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La Silicon Valley se ligue contre le décret anti-immigration de Donald Trump

Paroles, paroles
Droit 6 min
La Silicon Valley se ligue contre le décret anti-immigration de Donald Trump
Crédits : ginosphotos/iStock

De toutes parts, les entreprises de la Silicon Valley affichent leur soutien aux immigrés face au décret anti-immigration récemment signé par Donald Trump. La plupart promettent de soutenir leurs employés, une partie soutenant même des organisations combattant légalement le texte, à l'image de l'ACLU.

Il y a quelques jours, Donald Trump a signé un décret interdisant l'entrée aux États-Unis de ressortissants de sept pays à majorité musulmane. Ceux venant d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan et du Yémen sont refusés pendant 90 jours, pendant que les réfugiés syriens sont bloqués indéfiniment. Une annonce qui a déclenché un tollé, notamment du côté de la Silicon Valley, dont une part importante des dirigeants et des employés sont étrangers.

Depuis la signature en effet, une avalanche de réactions de ces patrons est tombée dans les colonnes des journaux et les emails des employés. Pressées sur leur rôle social – notamment depuis la dernière élection américaine – ces entreprises s'affichent pour la première fois ouvertement contre le nouveau président... Après avoir tenté la conciliation lors d'une réunion en novembre.

Des GAFAM mobilisés, mais pas tous publiquement

La plupart des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) se sont rapidement exprimés contre ce décret. L'un des premiers a été Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. « Les États-Unis sont une nation d'immigrants, et nous devrions en être fiers » a écrit Mark Zuckerberg le 27 janvier, dans un message public sur son réseau social. Il y appelle à ne pas étendre les mesures contre les personnes qui ne posent pas de risque pour le pays. Il demande également à maintenir l'accueil des réfugiés.

Pour sa part, le patron d'Apple, Tim Cook, a envoyé une lettre à ses employés. Dans ce message, obtenu par Business Insider, il affirme être en contact avec la Maison blanche pour s'opposer au décret. Les employés concernés par la mesure auraient été contactés par l'entreprise, qui leur promet l'aide dont ils auraient besoin. 

Chez Microsoft, c'est Brad Smith, président et responsable des affaires juridiques, qui s'est fendu d'un email adressé à l'ensemble des employés, ensuite publié par Satya Nadella sur LinkedIn. Comme Facebook, Microsoft défend le Deferred Access for Childhood Arrivals (DACA), qui protège les jeunes immigrés. Sa filiale LinkedIn affirme pour sa part accélérer son programme d'accueil de réfugiés déjà présents sur le sol américain.

Chez Google, le cofondateur Sergey Brin a participé à la manifestation organisée à l'aéroport de San Francisco. Dans un mémo envoyé au personnel, Sundar Pichai estime « douloureux » de voir ce décret avoir des effets sur les salariés du groupe. L'entreprise a monté un fonds de crise de deux millions de dollars, que les employés peuvent compléter de deux autres, à destination d'associations comme l'American Civil Liberties Union (ACLU). 187 salariés seraient concernés par le décret. Au Wall Street Journal, l'un d'eux affirme que cette annonce soudaine « bouleverse sa vie ».

Enfin, la direction des ressources humaines d'Amazon promet une aide légale aux salariés affectés, comme les autres GAFAM. Cela même si le silence de Jeff Bezos est remarqué par Business Insider.

Uber subit des protestations, Elon Musk prône l'amendement

L'absence de réaction publique peut mener à la contestation d'entreprises, comme Uber. Une campagne #DeleteUber a émergé ces derniers jours. La raison ? Uber aurait profité d'un mouvement des taxis, à l'aéroport international JFK de New York, pour abaisser ses prix et attirer plus de clients. La pilule n'est pas passée, et l'entreprise a publié deux communiqués pour rétablir la situation.

