Le Conseil d’orientation pour l’emploi relativise l’impact de la robotisation

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Le Conseil d’orientation pour l’emploi relativise l’impact de la robotisation
Crédits : microgen/iStock

Alors que la robotisation croissante est actuellement brandie par certains pour justifier l’instauration d’un revenu de base, un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) vient relativiser l’impact de l'automatisation sur les travailleurs. L’institution estime que moins de 10 % des emplois seraient menacés à terme.

Faut-il craindre un « futur sans emploi », tel une inexorable conséquence des progrès permis par les nouvelles technologies ? Pour le COE, la réponse est clairement non – ou en tout cas pas autant que certains le prédisent.

« Les robots, l’intelligence artificielle ou l’impression 3D ne justifient ni frayeur, ni exaltation » a ainsi fait savoir Marie-Claire Carrère-Gée, la présidente du Conseil, la semaine dernière. À l’appui d’un rapport se penchant sur les effets de l’automatisation et du numérique sur le volume de l’emploi (en termes de disparition mais aussi de créations), l’intéressée s’est même montrée optimiste : « Les pertes d’emploi, peut-être significatives, pourront être compensées, et plus que, par des créations d’emploi en France. »

Au moins un emploi sur deux sera impacté

L’institution estime que « moins de 10 % des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence ». Un chiffre guère éloigné des 15 % évoqués courant 2016 par France Stratégie (organisme public lui aussi placé auprès du Premier ministre). Sans grande surprise, « ce sont les emplois les moins qualifiés qui restent les plus à risque en volume », explique le COE : agents d’entretien, ouvriers dans l’industrie, conducteurs de véhicules, etc.

coe robotisation

Une part bien plus importante des emplois est toutefois « potentiellement concernée » par les progrès techniques à venir. « Près de 50 % des emplois pourraient voir leur contenu évoluer avec le développement des technologies de la numérisation et de l’automatisation » peut-on lire en ce sens. Les enseignants, infirmières, vendeurs, secrétaires... figurent sur cette seconde liste.

Le Conseil insiste sur « potentiel » de création de nouveaux emplois

Pour le COE, les nouvelles technologies portent malgré tout un double « potentiel de création d’emploi », quand bien même l’institution reconnaît que son ampleur « est difficile à quantifier ». Le Conseil fait tout d’abord référence aux emplois directement liés au développement du numérique et de la robotique (ingénieurs, développeurs, etc.). « Mais il s’agit aussi et surtout des emplois indirects créés dans l’ensemble de l’économie et induits notamment par les effets de compensation », précise son rapport.

L’institution a quoi qu’il en soit prévu de compléter ses travaux par un second tome, prévu pour le printemps, qui se penchera cette fois sur les impacts relatifs aux conditions de travail, aux compétences des actifs, etc.

Le sujet fait en tout cas l’objet de nombreuses interrogations, le député Frédéric Lefebvre (LR) ayant demandé l’année dernière qu’une commission d’enquête parlementaire analyse de manière détaillée les conséquences de l’automatisation sur le marché de l’emploi. Sa proposition n’a pour l’heure pas été suivie.

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