Très haut débit fixe : 33 % d'abonnés supplémentaires en un an

15 millions de lignes éligibles
Internet 6 min
Très haut débit fixe : 33 % d'abonnés supplémentaires en un an
Crédits : Brian Stanback/iStock

Le très haut débit continue de progresser dans les rues et dans les salons, avant tout grâce à la fibre, avec une contribution non-négligeable des réseaux publics. Pourtant, le choix de l'opérateur reste un doux rêve pour beaucoup de personnes éligibles.

L'ARCEP vient de publier ses observatoires des abonnements et des déploiements de l'Internet fixe pour le deuxième trimestre. Une nouvelle fois, les trois mois ont été marqués par la progression du très haut débit, notamment la fibre optique jusqu'à l'abonné (FTTH), qui a gagné 160 000 abonnés et 548 000 nouvelles prises.

Le haut débit baisse, le très haut débit monte

Au 30 juin, la France comptait 27,2 millions d'abonnés (très) haut débit,  un nombre encore en bonne augmentation sur le trimestre (+137 000) et sur l'année (+940 000). Comme lors des trimestres précédents, pourtant, le nombre de lignes ADSL continue inexorablement de baisser (-125 000 sur trois mois et -250 000 sur un an). Cela même si elles représentent toujours l'essentiel des connexions actives, à 22,5 millions de lignes. Cette baisse est entièrement due à celle des abonnements ADSL sous 30 Mb/s précise l'ARCEP.

Fait intéressant : les lignes haut débit (moins de 30 Mb/s) via d'autres technologies que l'ADSL sont de plus en plus nombreuses. Que ce soit via le câble, le satellite ou via des réseaux hertziens terrestres. Elles sont désormais 515 000, soit 8 % de plus qu'il y a un an.

4,8 millions de logements sont abonnés au très haut débit, soit 1,2 million de plus en un an. Autrement dit, leur nombre a grimpé de 33 % d'une année sur l'autre. Sur le trimestre, on en comptait 265 000 de plus. L'ARCEP vante le fait que les lignes éligibles au très haut débit représentent désormais 32 % des logements recevant Internet, en oubliant de calculer qu'elles ne comptent que pour 17 % des abonnements Internet.

La fibre progresse plus vite que le câble et le VDSL2

Dans le détail, la fibre affiche la plus forte progression sur le trimestre, avec 160 000 abonnements supplémentaires, pour un total de 1,765 million. Un chiffre qui a grimpé de plus de 50 % en un an. Le régulateur évoque un taux de pénétration (part de lignes abonnées sur le total de lignes éligibles) de 27 %. Rappelons tout de même que sur ce grand total de 1,7 million, près de 1,2 million le sont via Orange, qui domine sans conteste le marché fibre (voir notre analyse).

De leur côté, 1,175 million de logements sont connectés via du câble à plus de 100 Mb/s, un chiffre presque stable (+15 000) sur le trimestre. Une timidité en contraste avec les 18 % d'extension du parc sur l'année. Face à eux, le VDSL2 et les lignes câbles sous 100 Mb/s comptent pour 1,830 million d'internautes (+90 000 sur le trimestre). La promotion de la fibre en ville et de l'amélioration du cuivre, en bonne partie en campagne, portent donc leurs fruits.

15 millions de logements éligibles au très haut débit

Côté réseau, les progrès sont aussi nets. Face à 29,8 millions de logements éligibles au haut débit sur cuivre, 15,1 millions de lignes sont éligibles au très haut débit, dont 9,3 millions en dehors des zones très denses (les principales agglomérations)... Soit 280 000 de plus sur le trimestre.

6,5 millions de lignes sont éligibles à la fibre jusqu'à l'abonné (+9 % sur trois mois, +38 % sur un an). Une progression encore importante, qui cache mal une forte disparité entre opérateurs. Comme la commercialisation, Orange domine très nettement les déploiements. Officiellement, l'opérateur peut ainsi commercialiser 5,9 millions de lignes, contre 3,1 millions (à peine) pour son premier concurrent direct, Free. À noter d'ailleurs qu'une partie des lignes de ce dernier sont co-financées et construites directement par Orange.

ARCEP T2 2016 couverture fixe

Notons également qu'un peu plus de 10 % des lignes FTTH (677 000) ont été déployées par des réseaux d'initiative publique, soit un progrès de 191 000 lignes en un an... Cela malgré un ajustement après des déclarations erronnées d'opérateurs. Pour rappel, ces RIP prennent le relai là où les FAI nationaux ne voient pas de rentabilité immédiate. La grande majorité du FTTH (3,8 millions de lignes) est encore en zone très dense, contre un peu plus de 2,7 millions en dehors. En clair, les lignes fibre sont encore nettement concentrées dans les grandes agglomérations les plus peuplées, malgré l'ouverture commerciale de la zone moins dense ces derniers mois.

Sur les 8,9 millions de lignes câble que compte la France, près de 7,7 millions peuvent désormais délivrer des débits à plus de 100 Mb/s. Le nombre de lignes câble à moins de 100 Mb/s a donc fondu de 45 % en un an, SFR poursuivant la modernisation de son réseau pour en faire de la « fibre ». Il y a quelques mois, le fournisseur d'accès nous promettait le passage de l'ensemble des lignes « fibre » (câble à plus de 100 Mb/s et FTTH) vers un débit Gigabit descendant pour la fin de l'an prochain, et les deux tiers à la fin de cette année. Enfin, 5,5 millions de logements sont éligibles au VDSL2, soit à peine 40 000 de plus sur le trimestre.

Imbroglio autour du choix de l'opérateur en fibre

Si la fibre est la voie désormais suivie par les opérateurs sur les déploiements et les abonnements, un problème important reste : une bonne part des lignes éligibles au FTTH n'ont pas le choix de l'opérateur. Un seul disponible, les autres en attente. Des mesures existent pour éviter ce genre de problème, comme un délai obligatoire pour proposer des offres commerciales après avoir fibré un bâtiment, mais la couverture des rues est bien trop inégale entre les acteurs pour qu'elle fasse réellement effet.

Selon l'ARCEP, 40 % des lignes éligibles n'ont ainsi accès qu'à un opérateur. On peut supposer sans grand risque que, dans la majorité des cas, cet opérateur est Orange, dont les chiffres de déploiement fibre sont proches de ceux de tous les opérateurs cumulés. Cette proportion n'a pas vraiment bougé ces derniers mois, malgré l'ouverture commerciale de nouvelles zones par les concurrents de l'opérateur historique.

La situation est plus grave sur les réseaux publics. L'ARCEP signale aussi un problème de méthodologie, de mauvaises déclarations d'opérateurs ayant mené à surévaluer le nombre de prises éligibles et de lignes disposant de deux opérateurs fibre sur les trimestres précédents. On parle tout de même d'un passage de « 30 % » déclarés à 24 % après recalcul pour le début de l'année, pour finir à 23 % sur le deuxième trimestre. En clair, plus des trois quarts des lignes fibre sur un réseau public n'ont pas le choix de leur opérateur. Pas de quoi fanfarronner, donc.

ARCEP T2 2016 FTTH choix

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