L'Arcep a publié son nouvel observatoire des déploiements mobiles en zones peu denses, faisant le point sur la présence des réseaux des quatre grands opérateurs dans les zones blanches, en 2G, 3G et 4G. Les travaux de couverture avancent doucement, mais d'importantes échéances se rapprochent.
L'Arcep a, une nouvelle fois, compilé les chiffres de couverture mobile des zones peu denses. Un sujet important pour ces derniers, qui se sont engagés à remplir un certain nombre d'objectifs, avant des échéances désormais très proches.
En 2G, les opérateurs attendent l'État
Le premier objectif à remplir est de couvrir 100 % des centres-bourgs en 2G d'ici la fin de l'année. Un projet ambitieux réalisé avec le soutien de l'État, qui s'est engagé à mettre à disposition des pylônes dans les communes les plus reculés, sur lesquels les opérateurs pourront installer leurs antennes.
Seulement, depuis le mois de janvier, le taux de couverture de ces centres-bourg reste bloqué à 91 %. Cette fois-ci, le problème ne vient pas des opérateurs, qui pour la plupart ont déployé leurs antennes sur au moins 97 % des pylônes à leur disposition, mais bien de l'État qui est en retard sur ses propres chantiers.
Ainsi, sur les 309 centres-bourgs restant à couvrir, 297 sont en attente d'un pylône construit par l'État, qui malheureusement ne peut pas les déployer en un clic, façon Protoss. Hier, lors du colloque TRIP AVICCA, Antoine Darodes, le directeur de l'Agence du numérique, nous expliquait que de nombreux obstacles se dressaient encore devant ce projet. « Nous n'aurons pas fini les centres-bourgs en 2016. Maintenant, nous suivons commune par commune, pour savoir où on en est. Il faut trouver les terrains. Nous avons aussi eu quelques soucis de montage... L'objectif est que tout soit engagé. »
Les opérateurs ne seront donc pas tenus pour responsables de ce loupé. Ceux-ci ont jusqu'à six mois après la construction des pylônes pour y poser leurs antennes.
La 3G avance lentement mais sûrement
Du côté de la 3G, ce sont 57 % des centre-bourgs qui étaient couverts en octobre 2016, contre 54 % seulement trois mois plus tôt. Orange est en tête des déploiements avec une couverture de 68 %, contre 58 % pour Bouygues Telecom et 56 % pour SFR. Free signe un zéro pointé, mais dispose d'une bonne excuse : l'opérateur qui a rejoint le dispositif sur le tard doit s'occuper de 234 pylônes publics, qui ne sont toujours pas sortis de terre.
Pour rappel, les opérateurs devront couvrir 100 % de ces centres bourgs en 3G d'ici la fin du mois de juin, et au vu du rythme de déploiement observé ces 12 derniers mois, l'affaire est encore loin d'être gagnée. En cas de retard important l'Arcep peut prononcer des sanctions à l'encontre des fautifs, ce qui devrait normalement en motiver quelques-uns... Comme elle a déjà motivé tardivement Orange et SFR avec deux sanctions financières prononcées cette année.
Première étape pour la 4G 800 MHz
Enfin, concernant la 4G, les opérateurs sont tenus de couvrir 40 % de la population située en zone peu dense, en exploitant la bande de fréquence des 800 MHz, d'ici le 17 janvier prochain. Une obligation à laquelle Free n'est pas tenue, puisque l'entreprise ne dispose pas de licence sur ces fréquences-là.
Au 31 octobre, Orange et Bouygues Telecom avaient déjà rempli leurs obligations avec respectivement 43 et 41 % de couverture dans ces zones, avec les fréquences prévues. Bouygues Telecom a donc mis les bouchées doubles sur les trois derniers mois, affichant 15 points de couverture supplémentaire en l'espace de trois mois. SFR doit encore de son côté donner un dernier coup de collier, la marque au carré rouge n'affichant qu'un score de 32 %. Un retard qui reste encore rattrapable, à condition de faire le nécessaire.
Le prochain rendez-vous pour les opérateurs est pris pour le 17 janvier 2022. À cette date, ils devront couvrir 90 % de la population en zone peu dense avec des antennes 800 MHz et 50 % de cette même population en 700 MHz. Pour les centres-bourg, il faudra attendre 2027 pour espérer avoir une couverture 4G complète, mais heureusement, les pylônes seront déjà là depuis longtemps, ce qui devrait quelque peu faciliter la tâche.