Chez Verizon, les publicitaires peuvent financer le trafic mobile qu'ils génèrent

Neutralité du quoi ?
Internet 3 min
Chez Verizon, les publicitaires peuvent financer le trafic mobile qu'ils génèrent
Crédits : Zoonar RF/iStock/ThinStock

Avec FreeBee Data, Verizon veut que les entreprises paient une partie de la consommation de données de ses clients. Une méthode pour pousser à la consommation de publicité et mieux monétiser les données qui transitent par son réseau. Une initiative dont les équivalents intéressent déjà le régulateur.

L'innovation est l'une des priorités de Verizon Wireless, même si la neutralité du Net doit être écornée au passage. L'opérateur américain a annoncé hier une nouveauté destinée aux publicitaires. Il s'agit de FreeBee Data, une offre permettant aux annonceurs de financer eux-mêmes le volume de données consommé par leurs publicités en ligne. En échange, elle ne sera pas décomptée du volume de données mensuel des utilisateurs.

Paiement au clic ou au Go consommé

La solution propose deux modèles. D'un côté, avec FreeBee Data, l'entreprise peut être facturée à chaque clic sur un contenu marqué comme sorti du quota de données mensuelles, incluant du streaming audio, vidéo ou du téléchargement d'applications. De l'autre, avec FreeBee Data 360, l'entreprise qui veut sortir la consommation d'une application ou d'un site du volume de données des internautes sera facturée pour chaque Go consommé. L'idée est qu'en sortant la publicité du volume de données alloué à l'utilisateur, celui-ci hésitera moins à la regarder. 

Le paiement au clic débutera en bêta le 25 janvier, avec des partenaires comme Hearst Magazines, AOL et Gameday, qui fourniront des contenus à 1 000 testeurs. La solution devrait passer en version commerciale dans le courant de l'année. FreeBee Data 360 est lui d'ores et déjà disponible en bêta.

Il s'agit d'un pas supplémentaire pour Verizon, qui s'oppose depuis plusieurs années aux mesures de défense de la neutralité du Net. Dès 2010, l'opérateur s'était associé à Google pour pousser une loi sur la neutralité au rabais, exemptant notamment le mobile. Depuis l'entreprise a attaqué les premières règles promulguées en 2010, gagnant en justice contre le régulateur. En février, quand la FCC a adopté le principe de neutralité du Net, elle s'est fendue d'une lettre en morse, estimant qu'il s'agit d'une mesure rétrograde.

Un système déjà scruté de près par la FCC

Verizon n'est pourtant pas le premier à proposer ce type de service. Depuis 2014, le premier opérateur mobile américain, AT&T, permet à des entreprises de payer le volume de données des utilisateurs à leur place. Il propose aussi des « Data Perks », qui permettent d'élargir son quota de données mensuel via des offres spéciales, comme des enquêtes ou achats.

De son côté, Comcast sort certaines chaines TV de ce fameux volume de données avec son offre StreamTV, qui passerait par un service géré. Enfin, T-Mobile a récemment lancé Binge On, qui permet de sortir certains services de streaming vidéo (à la Hulu ou Netflix) du décompte de données. Comme nous l'expliquions, ce service se rapproche en un sens de l'initiative YouTube illimité de SFR sur mobile, rapidement supprimée.

Fin décembre, plusieurs médias outre-Atlantique révélaient que le régulateur des télécoms, la FCC, avait invité pour la mi-janvier les représentants d'AT&T, Comcast et T-Mobile pour discuter de leurs initiatives. L'un des buts serait tout simplement de vérifier la conformité à la neutralité du Net, qui pose question. Pour le moment, aucune enquête n'a été officiellement lancée.

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