FrHack! : l'ANFR nous explique son « hackaton des fréquences »

Libre antenne à l'ANFR
Mobilité 7 min
FrHack! : l'ANFR nous explique son « hackaton des fréquences »
Crédits : Chunumunu/iStock

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) lancera en mai son premier hackaton, afin de recueillir des idées d’usage de ses données et des fréquences. L’objectif : créer une communauté et déterminer quels autres éléments fournir en Open Data.

Le 28 et 29 mai, l’Agence nationale des fréquences organise « FrHack! », un hackaton autour des données qu’elle propose en Open Data, avec un brainstorming le 19 mai. Une première pour l’agence, qui valide entre autres l’installation des pylônes et dresse un portrait mensuel des déploiements mobiles. Alors qu’elle libère ses données depuis un an, cet événement doit rapprocher l’institution des usages et des utilisateurs potentiels.

Dans le cadre du programme investissement d'avenir, l'agence a lancé la diffusion de nouvelles données : les mesures de champs électromagnétiques, les stations radioélectriques (téléphonie mobile, TNT...) et les servitudes radioélectriques (zones protégées). Ce sont à partir de ces données que devront travailler les invités.

Ce hackaton a été organisé suite à un concours interne à l’administration, qu’a remporté l’institution. Pour cette première édition, l’ANFR attend quelques dizaines de participants, logiquement plutôt 50 que 100. « Ce n'est pas une opération dans laquelle on va louer le Zénith ! » nous lance Gilles Brégant, le directeur général de l’agence, qui compte aviser selon la demande.

Trouver des usages pour les données de fréquences

Aujourd’hui, les travaux de l’ANFR sont publiés sous forme de carte via Cartoradio et de téléchargement sur Etalab. Deux approches complémentaires, mais pas suffisantes. « Le problème dans l'Open Data, c'est que puisque c'est ouvert, on met à disposition les données sans toujours très bien savoir comment elles sont utilisées. On n'a pas forcément d'interaction avec les usagers. Si Etalab le permet théoriquement, l'avantage du hackaton est qu'on peut discuter directement avec les intervenants » nous détaille Gilles Brégant.

Pour le moment, les principaux utilisateurs des données de l’ANFR sont les administrations, quand leur réutilisation consiste surtout dans des des cartes. « On pense que ça peut aussi servir à autre chose » affirme l’agence, qui a préparé quelques idées au cas où les participants en manqueraient.

De nouvelles applications pour les données

« Outils de visualisation des ondes, mesure des niveaux de champs en crowdsourcing, guide de randonnées en zones blanches » sont déjà sur la table, avec de la réalité virtuelle pour les plus courageux. Cela même si la randonnée en zones blanches ne sera sûrement pas « la killer application », s'amuse le directeur général de l'ANFR, pour qui les idées retenues pourraient aussi bien ne pas mettre être en jeu les fréquences.

L’exercice ne sera pas dirigé, assure Gilles Brégant. « Nous nous servons du hackaton pour voir s'il y a une appétence, si les données qu'on met à disposition sont les bonnes » détaille-t-il. Il doit notamment permettre d’identifier des acteurs à approcher pour des collaborations ultérieures.

« Nous avons la conviction que ce ne seront pas seulement nos données qui donneront une application qui fonctionne. Donc, quels seront les jeux de données qui doivent être couplés aux nôtres pour que ça rende directement service ? Et ça, ce sera forcément intéressant » lance encore l'agence. La publication actuelle des données pourrait aussi être adaptée aux usages qui en émergent.

ANFR Cartoradio
Capture de Cartoradio sur Paris.

L'initiative doit aussi l'aider à diriger ses prochains efforts en matière d’Open Data, par exemple pour savoir quels jeux de données supplémentaires seraient utiles ou quels sont les croisements avec des données tierces sont pertinentes.
« Aujourd'hui, les données que nous avons sont celles qui correspondent à nos missions directes. On ne collecte pas des données pour le plaisir de le faire » nous explique son directeur général. Rendre exploitables des données collectées mais non publiées ou en collecter de nouvelles, annexes à celles existantes, est donc envisagé.

Former une communauté externe

Plus que rencontrer des utilisateurs et obtenir de nouvelles idées, l'agence compte utiliser ces événements pour former une communauté autour de ses travaux publics. Une nouvelle étape. « Auparavant, ils n'avaient pas d'accès ouvert. Avec l'Open Data, ils avaient un accès ouvert mais on n'avait pas de communauté. Donc ça peut aussi être un début de communauté » explique l'institution.

