Ulule nous parle de sa levée de fonds à 5 millions d'euros

Financement de service de financement
Economie 5 min
Ulule nous parle de sa levée de fonds à 5 millions d'euros
Crédits : Julien Millet

Ulule annonce une levée de fonds de cinq millions d'euros, auprès de Citizen Capital, la MAIF et la BNP. Le but : consolider ses bases à l'étranger, avant tout en Europe continentale avec de nouveaux bureaux. L'entreprise doit rester concentrée sur le financement participatif, son cœur de métier.

Le service de financement participatif Ulule ouvre son capital. Hier, la société a annoncé une levée de fonds de 5 millions d'euros auprès de trois investisseurs. Lancé il y a presque six ans, le site a permis de récupérer plus de 60 millions d'euros, pour près de 15 000 projets. Comptant aujourd'hui 25 employés, elle doit tripler ses effectifs dans les 18 mois pour mieux s'imposer à l'étranger.

Il faut dire que le marché français a bien bougé ces derniers temps. Le leader mondial Kickstarter a officiellement ouvert sa version française fin mai 2015, alors que KissKissBankBank tente une diversification vers le prêt et l'investissement participatif, avec une levée de fonds de 5,3 millions d'euros en février auprès d'Orange et XAnge (groupe La Poste). En parallèle, MyMajorCompany a rendu les armes sur ce segment, pour se concentrer sur le développement de Tipee et la production d'artistes.

Trois nouveaux actionnaires pour 30 % du capital

BNP Paribas Développement, le fonds Citizen Capital et MAIF Avenir entrent donc dans le capital de l'entreprise, dont ils détiennent collectivement 30 %. « Ulule présente un mix assez original entre économie collaborative, fintech et engagement communautaire fort » explique Alexandre Boucherot, co-fondateur et président d'Ulule. Une opération qui valorise la société à environ 16,7 millions d'euros.

Chaque actionnaire a ses raisons. Citizen Capital est un fonds spécialisé dans l'investissement « à impact social », MAIF Avenir entre pour financer l'économie collaborative et la BNP, « partenaire historique de la plateforme », qui inaugure ici son fonds Développement.

Ce n'est pas la première levée de fonds de l'entreprise, qui avait levé 400 000 euros auprès de deux business angels en 2013.  « On avait fait une levée en seed à l'époque de Semio, la société qui éditait Ulule et Botify, avant séparation complète des deux activités » précise le président de la société, qui estime qu'il s'agit bien de la première pour Ulule lui-même.

Il s'agit donc d'un changement important pour l'équipe, qui se vantait jusqu'ici d'un développement principalement porté sur fonds propres. « A posteriori, si on avait levé de l’argent en 2011, je pense qu’on aurait tout brûlé et qu’on ne serait pas dans la bonne position aujourd’hui pour développer le service de façon cohérente et pérenne » estime Boucherot. 

Les projets se multiplient ces derniers mois

Cet investissement est loin d'être la seule nouvelle pour Ulule cette année. L'entreprise a multiplié les projets ces derniers mois, dans l'idée de développer un écosystème autour de ses projets. En avril, elle a lancé une section Kickoff (voir notre entretien), avec une sélection d'appels à projets thématiques, des offres réservées aux porteurs de projets et de médias partenaires pour aider le développement des campagnes. Bien entendu, une bonne partie est directement liée à la création d'une campagne sur Ulule.

En juin, c'est Okpal qui ouvrait ses portes. Il s'agit d'un site de cagnotte, sans contreparties, censé compléter les campagnes plus complètes et « lourdes » que propose Ulule. Il doit notamment accueillir les projets qu'Ulule refuse, les conseillers du service pouvant désormais les rediriger vers ces cagnottes, sur lesquels l'entreprise touche une commission plus élevée que la moyenne.

La société doit aussi bientôt ouvrir son premier magasin physique, dans le Marais à Paris. Elle proposera certains produits financés via la plateforme, que l'équipe considère être des « success stories ». Une expérimentation qu'Ulule songe à dupliquer ailleurs avec d'autres boutiques, si la première fonctionne.

Le nouveau financement doit aider Ulule à aller plus vite sur ces projets, que l'équipe développe pour le moment quand elle le peut, parfois sur des idées datant de plusieurs années. « C’est donc un changement de rythme, mais ce n’est pas un changement de vision » résume Alexandre Boucherot.

De nouveaux bureaux en Europe

Mais le principal objectif de la levée de fonds est bien de financer la réplication du modèle français dans d'autres pays, d'abord en Europe continentale. « On a une liste assez consistante de pays. On commence déjà par se concentrer sur l'Espagne, l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas. On devrait ouvrir des bureaux dans chacun de ces pays d'ici le printemps 2017 » explique le co-fondateur de la plateforme.

Comme beaucoup d'entreprises françaises face aux mastodontes américains, Ulule veut jouer la carte de l'accompagnement et de la personnalisation, face à un « mode d'emploi unique » proposé par les grands acteurs étrangers. Concrètement, le service de crowdfunding accompagne ses clients pendant les campagnes, pour les conseiller sur le fond ou la forme de leur projet.

L'entreprise française doit aussi mieux tenir compte des spécificités locales, et impliquer des « acteurs de terrain » dans chaque pays, comme la Banque nationale du Canada.  « L’enjeu pour nous est d’articuler au mieux le local et l’international en proposant des formules sur mesure et en mutualisant l’expertise. Notre premier objectif court-terme, c’est donc de constituer de bonnes équipes pays » déclare Alexandre Boucherot.

Pas de diversification en vue

Reste une question importante : la diversification. Comme indiqué, c'est la voie choisie par certains des concurrents de la société – en premier lieu KissKissBankBank – qui estiment que le financement participatif est voué à être dépassé par d'autres formes de financement. Ce dernier s'est par exemple ouvert au prêt et à l'investissement participatif dans les entreprises.

Une voie que n'envisage pas Ulule, comme il nous le confirme aujourd'hui. « Ce n’est toujours pas d’actualité. On a beaucoup à faire avec Ulule et avec le lancement d’Okpal. On voit la valeur du lending et de l’equity pour certaines entreprises en recherche de financement, mais on reste pour le moment concentrés sur notre propre proposition de valeur qui n’est pas basée sur la recherche d’une rentabilité par les contributeurs, mais sur des motivations d’engagement et de lien social qui sont pour nous les plus essentielles » détaille Boucherot.

La priorité est bien le développement international sur le financement participatif. Affaire à suivre dans les prochains mois, donc.

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