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Couverture 2G : la promesse de l'État est officiellement non tenue en zone blanche

Mais chut
Mobilité 4 min
Couverture 2G : la promesse de l'État est officiellement non tenue en zone blanche
Crédits : MaxRiesgo/iStock

L'Arcep affirme que 92 % des centres-bourgs en zone blanche étaient couverts en 2G en janvier... Alors que le gouvernement promettait de régler entièrement la question à cette échéance. Une promesse non tenue, qui tient surtout aux soucis de l'État à déployer les pylônes où installer les antennes.

L'échec est bien plus discret que l'annonce. Fin 2016, l'ensemble des centres-bourgs français n'étaient pas couverts en 2G, contrairement à ce qu'a promis le gouvernement en mai 2015. Sous pression, les opérateurs ont accepté de traiter l'ensemble des communes en zone blanche (1 % de la population), ainsi que 1 300 sites hors des bourgs (d'abord 800). Une annonce en grandes pompes, qui répondait aux plaintes récurrentes des élus sur le sujet.

À l'été 2015, l'Arcep obtenait un pouvoir de sanction sur le sujet, pour ne pas répéter l'erreur des vagues de couverture qui se sont succédées depuis 2003. L'État a également décidé de casser la tirelire en finançant les pylônes, pour 80 millions d'euros, charge restant aux opérateurs d'installer une antenne mutualisée, pour au moins fournir une couverture téléphonique en extérieur. Las, Bercy nous affirmait fin novembre que l'objectif ne serait pas tenu.

2G : l'Arcep pointe la bonne tenue des opérateurs

Dans son dernier observatoire des zones peu denses, le gendarme des télécoms affirme que 92 % des centres-bourgs étaient couverts en 2G en janvier, contre 91 % en octobre dernier. Cela donne 3 282 communes déclarées « traitées » sur les 3 800 du programme. Au total, quatre sont en attente d'antennes, quand 296 autres n'ont pas encore de pylône public où installer ces équipements.

Dans le détail, Orange a déployé une antenne sur tous les pylônes à sa disposition, et en attend 13 autres. Bouygues Telecom a une antenne à installer, au 31 décembre, pour 29 pylônes manquants. SFR a trois équipements de retard, et 20 supports en attente. Enfin, Free Mobile, qui n'a pas encore déployé d'antenne, n'a aucun des 234 supports nécessaires à disposition pour la voix et les SMS (via la 3G). Des chiffres honorables, qui montrent que le problème est désormais du côté de l'État, après des sanctions contre Orange et SFR (à hauteur de 400 000 euros) pour des retards l'an dernier.

Couverture 2G Arcep
Couverture 2G et 3G en zones blanches en janvier 2017 - Crédits : Arcep

Sans détour, Bercy nous confirmait des problèmes d'installation des antennes, notamment pour trouver les terrains nécessaires aux pylônes. En janvier, le directeur général de SFR, Michel Paulin, nous affirmait que l'installation des derniers pylônes est effectivement difficile... Cela tiendrait notamment à la réticence qu'afficheraient certaines communes face à la construction de ces équipements.

En dehors des quatre antennes avec un pylône disponible, les opérateurs ne risquent pas de sanction pour ce retard. En fait, au-delà de l'échéance du 31 décembre 2016, ils doivent déployer leur équipement dans les six mois après la mise à disposition d'un support. Si un pylône n'est installé qu'en 2017 ou 2018, et qu'en moins de six mois une antenne apparaît, ils sont dans les règles. Le blocage vient donc bien de l'État, qui ne va pas se sanctionner pour ses propres délais.

Il notait également que les 1 300 sites supplémentaires à couvrir en zones blanches, en dehors des centres-bourgs, ne seraient pas tant prisés des collectivités. Ils doivent encore être attribués dans le courant de l'année.

75 % de couverture 3G, premier engagement tenu en 4G

Sur la 3G, les opérateurs affichent 75 % de couverture des zones peu denses, alors qu'ils doivent atteindre 100 % en juin. Le rythme est soutenu : en octobre dernier, seuls 57 % des centres-bourgs avaient droit à l'Internet mobile. Concrètement, Orange affiche 79 % (68 % en octobre), avec 248 antennes restant à poser et 13 pylônes en attente. Bouygues Telecom le surclasse avec 84 %  (58 % en octobre), 150 équipements restants et 29 pylônes indisponibles. Enfin, SFR affiche 76 % de zone couverte (56 % trois mois plus tôt), 271 antennes à poser et 20 pylônes à construire. Free Mobile, lui, doit encore recevoir 234 pylônes. Rappelons qu'il s'agit des mêmes supports qu'en 2G.

Du côté de la 4G (800 MHz), le bilan est plus souriant, avec un objectif de 40 % de couverture de la population en zones peu denses à la mi-janvier qui semble bien rempli. Des mesures sont en cours par l'Arcep pour les contrôler. Orange déclare ainsi 54 % de couverture, contre 52 % pour Bouygues Telecom et 50 % pour SFR. Les opérateurs respecteraient donc bien les obligations liées à leurs licences 800 MHz ; Free Mobile est exclu, n'en disposant pas.