Habituellement, l'ANFR qui se définit comme « une boîte technique » est surtout en contact avec les grands utilisateurs du spectre, comme l'ARCEP, le CSA, les transports ou encore la Défense. De même, les principaux usagers connus de ses données sont bien dans l'administration ou des acteurs tiers qui s'intéressent uniquement à leurs propres fréquences. Avoir un regard aussi externe, de façon permanente, serait donc une évolution importante pour l'agence.

Ce nouveau regard doit aussi contribuer à vérifier la fiabilité des données. « Les données sont fiables, mais aussi de différents âges. Une donnée qui décrit un pylône 2G déclaré en 1995 n'a pas été recueillie par l'ANFR (qui n'existait pas à l'époque) et n'a pas forcément le niveau de détail actuel » affirme l'institution.

Cela pourrait aussi éviter certains cas cocasses, comme les antennes fantômes que SFR avait surdéclaré à l'ANFR, qui ne vérifie pas elle-même ces informations et se contente des déclarations des opérateurs. À l'époque, la marque au carré rouge avait demandé à lisser la correction sur plusieurs mois, ce que l'agence avait refusé, avait-on appris. Disposer d'un décompte crowdsourcé serait donc une arme supplémentaire contre ce genre de problème.

D'autres questions peuvent se poser, comme les évolutions de référentiels géographiques.

Un premier pas mais déjà des idées pour la suite

Ambitions à part, l'ANFR a encore du pain sur la planche pour le mois prochain. L'agence doit encore définir les modalités du concours, du jury aux prix, et trouver des mentors pour aider les équipes pendant l'événement. Cela avec le soutien d'Etalab et de la Fonderie, habituée à l'organisation de hackatons. « On verra plus clair au début du mois de mai » promet Gilles Brégant.

FrHack! logo
Le hackaton FrHack! sera organisé les 28 et 29 mai à la Fonderie.

Ce hackaton doit donc être un premier pas, avec l'idée de se rapprocher d'autres acteurs par la suite, s'il apparait que les données de l'ANFR sont surtout utiles une fois croisées avec d'autres. Par exemple, sur la couverture mobile, travailler avec l'ARCEP est dans l'esprit de l'agence. Celle-ci dispose des données d'émission (un endroit est couvert avec telles fréquences) mais pas de réception (la qualité de service fournie), qui sont plus du côté du régulateur des télécoms.

Les deux institutions ont déjà échangé à ce sujet, « les points de contact entre les sujets de l'agence et ceux de l'ARCEP étant nombreux ». L’ANFR dit regarder avec intérêt l’approche de l'autorité en matière de crowdsourcing.

Pour rappel, elle compte s’associer à des acteurs tiers, par exemple des start-ups spécialisées dans la mesure de débit, pour certifier leurs méthodologies et ouvrir le champ des données exploitables. Cela en plus des observatoires menés chaque trimestre (via des mesures financées par les opérateurs) sur le fixe et le mobile.

Le crowdsourcing comme horizon

Le crowdsourcing ne serait pas une idée si nouvelle pour l'ANFR, qui avait déjà tenté la mesure de champ capté par les téléphones via Cartoradio mobile ; même si l'essai n'a jamais été publié suite à des soucis avec Android. Sur le fond, l'institution espère que les participants au hackaton feront ressortir l'intérêt des fréquences pour le fonctionnement de la société. Elle ne prend plus officiellement position sur le sujet, qui reste pourtant bien en tête. L'idée est déjà de rendre le sujet accessible.

« Aujourd'hui, de plus en plus d'appareils sont construits autour d'un écosystème de fréquences dont il faut avoir la compréhension » explique Gilles Brégant, qui rappelle que les fréquences sont des ressources rares, d'autant plus importantes à surveiller de près. La montée de certains usages, comme les drones ou l'arrivée des voitures connectées, mettent par exemple les transports « en pleine effervescence en termes de fréquences ».

« Les fréquences sont un sujet qui concerne tout le monde en réalité, donc on aimerait voir ce qu'on peut faire pour le sortir du contexte assez ésotérique où il est depuis trop longtemps » résume l'agence nationale.

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