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ExoMars : Schiaparelli pensait avoir atterri alors qu'il était encore à 3,7 km d'altitude

Ça fait beaucoup comme marge d'erreur
Tech 3 min
ExoMars  : Schiaparelli pensait avoir atterri alors qu'il était encore à 3,7 km  d'altitude
Crédits : ESA/ATG medialab

Schiaparelli s'est crashé et n'est plus qu'une trainée noire à la surface de Mars. Alors que l'enquête officielle suit son cours, les premiers éléments indiquent que le module a été dupé par des informations erronées. Il pensait être posé au sol alors qu'il était encore à 3,7 km d'altitude.

Le 19 octobre, l'Agence spatiale européenne (ESA) retenait son souffle. La mission ExoMars arrivait à proximité de la planète rouge et réalisait deux délicates manœuvres : placer en orbite la sonde TGO et poser Schiaparelli sur Mars. La première s'est déroulée sans problème, mais pas la seconde. Le module s'est en effet crashé sur la surface de la planète, probablement à plus de 300 km/h. Via un communiqué de presse, l'ESA a donné de plus amples informations sur le déroulement des opérations.

Une saturation des données plus longue que prévu...

Pour rappel, Schiaparelli dispose de trois dispositifs de freinage qui s'enclenchent successivement lors de la descente : un bouclier thermique pour son entrée dans l'atmosphère (cette première phase permet de réduire sa vitesse de 21 000 km/h à 1 700 km/h environ), un parachute (qui permet de descendre à 320 km/h) et enfin neuf moteurs pour ralentir la chute et poser en douceur le module sur Mars (la vitesse prévue au moment de l'impact est de 10 km/h), du moins en théorie.

La première phase s'est déroulée normalement : « L’altimètre radar fonctionnait correctement et les mesures étaient prises en compte par le système de guidage, de navigation et de contrôle » confirme l'ESA. Problème, juste après le déploiement du parachute, l'Inertial Measurement Unit (IMU) – qui mesure la vitesse de rotation – est arrivé à « saturation ». Si ce comportement avait été anticipé, cet événement a duré « plus longtemps que prévu » : une seconde environ, selon l'agence spatiale.

... et Schiaparelli pensait être arrivée, alors qu'il était encore à 3,7 km

Envoyées au système de navigation, « ces informations erronées ont généré une altitude estimée négative - c'est-à-dire au-dessous du niveau du sol ». L'ordinateur de bord a alors estimé alors qu'il s'était bien posé sur la planète rouge. Conformément au plan, il a alors décidé de détacher son parachute, de se séparer de carénage et d'actionner très brièvement les fusées. Problème, il n'était pas du tout là où il pensait être : « en réalité, le véhicule était encore à une altitude d'environ 3,7 km » explique l'ESA...

L'agence ajoute que ce comportement en réponse aux fausses informations récupérées par l'ordinateur de bord a été « clairement reproduit dans des simulations informatiques ». Reste maintenant à connaitre les raisons du bug dans la récupération des données de l'IMU.

Dans tous les cas, il s'agit d'une « conclusion très préliminaire de nos enquêtes techniques » indique David Parker, directeur des vols habités et de l'exploration robotique de l'ESA. Il faudra maintenant attendre l'année prochaine afin d'avoir de plus amples informations avec les conclusions définitives.

SCHIAPARELLI

Quid d'ExoMars 2020 ? 

Ce crash de Schiaparelli n'a normalement pas d'incidence sur la mission ExoMars 2020, même si l'agence spatiale explique que l'expérience Schiaparelli (les données recueillies et le crash) « contribuera directement à la deuxième mission ExoMars ».

Tous les voyants ne sont pour autant pas au vert et, comme le rapporte l'AFP, le directeur David Parker demande aux responsables une rallonge budgétaire « d'un peu plus de 400 millions d'euros pour le projet, pour tous les travaux techniques nécessaires pour amener le véhicule jusqu'à la phase de lancement ». Pour rappel, le coût total est actuellement estimé à 1,5 milliard d'euros.

