Zones peu denses : la couverture mobile à la traine, l'État multiplie les promesses

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Zones peu denses : la couverture mobile à la traine, l'État multiplie les promesses
Crédits : Manuel-F-O/iStock/Thinkstock

Alors qu'ils doivent couvrir plus de 300 centres-bourgs en 2G d'ici la fin de l'année, les opérateurs en ont couvert 7 en trois mois. Au même moment, les couvertures 3G et 4G vont plus vite, mais à des rythmes possiblement insuffisants. Pas de quoi inquiéter le gouvernement, qui multiplie encore les promesses...

L'ARCEP a publié son second observatoire trimestriel du mobile en zones peu denses, avec des résultats peu glorieux pour certains opérateurs. Comme nous l'indiquions, Orange et SFR ont été épinglés par l'ARCEP sur leur couverture 2G des centres-bourgs, qu'ils doivent avoir bouclé d'ici la fin de l'année. Au 1er janvier, ils n'avaient pas couvert l'ensemble des zones sur lesquelles ils s'étaient engagés. Le pire élève est SFR, qui a seulement couvert 6 des centres-bourgs des 53 dont il avait la charge, selon le régulateur.

Cet observatoire contribue entre autres à faire respecter l'accord de couverture des zones blanches, signé l'an dernier par les opérateurs mobiles. Deux objectifs ont été fixés : 100 % des centres-bourgs en 2G d'ici la fin 2016 et 100 % en 3G d'ici la mi-2017. À côté, les opérateurs doivent couvrir 40 % de la population en zones peu denses en 4G d'ici la mi-janvier 2017. Après plus d'une décennie de plans « zones blanches » peu suivis, la loi Macron a enfin donné un pouvoir de sanction à l'ARCEP pour faire respecter ces engagements.

2G : 7 centres-bourgs couverts en 3 mois, 18 en 6 mois

Pour atteindre leurs objectifs, les opérateurs ont du pain sur la planche. Ils doivent avoir couvert 3 582 communes en zones blanches avec de la 2G d'ici la fin de l'année. En janvier, 3 246 étaient couvertes. En avril, 3 253.

En clair, les trois opérateurs concernés (Bouygues Telecom, Orange et SFR) ont couvert collectivement 7 centres-bourgs en trois mois, après en avoir couvert 11 sur le trimestre précédent. Dans le détail, Bouygues n'a pas couvert de nouvelle zone, SFR en a ajouté 8 et Orange 2 ; ce qui donne 10 centres-bourgs couverts, dont 7 nouveaux. Avec plus de 300 communes à traiter à fin décembre, le rythme semble quelque peu lent. Cela d'autant que chaque commune non-couverte à échéance pourra valoir des sanctions financières aux opérateurs.

2G Centres bourgs zones peu denses

Le détail montre une difficulté concrète pour eux : la disponibilité des pylônes, qui sont financés par l'État, pour un coût de quelques dizaines de millions d'euros. Les opérateurs, eux, améliorent le réseau et installent les antennes sur ces pylônes. Une quarantaine de centres-bourgs restant à couvrir sont ainsi indiqués « en attente de pylône public », pour lesquels l'État n'est pas tenu à un délai spécifique. Une fois obtenu, l'opérateur a six mois pour y installer ses équipements.

La 3G dans plus de 200 nouveaux centres-bourgs

Alors que la couverture 2G a du mal à progresser dans les dernières communes sans réseau, l'installation d'antennes 3G se fait à un rythme plus soutenu. Sur les trois derniers mois, les opérateurs ont couvert 238 centres-bourgs. Au total, 1 964 sont désormais considérés comme traités, pour un objectif de 3 816 à la mi-2017.

Une nouvelle fois, il n'est pas encore sûr que le rythme suffise pour couvrir l'ensemble des centres-bourgs assignés d'ici la date-butoir. En dehors de la question des pylônes (pour environ 70 sites sur près de 2 000 à traiter), les opérateurs ne pourront peut-être pas raccorder aussi facilement les dernières zones à couvrir que les premières, ce qui pourrait encore affecter les déploiements. Cela alors qu'ils devraient justement accélérer pour tenir les délais.

La couverture 4G au pas de course

Côté 4G en 800 MHz, les opérateurs cochent massivement les cases avec de nouvelles antennes, pour tenir l'objectif de 40 % de la population en zones peu denses couverte en janvier 2017. Rappelons que l'ARCEP avait mis en demeure préventive Bouygues Telecom et SFR sur ce sujet, en estimant que les deux opérateurs n'étaient pas dans le bon rythme.

Le chantier avance pourtant de trimestre en trimestre. Quand Orange caracole en tête avec 35 % de la population couverte (contre 33 % en janvier), Bouygues Telecom affiche 17 % de couverture (12 % en janvier) et SFR 13 % (contre 8 %). Pour ces deux derniers, les déploiements ont réellement commencé il y a moins de six mois et ils ont toujours un large retard à rattraper.

Au total, les trois opérateurs couvrent ensemble 46 % de la population en zones peu denses. Cela alors que l'objectif de 40 % vaut pour chaque opérateur, individuellement.

ARCEP zones peu denses 4G

De nouvelles mesures annoncées par Bercy

De son côté, le gouvernement tient à montrer que le sujet lui tient à cœur. Après des années d'absence, il multiplie les annonces, par tous les canaux. Vendredi, le gouvernement annonçait une série de mesures pour les communes rurales (PDF), lors d'une visite en Ardèche.

L'exécutif annonce ainsi une nouvelle vague d'identification de communes en zones blanches, après celle de l'année dernière, qui a été complétée au début d'année. Alors qu'elle contenait 238 communes fin 2015, elle a gonflé à 268. Un chiffre qui semble donc encore loin de la réalité, vu cette nouvelle opération. Résultat attendu à l'automne.

Dès le second semestre, les collectivités pourront signaler systématiquement les zones mal desservies via les Commissions consultatives régionales d’aménagement numérique du territoire (CCRANT). Des demandes auxquels les opérateurs pourront répondre directement et, à défaut d'action de leur part, le guichet unique mis en place par Bercy en 2015 pourra prendre le relai.

Une démarche qui tranche avec les méthodes précédentes, qui privilégiaient un nombre fixe de cas à traiter, avec une mise en concurrence concrète des collectivités. Le rôle des CCRANT sera aussi élargi à la téléphonie mobile, avec l'inclusion des opérateurs et la possibilité d'intégrer l'ARCEP.

Ce week-end, c'est la secrétaire d'État au numérique, Axelle Lemaire, qui s'est fendue d'une série de tweets, reprenant ces promesses. Elle affirme que Bercy a obtenu des opérateurs la couverture en 4G de 500 nouveaux sites mal couverts, alors qu'ils devront déjà traiter en 2G 800 zones d'intérêt économique ou touristique, éloignées des centres-bourgs.

Enfin, le gouvernement promet l'installation d'un point Wi-Fi gratuit « dans toutes les communes rurales qui le demanderont », même si le détail n'est pas encore connu. Tout juste sait-on que différents services de Bercy seront impliqués et que ces réseaux Wi-Fi pourront être « combiné[s] le cas échéant à la création de centres de co-working ou de télétravail ». La mise en place est prévue cette année.

En conclusion, « l'air de rien, les choses bougent bien » s'est félicité Axelle Lemaire. Nous pouvons au moins lui donner raison du côté des annonces, c'est certain.

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