Le service de VTC, très critiqué sur les questions sociales, a promis de mettre en place un fonds de trois millions de dollars, pour aider les chauffeurs mis en difficulté, notamment via des services de traduction. Une méthode déjà utilisée en France avec le fonds de deux millions d'euros, promis pour les chauffeurs en difficulté, sans plus de détails. En parallèle, l'entreprise financée par Google promet un soutien légal aux chauffeurs concernés et de faire pression sur Washington.

Son concurrent Lyft a tenu une position bien moins ambiguë. Dans un message à ses clients, la société affirme : « Nous nous opposons fermement à ces actions, et ne serons pas silencieux sur les sujets qui menacent nos valeurs ». Plus concrètement, elle promet de donner un million de dollars à l'ACLU dans les quatre prochaines années.

Du côté d'Airbnb, son cofondateur Brian Chesky promet un logement gratuit aux réfugiés et personnes non-autorisées aux États-Unis. Le service fournit un formulaire pour proposer son logement aux personnes bannies du pays. À noter qu'il est disponible en français. En parallèle, Elon Musk, le patron de SpaceX et Tesla, affirme sur Twitter que « le bannissement global des ressortissants de certains pays à majorité musulmane n'est pas la meilleure réponse aux défis du pays ». Conseiller de Trump, il demande publiquement des pistes d'amendement pour aménager le texte.

Des réactions en cascade dans la Silicon Valley

En fait, les personnalités qui ne se sont pas exprimées semblent plutôt rares. Le patron de Salesforce, Mar Benioff, a marqué son soutien à la contestation via son compte Twitter. Reed Hastings, à la tête de Netflix, a déclaré sur Facebook que les actions de Trump « sont si non-Américaines qu'elles nous font tous du mal ». Chad Dickerson d'Etsy a marqué son refus de « l'exclusion selon la nationalité ou la religion. Point ».

Sam Altman, derrière l'incubateur Y Combinator, estimait pour sa part qu'« il est temps que les entreprises de la Silicon Valley s'élèvent contre les actions de l'administration Trump », dans un billet de blog du 28 janvier, semble-t-il largement suivi. Jack Dorsey de Twitter a multiplié les messages en faveur des manifestations et de l'ACLU. « L'impact humanitaire et économique du décret est réel et dérangeant. Nous bénéficions de ce que les réfugiés et immigrants apportent aux États-Unis » écrit-il.

D'autres sociétés ont multiplié les interventions, à l'image des hébergeurs Box, Dropbox ou des solutions de paiement Square et Stripe. De son côté, Mozilla a condamné dans un billet de blog le décret anti-immigration, estimé inutilement large. « La diversité dans toutes ses formes est cruciale à la croissance, l'innovation ainsi qu'à une société innovante et saine » argue la fondation.

La mobilisation s'est matérialisée très concrètement pour l'ACLU, une organisation à but non lucratif qui combat le décret en question. Elle affirme avoir reçu 24,2 millions de dollars de dons sur le week-end, soit plus de cinq fois ce qu'elle reçoit habituellement en une année. La société a notamment bénéficié de nombreux soutiens publics sur Twitter, dont celui de l'investisseur Chris Sacca, qui lui a promis 150 000 dollars, ou de Jack Dorsey.

Et en France ?

Si de telles mesures ne semblent pas encore à l'ordre du jour, le débat n'est pas totalement écarté. Il a brièvement émergé lors du CES de Las Vegas, quand des personnalités politiques ont lancé une opération séduction auprès des entrepreneurs du numérique. Axelle Lemaire fustigeait ainsi la volonté de fermeture de nombreux pays, estimant que la France doit être une nation ouverte.

Pour sa part, François Fillon promettait que le contrôle strict de l'immigration qu'il prône n'entraverait pas les recrutements des groupes numériques, sans plus de détails. Avant-hier, François Hollande poussait un cri d'alarme contre la volonté de repli sur soi, ajoutant que l'accueil des réfugiés est l'un des fondements de notre démocratie.