132 commentaires
Avatar de Obidoub Abonné
Avatar de ObidoubObidoub- 28/11/16 à 13:19:07

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Envoyées au système de navigation, « ces informations erronées ont généré une altitude estimée négative - c'est-à-dire au-dessous du niveau du sol ».

OMG on dirait un bug de type 'Kraken' sur KSP 

Avatar de H2O INpactien
Avatar de H2OH2O- 28/11/16 à 13:22:01

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On dirait surtout une redite du bug du premier lancement d'Ariane 5 en 1996 : un dépassement de capacité avait fait croire à la fusée que soudainement elle fonçait vers le sol, l'obligeant ainsi à braquer à fond et dépassant du coup la résistance de sa structure entrainant son auto-destruction.

Avatar de matroska INpactien
Avatar de matroskamatroska- 28/11/16 à 13:25:01

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Y a bien de GPS qui amènent les gens dans un lac ou dans un ravin.

Avatar de Furanku Abonné
Avatar de FurankuFuranku- 28/11/16 à 13:26:39

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S'ils arrêtaient de foutre des processeurs de 200Mhz dans leur missions aussi

Avatar de Amnesiac INpactien
Avatar de AmnesiacAmnesiac- 28/11/16 à 13:29:44

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Du coup la sonde a fait une coyote sur la surface de Mars.

Avatar de freeman37 INpactien
Avatar de freeman37freeman37- 28/11/16 à 13:35:36

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Et encore c'est beaucoup. Habituellement c'est plutôt 60MHz ce qui est déjà pas mal !

Avatar de madoxav INpactien
Avatar de madoxavmadoxav- 28/11/16 à 13:36:36

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ce comportement en réponse aux fausses informations récupérées par l'ordinateur de bord a été « clairement reproduit dans des simulations informatiques »
 
 C'est con, ça veut dire que ça aurait pu être anticipé.

Edit : p*tain de quotes :o

Édité par madoxav le 28/11/2016 à 13:37
Avatar de cyrano2 Abonné
Avatar de cyrano2cyrano2- 28/11/16 à 13:37:25

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H2O a écrit :

On dirait surtout une redite du bug du premier lancement d'Ariane 5 en 1996 : un dépassement de capacité avait fait croire à la fusée que soudainement elle fonçait vers le sol, l'obligeant ainsi à braquer à fond et dépassant du coup la résistance de sa structure entrainant son auto-destruction.

C'est pas tout à fait ça. C'est un bout de code mort issue de ariane 4 dont il avait fait un reuse de la centrale inertiel. L'enveloppe de vol était différent, et une accélération latéral était différente et saturait un entier (8 ou 16 bits je ne sais plus) mais n'était pas utilisé ailleurs . En ada, un dépassement entraîne une exception... exception qui était branché sur... l'autotest. La central inertiel balance des 0x5555 et 0xAAAA sur le bus de données. Celle-ci est bien tripliqué pour gérer les pannes : 2 centrales, plus un modèle mathématique. Pas de bol, les 2 centrales ont logiquement fait la même chose. La navigation a donc braqué pour compenser ce qu'elle croyait être une déviation.

On note plein d'erreurs cumulés :

  • du code mort
  • un autotest mal placé
  • un système pas testé dans les conditions de vol
  • une exception avec un comportement mal géré
  • une triplication inefficace
  • pas de typage de l'information d'autotest, que le contrôleur n'aurait pas du interprété
     
Avatar de cyrano2 Abonné
Avatar de cyrano2cyrano2- 28/11/16 à 13:37:59

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J'ai du mal à comprendre comment ils ont pu ne pas voir ce comportement en simulation...

Avatar de t0FF INpactien
Avatar de t0FFt0FF- 28/11/16 à 13:38:14

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Le problème n'est pas vraiment le comportement, mais plutôt la mesure erronée.

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