le but c'est de fournir un serveur sécurisé pour permettre aux gens de voter, hors si même eux ne sont pas capable de fournir un serveur qui correspond au minimum de leur prérequis, autant ne pas le mettre en place.

C'est con, mais je préfère ne pas avoir un système qu'en avoir un qui est instable ou pas sécurisé.

Avatar de anonyme_751eb151a3e6ce065481d43bf0d18298 INpactien

Sage décision, et courageuse au vu des réactions outrées de personnes parlant de "déni démocratique" pour le fait de ne pas vouloir homologuer un truc bancal...

Avatar de _Quentin_ Abonné
Avatar de _Quentin__Quentin_- 07/03/17 à 07:52:04

Exactement :yes:
Comme ils disent, c'est pas un sondage qu'on fait là. Il faut que le système soit disponible (même en cas d'attaque) et reste fiable, il faut que chaque vote soit comptabilisé correctement et qu'il y ait aucune possibilité d'erreur/triche (que ce soit en interne comme en externe).

Content de leur réaction, en espérant que le jour où ils mettent ça en place, ce soit véritablement bien fait.

Avatar de picatrix INpactien
Avatar de picatrixpicatrix- 07/03/17 à 08:17:33

je ne comprends pas pourquoi on laisse voter les "français de l'étranger" et pas les "étrangers de France".
Après tout dans les deux cas ce sont des types qui ne sont pas dans leur propre pays et qui votent en France.

Avatar de CUlater INpactien
Avatar de CUlaterCUlater- 07/03/17 à 08:18:16

P*tain, 5 ans! 5 ans pour remettre à niveau une plateforme, en toute connaissance des deadlines, et toujours incapables.

si cela n’a pas été annoncé il y a six mois, c’est parce qu’on espérait encore durcir la plateforme.
Très réaliste d'espérer faire en 6 mois ce qui n'a pas été possible en 4 ans :fumer:

Avatar de Arystos INpactien
Avatar de ArystosArystos- 07/03/17 à 08:21:15

C'est essentiellement pour les DOM TOM.
Si tu es en Guyane Française, tu es un Français, sur le territoire français, mais pas en France, donc à l'étranger.
 

Avatar de Jarodd INpactien
Avatar de JaroddJarodd- 07/03/17 à 08:22:42

On ne peut exclure un risque sur la sincérité, mais ce qui est plus
probable, en termes de faisabilité, c’est une attaque majeure qui rende
le système indisponible, détruise des bases, etc. avec un impact
important sur l’image du fonctionnement de la démocratie

Ce risque sera toujours présent, et même de plus en plus fort. Donc on fait quoi, on n'autorise jamais ce vote ? 
Je rappelle qu'un million de personnes en France votent sur des machins à voter. Mais là, le risque de "manipulation fine, la publication de la liste des Français qui ont voté pour tel candidat", ça ne dérange personne.

Avatar de Trog Abonné
Avatar de TrogTrog- 07/03/17 à 08:23:28

Ce serait tellement plus simple d'avoir des cartes d'identité à puce et des lecteurs, non ?

Avatar de FunnyD INpactien
Avatar de FunnyDFunnyD- 07/03/17 à 08:25:54

Bonne décision, argumentée qui plus est. Dommage que les détracteurs aient plus de poids médiatique que l'ANSSI.

Avatar de Milton Évantel Abonné
Avatar de Milton ÉvantelMilton Évantel- 07/03/17 à 08:29:24

En  raison de l’article 3 de la Constitution : « la souveraineté nationale appartient au peuple ». Il a donc fallu modifier la constitution (article 88-3) pour permettre aux étrangers de l’Union européenne de voter aux élections municipales et d’y être éligibles, sous certaines conditions précises (visant à limiter l’impact sur les sénatoriales, en fait). Je ne sais pas si le corps constituant accepterait d’étendre encore cette possibilité sans condition de réciprocité.

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