Bientôt une application officielle pour signaler une prise d’otage ou un attentat ?

Poivre et cell
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Bientôt une application officielle pour signaler une prise d’otage ou un attentat ?
Crédits : zozzzzo/iStock

Le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, vient de confier à un parlementaire que le gouvernement réfléchissait à l’introduction de dispositifs d’alerte « remontants ». L’idée : permettre notamment à des personnes victimes d’une prise d’otage de prévenir les forces de l’ordre avec plus de discrétion qu’un appel vocal.

En dépit des loupés de l’application SAIP (avertissement tardif lors du drame de Nice, fausse alerte à Paris courant septembre...), l’exécutif reste convaincu de son choix. « Les services de l'État se sont appuyés sur les conclusions d'un rapport inter inspections » pour éclairer leur décision, se justifie Bruno Le Roux dans une réponse à une question écrite du député Julien Aubert.

« Le choix de développer une application mobile s'est imposé au regard de l'étude des gains attendus de chacune des solutions alternatives, à savoir le cell-broadcast et le SMS géolocalisé » poursuit l’intéressé. Alors que son prédécesseur, Bernard Cazeneuve, s’était opposé à l’envoi de textos dans certaines zones sans avancer d’arguments, Bruno Le Roux se montre quant à lui un peu plus disert : ces deux options « n'ont pas été retenues dans l'immédiat du fait des nombreuses contraintes qu'elles présentent, lesquelles surpassent les bénéfices pouvant en être attendus », soutient-il.

Ces pistes ne sont pas pour autant « totalement écartées », ménage-t-il. Le député Luc Belot, qui milite depuis des mois auprès de la Place Beauvau pour que l’on introduise des SMS géolocalisés, nous confiait néanmoins il y a peu que les discussions avec le gouvernement étaient au point mort. Dans une précédente réponse écrite, le ministre de l'Intérieur avait insisté sur les « défauts d'ordre opérationnel » de cette solution (risque de saturation des réseaux notamment).

L’exécutif réfléchit à une éventuelle « application 17 »

Bruno Le Roux annonce surtout que la possibilité « de compléter de tels dispositifs par d'autres visant l'alerte « remontante » fait actuellement l'objet d'études ». Objectif ? « Permettre à nos concitoyens de signaler aux services de sécurité ainsi qu'aux services d'urgence tous les faits nécessitant l'intervention de ces derniers ou leur permettant de davantage circonscrire le champ d'une menace ou d'une crise dont ils sont déjà informés et ainsi de faciliter les conditions de l'intervention ».

En clair, l’application SAIP pourrait être modifiée de telle sorte qu’il deviendrait possible de lancer l’alerte plutôt que de la recevoir uniquement. Autre piste imaginable : la création d’une application dédiée, comme l’avait suggéré le juriste Nicolas Poirier. L’enjeu est double, nous expliquait-il au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 : « que ce signalement soit pris en compte instantanément par les forces de police pouvant intervenir à proximité et qu’il puisse se faire silencieusement pour ne pas compromettre la sécurité de celui ou celle qui en est l'auteur puisque sa vie ou son intégrité physique peuvent être en jeu » (en cas de prise d'otage notamment).

Le ministre de l’Intérieur précise enfin que l’application SAIP a été téléchargée plus de 700 000 fois à ce jour – à 58 % via l’AppStore et 42 % sur Google Play, les Windows Phone n’étant toujours pas « éligibles ». Le tout pour un budget qui a dépassé les 400 000 euros, comme l’a récemment révélé la procédure « CADA » engagée par un citoyen (voir ici).

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