Arnaud Montebourg : un milliard d’euros par an pour développer le télétravail

Arnaud pain, no gain
Droit 4 min
Arnaud Montebourg : un milliard d’euros par an pour développer le télétravail
Crédits : DragonImages/iStock

Afin de permettre à davantage de salariés de remplir leurs missions à distance, en télétravail, Arnaud Montebourg propose d’allouer un milliard d’euros par an à différents leviers : avantages fiscaux pour les entreprises, création d’espaces de co-working dans les villages, déploiement du très haut débit, etc.

Si beaucoup de candidats à la présidentielle disent vouloir développer le recours au travail à domicile, peu avaient jusqu’ici expliqué comment ils comptaient atteindre cet objectif. Arnaud Montebourg, qui se présente dans le cadre de la primaire organisée sous la houlette du Parti socialiste, lève un tant soit peu le voile sur ses projets, après avoir vaguement annoncé début décembre qu’il souhaitait « défiscaliser le télétravail ».

« Je propose de se fixer comme objectif de relier tous les bassins de vie, toutes les communautés de communes à la fibre optique ou à la 4G, et de créer des espaces de télétravail dans les villages ruraux », indique le « manifeste économique » de l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande, dévoilé mercredi 4 janvier.

« En attendant que les foyers soient équipés », poursuit le candidat (qui n’évoque aucun calendrier précis), « il doit y avoir dans tous les bassins de vie au moins un point où l’on puisse se connecter en très haut débit, pour faire des réunions vidéo avec ses collègues, c’est-à-dire avoir une vraie dynamique d’équipe et de travail malgré la distance ».

Une « incitation fiscale » complètement floue

Arnaud Montebourg répète que « les entreprises seront fiscalement incitées à développer ce mode de travail », mais ne s’étend ni sur la portée de ce coup de pouce financier, ni sur ses conditions d’attribution... Ira-t-il jusqu’à proposer une exonération totale de charges sur les emplois en télétravail ? Lors des débats relatifs à la loi Travail, certains parlementaires avaient fait des propositions en ce sens – sans succès.

Sollicitée pour plus de détails il y a plusieurs semaines, l’équipe de campagne du prétendant à l’Élysée n’est jamais revenue vers nous.

Un moyen de « repeupler nos campagnes »

« Plus reposés, moins stressés, moins souvent dérangés et moins souvent absents (baisse de 33 % de l’absentéisme au travail), les salariés en télétravail verraient leur productivité augmenter de 22 % », soutient le chantre du « Made in France ». Son programme met aussi en avant les avantages pour les télétravailleurs : « 1h10 de temps de trajet évité, au profit de leur vie familiale pour moitié, et du temps de sommeil pour l’autre moitié ». Les employés travaillant à distance, grâce à Internet, gagneraient aussi en moyenne « 124 euros par mois de pouvoir d’achat, grâce aux économies de transport ou de garde d’enfants ».

Arnaud Montebourg dit par ailleurs vouloir procéder à des « investissements importants » en matière de transports en commun, afin que les télétravailleurs puissent « être présents au moins un ou deux jours par semaine dans les locaux de l’entreprise, afin de conserver un lien humain, des relations sociales avec les collègues de travail ».

L’ancien locataire de Bercy chiffre le coût des réformes à venir, sous réserve bien entendu qu’il accède à l’Élysée, à un milliard d’euros par an. « Ce développement du télétravail sera aussi l’occasion [d’instaurer] une nouvelle culture managériale marquée par l’autonomie plutôt que le contrôle visuel et la mesure de l’efficacité par les objectifs plutôt que par le présentéisme, affirme Arnaud Montebourg. Les salariés n’attendent que cela et particulièrement dans les nouvelles générations (X et Y) qui investissent aujourd’hui le marché du travail. »

Il n’en demeure pas moins que le télétravail reste un mode d’organisation du travail qui est loin de convenir à tout le monde, notamment parce que la plupart des emplois nécessitent aujourd’hui la présence du salarié : garagiste, technicien, hôtesse de caisse, etc.

Une « concertation sur le développement du télétravail » prévue par la loi Travail

La loi El Khomri se penchait sur le sujet en invitant les partenaires sociaux à ouvrir, avant le 1er octobre 2016, une « concertation sur le développement du télétravail ». Les représentants d’employeurs et de travailleurs étaient ainsi priés de dresser à titre liminaire « un large état des lieux » faisant apparaître :

  • Le taux de télétravail par branche, selon la famille professionnelle et le sexe
  • La liste des métiers, par branche professionnelle, potentiellement éligibles au télétravail.

Un rapport retraçant les conclusions des travaux engagés par les partenaires sociaux, ainsi que les principales évolutions envisagées (notamment sur un plan juridique), était censé être remis au Parlement avant le 1er décembre 2016. À notre connaissance, le gouvernement n’a cependant pas encore pu remplir cette obligation.

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