Californium : Arte raconte Philip K. Dick dans un jeu vidéo

Entre paranoïa et mauvais trip
Californium : Arte raconte Philip K. Dick dans un jeu vidéo

Arte consacre en ce moment une programmation spéciale dédiée à un auteur pas comme les autres : Philip K. Dick. Pour accompagner son documentaire, la chaîne s'est essayée à plusieurs formats, dont le jeu vidéo.

Philip K. Dick est l'un des pères de la science-fiction. Son œuvre d'anticipation est d'abord restée très confidentielle avant d'exploser au grand jour, donnant naissance à de grands films tels que Blade Runner (tiré de la nouvelle Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?) ou Total Recall, une adaptation d'une autre nouvelle : Souvenirs à vendre.

Un homme et des mondes à part

Mais l'auteur étant au moins aussi intéressant que ses œuvres, la chaîne franco-allemande Arte a décidé de lui consacrer une programmation spéciale, tournant autour de ses écrits, mais aussi autour de sa personnalité. Philip K. Dick a en effet eu une vie personnelle très mouvementée, marquée par des dépressions causées par la prise de substances pas toujours licites et des crises de paranoïa.

Outre un documentaire au format très classique baptisé Les mondes de Philip K. Dick, diffusé mercredi soir, la chaîne a également misé sur un court-métrage de fiction filmé à 360 degrés nommé I, Philip, suivant un jeune chercheur qui dévoile son premier androïde à forme humaine, inspiré par le célèbre auteur. Mais surtout, Arte a accompagné cette programmation avec un jeu vidéo découpé en quatre épisodes.

Elvin ou Philip ?

Baptisé Californium, il glisse le joueur dans la peau d'Elvin Green, un romancier partageant de très nombreux points communs avec Philip K. Dick. L'aventure débute dans un appartement, devant une machine à écrire, on y apprend que notre « héros » est sans le sou, que sa femme Anne vient de le quitter car elle ne supporte plus sa paranoïa, et qu'elle a emmené leur fille avec elle. Sur son répondeur, les messages de son éditeur s'entassent et passent de l'avertissement gentillet à des menaces sans équivoque.

Californium Philip K. Dick ArteCalifornium Philip K. Dick Arte

Immédiatement, le jeu nous plonge dans un univers aux couleurs criardes, dignes d'un mauvais trip sous acide et l'on comprend rapidement pourquoi. L'appartement d'Elvin Green est rempli de pilules de toutes sorte et l'on devine que notre personnage est plus que perché au moment où on en prend enfin le contrôle. 

Elvin Green entend finalement sa télévision lui parler, lui sous-entendre l'existence de mondes parallèles. Il n'en faut pas plus pour que notre alter-ego camé de Philip K. Dick se lance dans une séance d'exploration afin de chercher des portes vers ces univers.

En termes de gameplay cela se résumé à un point and click en trois dimensions, répétitif mais pas vraiment instinctif. Il faut en effet parfois se trouver sur un point très précis de la pièce afin d'apercevoir les symboles signalant l'existence d'une réalité alternative. Un symbole caché sur une étagère, par exemple, ne se découvrira que si vous vous trouvez à une distance suffisante. Un comportement étrange dont on ne sait toujours pas s'il s'agit d'un choix délibéré ou d'un bug.

Un univers très spécial

Sur le plan artistique, le studio parisien Darjeeling (qui n'en est pas à sa première collaboration avec Arte) a su montrer clairement les différences entre les deux mondes qu'Elvin Green cherche à distinguer. D'un côté on retrouve l'insouciance presque utopique des États-Unis des années 60, psychédéliques et colorées, et de l'autre une alternative grise et dystopique.

Californium Philip K. Dick Arte

L'expérience est malheureusement entachée par quelques soucis d'ordre technique. Les bugs d'affichage sont assez fréquents et nuisent à la lisibilité du jeu. Le studio a également fait le choix d'un fondu du décor lorsque l'on se rapproche trop des bordures de la (toute petite) zone de jeu, qui a une fâcheuse tendance à donner la nausée quand on flirte trop souvent avec lui. Enfin, on s'étonnera de la configuration requise pour faire fonctionner le titre, qui ne réclame pas moins qu'une GeForce GTX 650, alors qu'il ne brille pas par ses graphismes.

Malgré ses défauts, Californium brille sur un aspect : la narration. L'univers « dickien » est fidèlement retranscrit et les nombreux clins d'œil faits autour de la vie de l'auteur (le numéro de téléphone d'Elvin est en fait la date de naissance de Philip K. Dick) occuperont les fans de l'auteur pendant un bon moment. 

On saluera également son modèle économique. Les plus pressés pourront acheter immédiatement l'ensemble des quatre chapitres du jeu pour 10 euros (via Steam, GOG ou le Humble Store), un tarif somme toute raisonnable. Pour les autres, Arte publie gratuitement un nouveau chapitre chaque semaine sur son site, dans un format dénué de tout DRM. 

Vous n'avez pas encore de notification

Page d'accueil
Options d'affichage
Abonné
Actualités
Abonné
Des thèmes sont disponibles :
Thème de baseThème de baseThème sombreThème sombreThème yinyang clairThème yinyang clairThème yinyang sombreThème yinyang sombreThème orange mécanique clairThème orange mécanique clairThème orange mécanique sombreThème orange mécanique sombreThème rose clairThème rose clairThème rose sombreThème rose sombre

Vous n'êtes pas encore INpactien ?

Inscrivez-vous !