608 commentaires
Avatar de Drepanocytose Abonné
Avatar de DrepanocytoseDrepanocytose- 30/01/17 à 16:15:05

Bah ils ont voté, ils se plaignent de quoi les rednecks ?
Assumez mzintenant. Repliez vous sur vous memes, et crevez étouffés dans votre propre fange derriere vos jolis murs.

Avatar de picatrix INpactien
Avatar de picatrixpicatrix- 30/01/17 à 16:16:10

le père biologique de steve Jobs s'appelle Abdulfattah Jandali et est né en Syrie, originaire de le ville de Homs.

Avatar de jackjack2 Abonné
Avatar de jackjack2jackjack2- 30/01/17 à 16:17:25

Vous (sociétés) êtes implantés dans un pays, vous assumez ses lois (et décrets)

Si vous n'êtes pas content, quittez-le

Édité par jackjack2 le 30/01/2017 à 16:18
Avatar de carbier INpactien
Avatar de carbiercarbier- 30/01/17 à 16:17:29

Drepanocytose a écrit :

Bah ils ont voté, ils se plaignent de quoi les rednecks ?
Assumez mzintenant. Repliez vous sur vous memes, et crevez étouffés dans votre propre fange derriere vos jolis murs.

Ben justement les rednecks qui ont vôté Trump vivent déjà entre eux. Au contraire ce sont ceux qui vivent dans la diversité (côte Est et cote Ouest) qui n'ont pas voté pour lui.

Avatar de carbier INpactien
Avatar de carbiercarbier- 30/01/17 à 16:18:03

picatrix a écrit :

le père biologique de steve Jobs s'appelle Abdulfattah Jandali et est né en Syrie, originaire de le ville de Homs.

Tu as été plus rapide
:yes:

  • Brin est né en Russie
  • Nadella est né en Inde

Et en dehors de cela, avant le 17e siècle les US étaient le pays des amérindiens, une nation entière d'immigrés qui veulent mettre dehors les immigrés :mad2:

Édité par carbier le 30/01/2017 à 16:21
Avatar de tpeg5stan Abonné
Avatar de tpeg5stantpeg5stan- 30/01/17 à 16:18:37

l'accueil des réfugiés est l'un des fondements de notre démocratie.
Quel article de la DDHC ? Quel préambule de la constitution ? Toujours à côté de la plaque, si les USA, le Canada, l'Australie se sont construits sur l'immigration, ce n'est pas le cas de la France. C'est même Justin Trudeau qui le rappelait sur Twitter.

Avatar de Aytine INpactien
Avatar de AytineAytine- 30/01/17 à 16:19:41

Faut comprendre que y a deux Amériques qui cohabitent en ce moment : les rednecks comme tu les appelle et les jeunes plus cosmopolites.
Tu rajoute à ça le fait que plus de la moitié de la population n'a pas voté, les rednecks sont pas si nombreux qu'on le pense

Avatar de DUNplus Abonné
Avatar de DUNplusDUNplus- 30/01/17 à 16:19:54

picatrix a écrit :

le père biologique de steve Jobs s'appelle Abdulfattah Jandali et est né en Syrie, originaire de le ville de Homs.

Tu veut dire que si DT était la a l’époque, je serais pas hateboy Apple ? Ben merde alors.... wait!

Avatar de darkbeast Abonné
Avatar de darkbeastdarkbeast- 30/01/17 à 16:21:08

tpeg5stan a écrit :

Quel article de la DDHC ? Quel préambule de la constitution ? Toujours à côté de la plaque, si les USA, le Canada, l'Australie se sont construits sur l'immigration, ce n'est pas le cas de la France. C'est même Justin Trudeau qui le rappelait sur Twitter.

ha bon, on a pas eu des immigrés portugais, polonais, italiens, algériens, marocains....

Avatar de Aytine INpactien
Avatar de AytineAytine- 30/01/17 à 16:21:56

Donc dans ta logique, ne devraient rester dans un pays que les gens en accord total avec le gouvernement ?
Geez, that must be fun

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