Harold Martin, ancien sous-traitant de la NSA, a finalement été inculpé par grand jury pour vol de documents portant atteinte à la sécurité de l’État. L’accusation pointe notamment sur 20 documents ultra sensibles, chacun pouvant lui valoir dix ans d’emprisonnement.
L’inculpation ne réserve aucune surprise, tant les preuves contre Harold Martin semblant accablantes. Rappelons que cet ancien sous-traitant de la NSA, employé chez Booz Allen Hamilton (comme Edward Snowden), a été arrêté le 27 août 2016 par le FBI. Un grand nombre de documents auraient été retrouvés chez lui, ainsi que plus de 1 000 dollars de matériel dérobé et 50 To de données diverses, mais souvent sensibles.
Les preuves étaient jugées « accablantes », avec notamment des informations personnelles sur des employés du gouvernement et des documents portant sur les plans envisagés contre « un ennemi connu des États-Unis et de leurs alliés ». Ce trésor de guerre aurait été accumulé sur plus de 20 ans, sans que l'on sache ce qu'il comptait en faire exactement.
20 documents particulièrement sensibles dans la masse
Selon le département américain de la Justice en effet, Martin aurait commencé à accumuler des documents dès décembre 1993. Il n’aurait arrêté que le 27 août 2016, lors de son arrestation. Il a travaillé en tout pour sept entreprises différentes, ses niveaux d’accréditation lui permettant d’intervenir comme sous-traitant dans plusieurs agences fédérales. Il était ainsi en mesure d’accéder aux ressources classées Top Secret ou Sensitive Compartmented Information (SCI). Il a également reçu plusieurs formations sur la manière de protéger ces données.
L’inculpation, datée d’hier, a été publié par Ars Technica. Elle mentionne 20 documents spécifiques et jugés particulièrement sensibles, tous classés top-secrets. L’un en particulier évoque les futures grandes lignes de l’organisation de la NSA. Pour chacun d’entre eux, Harold Martin encourt dix ans de prison. De quoi passer le reste de ses jours derrière les barreaux s’il devait être reconnu coupable pour chacun.
Le département de la Justice est sur la brèche
Dans un communiqué publié cette nuit, le département américain de la Justice ne mâche pas ses mots. L’assistant du procureur général, McCord, indique ainsi que « Martin a violé la confiance que la nation avait placée en lui en volant et gardant des documents classifiés […]. Les menaces intérieures sont un danger significatif pour notre sécurité nationale et nous continuerons à travailler sans relâche […] pour identifier, pourchasser et poursuivre en justice de tels individus ».
Même son de cloche pour l’agence spécial Gordon B. Johnson du FBI : « Retenir volontairement des informations classifiées sur la défense nationale de manière vulnérable est une violation des règles de sécurité et de la loi, qui fragilise notre sécurité nationale et ne peut être toléré ». Le FBI indique qu’il enquêtera « vigoureusement » sur toute affaire impliquant des données sensibles stockées de manière vulnérable. Ce qui aurait été le cas pour Harold Martin, puisque des documents se trouvaient en partie dans de simples boites en carton.
Le procès débutera la semaine prochaine
L’accusé devra se présenter le 14 février prochain devant un tribunal fédéral de Baltimore. Il est possible que le département de la Justice souhaite faire un exemple de Harold Martin, pour plusieurs raisons. Sans même parler d’un Edward Snowden qui reste inaccessible puisque réfugié en Russie, le procès qui va s’ouvrir concerne tout simplement la plus grosse fuite de données sensibles de l’histoire américaine.