Pour Bouygues Telecom et SFR, ces derniers mois ont ressemblé à un marathon de déploiement. Le premier affichait à peine 2 % de population en 4G (800 MHz) dans ces zones en octobre 2015, contre 0 % pour SFR. Ce dernier domine d'ailleurs ceux-ci, surpassant de loin ceux de la concurrence. Un coup de collier salutaire dans ces zones, et qui lui permet de s'en vanter largement en janvier, même si le nombre de ses abonnés continue de chuter (voir notre analyse).

39 commentaires
Avatar de picatrix INpactien
Avatar de picatrixpicatrix- 01/03/17 à 14:08:57

une fois que tout le territoire sera couvert on verra alors le lobby des électrosensibles monter au créneau et pleurnicher.

Avatar de blob741 INpactien
Avatar de blob741blob741- 01/03/17 à 14:14:10

À quoi ça sert de déployer la 2G alors que ce sera coupé dans 2 ans max et que Free va bientôt arrêter.

Ils prévoient tant de ventes de 3310 que ça ?

Avatar de anonyme_5308cee4763677866e1421efa4474f79 INpactien

L'ARCEP aurait dû être bcp plus contraignante et exigeante sur ce point depuis des années, on parle de la 2G, une techno mobile obsolète alors qu'on est en 2017 et qu'on fait déjà la promotion de la 5G...

Le pbm est que la présence de la 2G s'apparente à une forme de service public élémentaire (une couverture mobile pour tous), mise en place par des entreprises privées qui rechignent à prendre en charge les frais d'une installation qui leur coûtera plus qu'elle ne leur rapporte.

Avatar de skan INpactien
Avatar de skanskan- 01/03/17 à 14:23:35

Un rapport avec les démantellement des bornes SOS au bord des routes?
(qui lui n'est pas en retard)

Avatar de wanou2 Abonné
Avatar de wanou2wanou2- 01/03/17 à 14:25:46

L'avantage de la 2G c'est que malgré ses défauts elle me parait très robustes. Il m'arrive dans des coins un peu paumé de forcer la 2G ainsi ma conversation est maintenue alors qu'en 3G la coupure arrive plus rapidement (dans les deux cas la qualité de le conversation est lamentable).

Avatar de Tirnon Abonné
Avatar de TirnonTirnon- 01/03/17 à 14:27:52

Donc les maires râlent parce qu'ils n'ont aucune couverture 2G mais ne trouvent pas de terrain où poser les antennes ? L'ARCEP vas condamner l'état pour ces manquements ? :D

Avatar de KP2 Abonné
Avatar de KP2KP2- 01/03/17 à 14:39:30

picatrix a écrit :

une fois que tout le territoire sera couvert on verra alors le lobby des électrosensibles monter au créneau et pleurnicher.

Ils le font déjà... même là ou il n'y a pas d'antenne en fonctionnement

Avatar de renaud07 INpactien
Avatar de renaud07renaud07- 01/03/17 à 14:42:22

A mon avis les équipements sont techniquement capables de faire de la 3G, c'est juste que c'est pas allumé. Donc le jour où ils arrête la 2G ils pourront allumer la 3G en RAN sharing.

Édité par renaud07 le 01/03/2017 à 14:42
Avatar de Carpette INpactien
Avatar de CarpetteCarpette- 01/03/17 à 14:42:40

Crysalide a écrit :

L'ARCEP aurait dû être bcp plus contraignante et exigeante sur ce point depuis des années, on parle de la 2G, une techno mobile obsolète alors qu'on est en 2017 et qu'on fait déjà la promotion de la 5G...

Le pbm est que la présence de la 2G s'apparente à une forme de service public élémentaire (une couverture mobile pour tous), mise en place par des entreprises privées qui rechignent à prendre en charge les frais d'une installation qui leur coûtera plus qu'elle ne leur rapporte.

La 2G n'interdit pas le reste. L'idee c'est d'avoir un reseau telephonique disponible sur tout le territoire habite. Pour cela, la 2G ne coute pas cher et est parfaitement adaptee. A savoir que la france a prevu de garder la 2G pendant assez longtemps tout en laissant d'autres techno se deployer.

Quand on y reflechit c'est strategiquement pas idiot. 
 

skan a écrit :

Un rapport avec les démantellement des bornes SOS au bord des routes?
(qui lui n'est pas en retard)

Probablement pas mais a quoi servent ces bornes quand 99% de la population a un portable ? Comment on faisait avant ? Tu fais un signe de la main et des gens s'arretent. Quitte a attendre 1h sur un axe paume. Si ca peut diminuer mes impots je ne serai pas contre.

Avatar de tpeg5stan Abonné
Avatar de tpeg5stantpeg5stan- 01/03/17 à 14:45:38

Carpette a écrit :

Tu fais un signe de la main et des gens s'arretent. 

on parle du même pays, la France, là ?

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